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Anne Hidalgo inaugure un terrain financé par Nike et Michael Jordan : un pas de plus vers la marchandisation du sport dans les quartiers populaires parisiens !

Anne Hidalgo inaugure un terrain financé par Nike et Michael Jordan : un pas de plus vers la marchandisation du sport dans les quartiers populaires parisiens !
L’annulation de la venue de Michael au tournoi international de basket de rue « quai 54 » a déclenché la colère des milliers de personnes qui était venus à sa rencontre. Pendant ce temps, la grande star du basket se rendait dans le 20e accompagné par Anne Hidalgo pour inaugurer un terrain dont la rénovation a été financée par son équipementier fétiche, la marque « Nike ».

La Ville de Paris a-t-elle fait ce choix par soucis d’économie budgétaire ? Pérenniser la pratique du « street-basket », dans un quartier populaire de Paris, voilà la raison avancée par la Ville de Paris pour justifier ce Partenariat Public Privé (PPP).

Nous pouvons comprendre tout l’intérêt de s’associer avec l’une des figures les plus marquantes de l’Histoire du basket pour assurer la promotion du sport, mais dans ce cas pourquoi les jeunes invités à l’inauguration ont été triés sur le volet ? Nous avons pu voir les mines ravis de plusieurs élu-es parisiens posant aux côtés de Michael Jordan. Nous aurions aimé que les jeunes du quartier, venus assister au spectacle par centaines, aient eu la même chance.

Les moyens mis en œuvre pour vendre les produits des marques « Nike » et « Jordan » nous laissent perplexes et indignés… Doit-on laisser cette pratique publicitaire du « naming » gagner du terrain ? Dans le cas de la salle Bercy Arena, la Ville de Paris la justifie par le montant du projet, chiffré à plusieurs millions . Mais nous ne parlons ici que de quelques dizaines de milliers d’euros. Alors, jusqu’où ira-t-on dans la privatisation du bien public ? Construirons-nous bientôt des crèches « pampers » ? Des cantines « macdonalds » ?

La pénurie d’équipements sportifs à Paris est criante : avec 12,2 équipements sportifs pour 10 000 habitants, la capitale détient l’un des taux les plus faibles de France . Il faut donc développer ce type d’équipement public tout en répondant aux enjeux des pratiques sportives populaires. Il est par exemple urgent d’agir pour garantir une fréquentation mixte de ces terrains de sport . Mais est-ce la préoccupation première de « Nike » ? A la vue des logos disséminés autour du terrain, la vente des paires de chaussures à 200€ parait être plus importante aux yeux du basketteur milliardaire.
Ne laissons pas les marques assurer leur promotion sur le dos des sportifs. Ne laissons pas les marques se racheter une virginité par des opérations de communication qui ne cherchent qu’à masquer leurs terribles pratiques . Arrêtons de servir les intérêts des multinationales et des milliardaires en privatisant l’espace public.