Rechercher sur le site

Ada Lovelace et Alan Turing plutôt que Steve Jobs

Alors que le Maire du 13ème arrondissement voulait nommer une rue "Steve Jobs" autour de la Halle Freyssinnet, et alors qu’Apple est sommé de rembourser 13 milliards d’euros à l’Irlande, nous avons porté la volonté d’honorer la mémoire d’Ada Lovelace, ou encore d’Alan Turing.

Retrouvez notre voeu et l’intervention de Jean-Noël Aqua

Madame la maire, chers collègues,

Notre voeu

Dans le cadre de la réhabilitation de la Halle Freyssinet sur le 13e, quatre voies qui l’entourent doivent être nommées. Les noms initialement proposés par le maire du 13e arrondissement étaient : Alan Turing, Eugène Freyssinet, Grace Murray Hopper et Steve Jobs, le fondateur de la marque Apple. Les élus des groupes communiste, verts, et une élue socialiste se sont opposés au choix de Steve Jobs, le vœu n’étant finalement passé qu’avec le soutien des élus de LR. Une alliance singulière qui montre qu’à rebours du consensus habituel pour les noms de rues, la proposition de Steve Jobs est largement polémique.

Pourquoi ? Quel est l’héritage de Steve Jobs ? Il a certes dirigé une entreprise bien connue, qui a apporté des innovations matérielles et logicielles.
Mais l’héritage de Steve Jobs, c’est aussi des pratiques illégales d’optimisation fiscale. Des accords secrets en Irlande, des taux d’imposition à 0.005%, la remontée des bénéfices dans les filiales peu taxées … Voilà la face véreuse de la marque à la Pomme.

La commission européenne vient d’ailleurs de condamner Apple à une amende record de 13 milliards d’euros. La France lui demande désormais 400 millions pour ses pratiques d’optimisation. A l’heure où les peuples paient la crise financière par l’austérité et par leurs impôts, les délits financiers des ultra-riches ne sont pas un détail…

On ne peut pas dire que l’évasion fiscale ne serait qu’un péché véniel, bien vite absout avec deux ou trois fondations, trois ou quatre innovations. Non. L’évasion fiscale se combat par la condamnation résolue et sans concession de cet égoïsme destructeur de collectif.

Par ailleurs, l’héritage de Steve Jobs, c’est aussi l’exploitation massive, systématique et délibérée de dizaines de milliers de travailleurs dans ses usines sous-traitantes de par le monde. Salaires insuffisants, heures non payées, cadences forcées, conditions de vie misérables… tel est le modèle économique qu’a construit Steve Jobs.

Nous venons de lire le contre vœu de l’exécutif et nous voyons avec satisfaction que nous avons été entendus : Paris n’honorera pas Steve Jobs. Les noms que les communistes avaient proposés sont retenus dont Ada Lovelace, pionnière de l’informatique, auteure du premier programme. Nous sommes persuadés que ce contre vœu sera à même de faire consensus et nous la voterons. L’évasion fiscale ne passera pas chez nous.

Publié le

14 décembre 2016

Auteur-e-s