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La piétonnisation des berges de Seine : un enjeux de santé publique

Les élu-e-s de notre groupe ont déposé un vœu demandant d’abord à la ville d’intervenir auprès de l’Etat pour demander un financement des transports collectifs à la hauteur des besoins, que celui-ci accorde au STIF la compétence d’autorité organisatrice de la mobilité durable ensuite et enfin que l’État affecte au STIF une recette dédiée pour le cofinancement des aménagements cyclable en Ile-de-France.

Retrouvez la présentation du voeu

Consulter le vœu

Madame la Maire,

La nécessité de poursuivre la lutte contre les pollutions et leurs conséquences est une question fondamentale pour notre majorité. Lors des dernières élections municipales, nous avons pris des engagements clairs, concrets, pour les diminuer, et améliorer ainsi le cadre de vie de toutes et de tous.

Nous sommes également engagés à poser les premiers jalons de la transition écologique de notre ville. La création du Paris de demain, un Paris durable et respectueux de son environnement, implique un profond changement de nos modes de vie et de notre économie. Elle implique également un renouvellement total de nos déplacements, pour les personnes comme pour les marchandises. Nous soutenons activement le plan général de lutte contre la pollution mené par l’exécutif parisien. Il va dans le bon sens, et propose un certain nombre de solutions pour améliorer la qualité de vie des parisiennes et des parisiens.

Nous sommes également favorables au principe d’ouvrir davantage d’espaces à la circulation piétonne et aux circulations douces. Il est temps de remettre l’humain au cœur de l’utilisation de notre ville, dont la majorité de l’espace public est aujourd’hui accaparé par les déplacements automobiles dont plus de 60% sont du transit. La voiture doit céder progressivement sa place à un nouveau mode de vie parisien.
Nous suivons donc le projet d’ouvrir les berges de Seine à la promenade piétonne. Mais nous ne le suivons pas sans réserve et sans remarque. Un patrimoine fondateur de Paris, si j’ose dire le premier, est en passe de redevenir un lieu de vie, et nous nous en félicitons.

Mais nous devons mener ce projet étape par étape, dans la concertation, comme le disait Nicolas Bonnet Oulaldj avant moi, et surtout avec des moyens conséquents pour traiter ce problème de manière globale.
Nous voulons offrir à ceux qui vivent, ceux qui travaillent à Paris comme à tous ceux qui la visitent, davantage d’espace libéré de la voiture. Et ceci pour leur santé comme leur bien-être. Mais Paris n’est pas qu’une ville touristique. C’est une ville où des centaines de milliers de salariés créent de la richesse, produisent des biens et des services. C’est une ville en connexion permanente avec les autres villes d’Ile-de-France pour l’économie comme pour les loisirs.

Si nous voulons garder ce dynamisme, si nous voulons continuer à faire de Paris une ville qui bouge, et pas une ville musée, nous ne devons pas limiter la mobilité dans Paris. Il faut certes réduire la part des véhicules polluants, mais il s’agit dans le même temps d’assurer une alternative propre. Je pense bien entendu aux services que pourraient rendre de ce point de vue le rail et le fleuve dans une conception multimodal et aux circulations douces, comme le vélo.

La réponse à ce problème est celle que nous développons inlassablement : il faut mettre les moyens nécessaires pour développer cette alternative non polluante. Ce n’est pas une marotte ou une obsession, mais bel et bien la principale réponse au problème de la dégradation de l’environnement par l’activité humaine.
Nous avons l’obligation d’organiser ce report modal des déplacements automobiles, et nous devons tout faire pour que le décalage entre le temps d’application de nos propositions et celui de la mise en œuvre des modes de transports alternatifs soient raccourcis. Se contenter de mesures isolées, sans traiter le problème de manière globale, serait à nos yeux une grave erreur. La mairie s’inscrit dans cette démarche, mais elle ne peut tout faire toute seule à fortiori avec les réductions budgétaires des dotations de l’Etat et les non réponses de la Région à des dossiers structurants.
C’est pourquoi nous soumettons un vœu au conseil de Paris. Nous souhaitons que notre ville s’engage encore davantage pour cette transition écologique, en redoublant d’efforts auprès de l’Etat pour réaffirmer ses demandes de financements des transports collectifs à la hauteur des besoins.

Nous demandons un abaissement de la TVA à 5,5% pour les investissements des collectivités, et une augmentation du Versement Transport dans les zones les plus favorisées en matière de développement économique. Nous demandons plus de ressources pour achever plus rapidement nos projets de transports propres.
Nous souhaitons également que le syndicat des transports d’Ile de France bénéficie de plus de responsabilités dans l’organisation de la mobilité durable, et qu’il bénéficie de marges de manœuvres supplémentaires pour faire avancer le développement des aménagements cyclables en Ile de France.

Nous approuvons le principe global de lutte contre la pollution à Paris, comme nous approuvons ce projet. Mais à condition de se donner des vrais moyens pour le réaliser. Ce temps de latence entre l’ancien modèle et le nouveau entraînera des difficultés très importantes. Il faut à tout prix mettre nos énergies en commun pour réduire ce temps à son minimum. Au-delà des manœuvres politiciennes de la droite, nous opposons une vision d’un service public qui avance pour développer des solutions sur le long terme.

Notre rôle, à nous élus, c’est de ne pas lui faire défaut, en lui donnant les capacités de réaliser efficacement les ambitions que nous portons avec les parisiennes et les parisiens. Des ambitions pour une société nouvelle, où vivre de façon durable ne dépend pas seulement des initiatives personnelles mais de l’intérêt général. Permettre, en somme, à une action politique d’améliorer les conditions de vie de l’ensemble de la population.

Je vous remercie.

Publié le

28 septembre 2016

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