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Ada Lovelace plutôt que Steve Jobs

Dans le cadre de la réhabilitation de la Halle Freyssinet sur Paris 13e, futur lieu de l’innovation et de l’informatique, quatre voies qui entourent la Halle seront nouvellement nommées. Les noms proposés par le maire du 13e arrondissement sont : Alan Turing, Eugène Freyssinet, Grace Murray Hopper et Steve Jobs. Les élu-es communistes du 13ème arrondissement, et une partie significative de la majorité, se sont opposés au choix de Steve Jobs, le fondateur de la marque Apple. Le vœu du maire n’est ainsi passé qu’avec le soutien des élus de la droite.

Le choix de Steve Jobs est polémique. Tout d’abord parce que la Ville essaye de promouvoir la parité dans les noms de rues. Trop longtemps, les femmes ont été les grandes oubliées de l’Histoire. Cette injustice doit et peut être réparée en leur donnant désormais la priorité dans les nouvelles dénominations. Les élu-e-s communistes ont ainsi fait une proposition paritaire en remplaçant Steve Jobs par Ada Lovelace, pionnière de l’informatique, connue pour avoir créé le premier programme informatique. Une véritable rupture conceptuelle qui a contribué à l’avènement de l’informatique plus d’un siècle après. Dans un arrondissement universitaire, rendre hommage à l’avancée des connaissances serait un symbole fort.

Mais le choix de Steve Jobs tombe au plus mal au vu de la réalité de l’héritage qu’il laisse. Son héritage, ce sont tout d’abord les conditions de travail dans les usines sous-traitantes. Les sous-traitants d’Apple en Chine sont connus pour abuser de salaires insuffisants et d’heures supplémentaires forcées. Mais l’héritage de Steve Jobs est aussi dans les pratiques d’optimisation fiscale illégale massives, comme l’a révélé il y a à peine trois mois la très libérale commission européenne. Ce sont près de 13 milliards qu’Apple doit payer aujourd’hui pour compenser le taux d’imposition scandaleux de 0,005 % en Irlande. A l’heure où les peuples payent l’austérité dans leur quotidien et par leurs impôts, ce vol en bande organisée n’est pas un détail de l’histoire d’Apple.

Les élu-es communistes de Paris étaient présents le 22 octobre devant le magasin Opéra d’Apple pour dénoncer la société Apple qui s’enorgueillit par ailleurs d’un « trésor » de près de 178 milliards de dollars de liquidité. Ils participeront à l’initiative du 6 décembre autour de Pierre Laurent, Eric et Alain Bocquet sur le thème de la lutte contre l’évasion fiscale.