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Aménagement des berges de Seine

Depuis deux ans, le groupe communistes apporte son soutien à la piétonnisation des voies sur berges. Notre principale raison d’agir, c’est l’urgence sanitaire de la lutte contre la pollution.
Par ailleurs, Nicolas Bonnet-Oulaldj a rappelé l’importance du dialogue avec les villes voisines, qui peuvent craindre le report de circulation.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet-Oulaldj

Madame la Maire,

Comme beaucoup de nos collègues sur les rang de l’hémicycle, nous avons été surpris de votre proposition de faire de la Biodiversité une citoyenne d’honneur de notre ville. Nous avions pris l’habitude de mettre sous protection de la ville des personnalités en danger de mort pour leur engagement, nous pensons par exemple à Marwan Barghouti, dans la lignée de Nelson Mandela. Mais finalement à bien réfléchir nous soutiendrons votre proposition, car aujourd’hui c’est bien la vie, la diversité des espèces et des écosystèmes qui sont en danger. Après la signature des accords de Paris par 177 pays, nous sommes tous impatient de passer aux actes, et tous les actes ont leur importance.

D’ailleurs, nous avons l’habitude d’entendre ici et là que l’écologie ne serait pas politique, elle serait ni de gauche ni de droite. Et bien le débat qui nous anime démontre que lorsqu’il s’agit d’agir, l’écologie ne peut être que de gauche à Paris.
Oui l’écologie politique ne peut être que de gauche, car elle n’est pas compatible avec le capitalisme, ni avec la loi du marché et encore moins avec les politiques d’austérité.

Madame La maire, nous saluons votre courage et votre ténacité pour mener une politique de gauche et écologique à Paris et être le fer de lance face aux conservateurs et au lobbying en tout genre soutenu par le patronat.
D’ailleurs, Nicolas Sarkozy a minimisé la responsabilité de l’homme dans dérèglement climatique, nous rappelant que pour lui et sa famille politique « les questions d’environnement ça commence à bien faire ! »

On comprend alors pourquoi les premières mesures de Valérie Pécresse sont le retour à la bagnole avec son grand plan d’autoroutes régionales.
Que dire de la droite parisienne, qui passe par la Région pour interférer sur la politique de notre ville. Incapable de convaincre dans nos arrondissements, nos collègues préfèrent nier le choix des électeurs en déportant le débat à la Région.
On voit bien, Madame Kosciusko-Morizet que vos déclarations pro-environnement ne relevaient que de l’artifice de communication. L’air de nouveauté que semblait apporter votre candidature s’estompe maintenant de jour en jour. La période actuelle est celle du retour à vos vieilles marottes. Place à la défense bas-du-front du Paris tout-automobile et à l’inconséquence politique.

Cette inconséquence vous a fait reconnaître à demi-mot que la piétonisation des berges sur la rive gauche était une réussite, alors que votre force politique avait à l’époque adoptée une ligne similaire à celle d’aujourd’hui. La vérité, mes chers collègues, c’est qu’en dehors de « c’est mal parce que c’est fait par la gauche », vous n’avez aucune solution pour impulser un quelconque changement environnemental.
La réduction de la place de la voiture est à terme indispensable pour l’avenir de notre ville. C’est un des projets pour lequel les parisiens nous ont choisi, et nous comptons bien réaliser cet engagement.

Depuis deux ans le groupe communiste apporte son soutien à la piétonisation des voies sur berges pour deux raisons principales.
D’abord parce que les parisiens souhaitent se réapproprier leur fleuve, comme dans toutes les grandes villes du monde, et la circulation automobile sur les berges est une barrière que nous devons lever.

Nous avons pris acte de l’avis consultatif de la commission d’enquête publique. C’est un élément supplémentaire dans le débat.
Mais cela n’efface pas notre principale raison d’agir, c’est l’urgence sanitaire de la lutte contre la pollution. Cela passe inévitablement par la réduction de la place de la voiture et cela ne peut se faire qu’à condition que des mesures de transports alternatifs soient mises en oeuvre. Si nous voulons réduire la circulation automobile dans Paris sans que cela soit vécu comme une mesure « anti sociale », il faut que tout le monde prenne sa part de responsabilité. A commencé par l’Etat et la Région. Notre groupe a demandé à chaque débat au Conseil de Paris, plus de moyens pour les transports publics, une vraie réorientation des politiques publiques en faveur du fret ferroviaire et fluvial. Mes collègues Didier le Reste et Jean Noel Aqua y reviendront en présentant nos propositions.

Enfin madame la Maire, même si nous avons décidé d’un cap, nous n’avancerons jamais si nous sommes seuls. Alors écoutons et dialoguons avec les villes voisines, qui craignent que le report de la circulation à Paris perturbe celle de leurs territoires. Ils craignent également qu’une plus grande restriction de la circulation des voitures ralentisse les entreprises qui effectuent chaque jour des allers-retours entre Paris et leur territoire. C’est le cas de milliers d’artisans et commerçants. Les critiques sont fondées, et nous ne pouvons pas les balayer d’un revers de main. Sachez, Madame la maire vous faire des alliés parmi ces élus, tels que les élus de Seine Saint Denis qui vous ont apporté récemment leur soutien, parmi lesquels les maires communistes d’Aubervilliers et de Stains.

La pollution ne s’arrête pas aux frontières du boulevard périphérique, et c’est bel et bien collectivement que nous devons mener cette bataille. Paris propose, Paris ose, Paris agit et surtout nous souhaitons que Paris soit le moteur d’un mouvement collectif qui fera reculer la pollution.

Publié le

28 septembre 2016

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