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Budget 2016 : nous votons pour un budget à gauche

Le groupe Communiste Front de Gauche a soutenu le budget 2016 qui traduit des orientations politiques de gauche en fixant notamment un niveau record d’investissement public ou en créant 110 postes supplémentaires. Grâce à notre action, nous avons enrichi ce budget et proposé plus de création de poste, un plan « tous secouriste » et plus de moyens pour la démocratie locale, l’aide aux collégiens et les formations pour les chômeurs.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet-Oulaldj

Madame la Maire, mes chers collègues,

Nous ne pouvons pas débattre de ce budget 2016, sans tenir compte du nouveau contexte politique et économique national.

Le premier message que j’entends c’est celui de la colère et de la souffrance de millions de français-es qui, pour une partie ne s’est pas déplacé, et pour une autre a placé l’extrême droite à un niveau jamais atteint dans notre pays.

Heureusement, grand nombre d’électeurs et électrices se sont mobilisés pour repousser l’extrême droite au second tour. Espérons que ce reflexe républicain sera entendu et se traduira par un changement de cap. Rappelons que 6 millions de français vivent sous le seuil de pauvreté et 3,5 millions sont mal logé. La responsabilité du gouvernement est très lourde. Plutôt que de faire des cadeaux aux patrons, d’étrangler les collectivités locales, de s’adresser aux riches touristes qui veulent faire leurs emplettes le dimanche, le gouvernement aurait du s’occuper du quotidien des citoyens, c’est à dire de l’emploi, du logement, des transports et du pouvoir d’achat. Je n’irai pas plus loin et je m’attacherai au message que nous ont adressé les parisien-nes.

Mener une politique à gauche, c’est respecter la pluralité des idées qui la composent, c’est être à l’écoute de la parole des citoyens, c’est tenir ses engagements.

C’est ce modèle parisien qui a été validé hier soir. C’est celui qui fait du logement sa priorité, qui consacre 25% de ses investissements dans les quartiers populaires, qui fait de la solidarité avec les plus démunis sa grande cause, qui accueille les réfugiés des guerres dans le monde, qui relève le défi climatique, qui continue à embaucher des fonctionnaires pour améliorer le service public aux parisiens.
Voilà la politique que nous menons et que les parisiens-nes ont validé.
Cette politique, n’est possible que si on mène le combat pour pouvoir la financer.
Au lendemain des attentats, le Président de la République a déclaré que le pacte de sécurité doit prévaloir sur le pacte de stabilité, nous y ajoutons le pacte de solidarité. C’est d’abord en renforçant le service public que nous serons à même de mieux réagir. La leçon doit être tirée par celles et ceux qui prônent son affaiblissement et qui mettent en œuvre les politiques d’austérité. La compensation financière des transferts de compétences de l’Etat aux collectivités et l’arrêt des baisses de dotations sont encore plus d’actualité.

Une nouvelle fois, ce budget pour 2016 est placé sous le sceau du désengagement de l’Etat. La Ville a perdu 400 millions de recettes en deux ans. Le financement des compétences sociales du département est de moins en moins assuré alors que les besoins augmentent.

Nous pouvons nous féliciter d’avoir été entendu sur le déplafonnement des frais de notaires, qui seront l’une des principales recettes de ce budget avec les loyers capitalisés qui sont la conséquence de la politique de conventionnement de logement. Nous continuons à porter des propositions fiscales sur les logements vacants et les résidences secondaires, des recettes supplémentaires c’est plus de services aux parisiens.

Après les attentats les parisien-nes demandent légitimement à être protégés. Mais, soyons lucides et ne laissons s’installer « la stratégie du choc ». La réponse doit s’incarner par les services publics, par la présence humaine, par l’engagement associatif, et la solidarité.

Le soir et lendemain des attentats, les parisien-nes ont fait preuve d’une grande solidarité, soutenons cet élan fraternel.

Plutôt que de suivre les sirènes de la droite et de l’extrême droite que les parisien-nes ont renvoyé massivement dans les urnes, la gauche doit retrouver ses repères idéologiques. C’est pour cette raison que nous nous opposons à ce que l’État d’urgence soit élevé au rang des normes constitutionnelles. Et nous ferons tout pour que la déchéance de nationalité pour les binationaux soit abandonnée.

L’urgence est à la résilience, aider la population à être en situation de réagir et d’agir. Nous proposons un plan de soutien à la mobilisation citoyenne et à l’engagement solidaire qui passe par le soutien aux associations qui interviennent dans l’apprentissage des gestes de premiers secours et à la prévention des risques, ainsi qu’aux associations de solidarité et d’éducation populaire. Ceux qui ont perpétué ces ignobles attentats ont un projet politique à l’opposé du notre ; la barbarie et les dominations les plus abjectes allant jusqu’à l’esclavage. Pour vaincre cette nouvelle peste, chacun doit comprendre comment nous en sommes arrivés là. Tournons-nous en priorité vers les jeunes. Nous devons les aider à ne pas tomber dans l’obscurantisme en renforçant toutes les politiques qui favorisent le lien social et la compréhension du monde : renforcer la prévention spécialisée. Mieux comprendre le processus d’endoctrinement mais aussi d’isolement, mieux prévenir les conduites à risques, soutenir les actions éducatives au sein des collèges, multiplier les mesures alternatives aux peines de prisons.

Restons dans les pas de Victor Hugo : "ouvrir une école, c’est fermer une prison".
Au fond, la question qui est nous posée est celle du projet de société. Mieux nous y répondrons, mieux nous vivrons en paix.

Publié le

18 décembre 2015

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