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Budget 2016 : une seule boussole la solidarité

Communiqué de presse
2 décembre 2015

Après les attentats du 13 novembre, les élus communistes présentent leurs propositions sur la prévention et la sécurité à quelques jour du conseil de Paris qui adoptera le budget 2016. La priorité pour les communistes est d’investir dans la présence humaine et de renforcer les services publics qui sont déjà à l’œuvre pour assurer notre sécurité. Dans le même temps, nous devons investir dans des mesures à moyen et long terme pour plus de prévention, plus d’éducation populaire en direction de la jeunesse et pour la paix dans le monde.

1/ Répondre à l’engagement solidaire et à la mobilisation citoyenne
Les parisiennes et Parisiens ont fait preuve d’une grande solidarité en apportant les premiers soins, en ouvrant leur porte, en se présentant pour donner leur sang. Nous proposons un plan de soutien à la mobilisation citoyenne et à l’engagement solidaire, pour qu’après le choc la population soit en situation de réagir et d’agir.

• Développer de la formation aux gestes de premier secours et à la prévention des risques à la fois chez les écoliers et les étudiants comme chez les adultes volontaires. Nous proposons de renforcer l’aide aux organismes comme la protection civile, la croix rouge, la croix blanche, le secours populaire ou le secours catholique. Les formations peuvent se réaliser autant dans le cadre scolaire, associatif que dans les cours municipaux pour adultes.

• Augmenter le nombre de « BAFA citoyens » ayant pour objectif de multiplier par 5 sur la mandature le nombre de jeunes dans un parcours associatif et citoyen. Introduire des modules en rapport avec la situation actuelle. Nous proposons de renforcer nos partenariats avec les associations d’éducation populaire.

• Renforcer le dispositif « cadets des sapeurs- pompiers » qui reçoit annuellement 800 demandes pour Paris et la petite couronne et ne peut accueillir que 200 postulantes et postulants.

• Valoriser le travail des gardiennes et gardiens d’immeubles, avec une initiative annuelle qui aurait dû avoir lieu le 14 novembre suite à un vœu déposé par le groupe communiste.

2/ Priorité au pacte de solidarité

Le Président de la République a déclaré que le pacte de sécurité doit prévaloir sur le pacte de stabilité, nous y ajoutons le pacte de solidarité.
Il ne peut y avoir de sécurité durable dans une société précarisée et gangrénée par le chômage. Les politiques d’austérité aggravent la situation économique et sociale et affaiblissent les services publics qui ont été en première ligne lors des attentats : police, gendarmerie, APHP, transport, ville de Paris, éducation nationale...etc.

Pour renforcer la présence humaine nécessaire à la protection des citoyens, l’urgence est un pacte de solidarité entre l’Etat et les collectivités locales. Les fonctionnaires ne doivent pas être une variable d’ajustement, mais bien au contraire, la présence humaine doit être au cœur de nos politiques publiques.

• Nous redemandons la compensation financière des transferts de compétences de l’État à notre collectivité. Nous demandons l’arrêt de la baisse des dotations et le retour aux dotations nécessaires au renfort de personnel. Notre groupe s’est battu depuis le début de la mandature pour mettre en place une fiscalité qui corrige les inégalités et qui taxe le patrimoine des plus riches et trouve des solutions pour que recule la spéculation immobilière : taxe sur les logements et les bureaux vacants, taxe hôtelière, déplafonnement du taux des DMTO.
• La formation des agents doit être renforcée, tenant compte d’une meilleure connaissance et compréhension de la situation et des fonctionnaires

3/ Une présence humaine renforcée

L’opposition municipale propose la création d’une police municipale armée et la généralisation de la surveillance par caméras, en réalité ils surfent sur les peurs et n’apportent aucune réponse efficace. Ce sont les mêmes qui au pouvoir il y a quelques années ont supprimé le service militaire, détricoté les services de renseignement, détruit la police de proximité et réduit considérablement les moyens de la police nationale et de la gendarmerie.

• La réponse se trouve dans le renforcement d’une présence humaine quotidienne et pérenne des services publics déjà existants, qui sont garants de notre sécurité.
Comme dans les transports, où nous avions fait adopter à l’unanimité un vœu en mai dernier au Conseil de Paris où nous demandions que la question de la présence humaine, pour un meilleur service aux usagers, soit intégrée dans les négociations entre le STIF et la RATP. Nous avons aussi obtenu satisfaction en partie avec la création de 410 postes de chauffeur de bus.
• Nous proposons le recrutement de 10 000 agents dans les transports d’ici 2020 avec en priorité un renforcement du Groupe de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR).

4/ Pas de sécurité sans prévention

Au-delà de la réponse immédiate de protection des personnes, nous devons travailler dès maintenant à des réponses pour le moyen et long terme. Nous proposons de consacrer plus de moyens à la jeunesse, à la protection des mineurs et à la prévention spécialisée.

Nous devons mieux comprendre les processus d’endoctrinement et les dérives sectaires, tout faire pour qu’une partie de notre jeunesse ne bascule pas dans l’extrémisme.
• Nous proposons de créer un nouveau dispositif de prévention à l’endoctrinement et aux dérives sectaires.
Il convient d’ouvrir un lieu innovant et original d’information et de prévention des conduites à risques, doté d’une équipe pluridisciplinaire qui intervient en première ligne pour écouter et aiguiller les jeunes vers des structures plus spécialisées. Une telle structure, un temps envisagée aux Halles, pourrait être portée et soutenue par la Mission Métropolitaine de prévention des conduites à risques.
• Plus de moyens à la jeunesse et à la protection de l’enfance (mise en œuvre d’un plan d’urgence pour les jeunes majeurs sous protection ASE. Ils sont les plus exposés à la délinquance et en sont aussi les premières victimes).
• Renforçons les moyens dédiés à la prévention spécialisée, dans le cadre de l’ordonnance de 1945 qui affirme la primauté de la réponse éducative sur la réponse pénale.
• Prendre en compte les parcours des enfants confiés à l’ASE, car 25% des SDF sont passés par l’ASE. Il faut être très attentif à la sortie du dispositif de protection de l’enfance.

Un passage en milieu carcéral qui peut s’avérer contre-productif pour une partie des petits délinquants. Il faut multiplier les réponses alternatives à la peine de prison, plus de TIG et de stages citoyens qui s’adressent aux primo-délinquants avec pour objectif la réinsertion sociale.

Dès janvier, nous proposons de travailler avec l’ensemble des associations pour un concours de scénarios contre les discriminations ouvert aux élèves des collèges, mais au-delà aux enfants des centres de loisirs, à celles et ceux qui participent aux activités des centres sociaux et des lieux accueillant la jeunesse.
Pérenniser l’appel à projet « citoyenneté, laïcité et valeurs de la République » et en tripler le montant, en associant tous les membres de l’exécutif qui travaillent sur ces sujets et ces publics.
Élargir le périmètre de la bourse d’aide aux chercheuses et chercheurs qui étudient la question du racisme et de l’antisémitisme pour y ajouter les questions de laïcité, de citoyenneté et de valeurs de la République.

5/ La culture de la paix pour agir au niveau international

Paris est une ville monde, nos prises de positions et décisions sont connues dans toute la planète. Nous pensons que la solution à la guerre généralisée au Moyen Orient passe par un processus de paix sous l’égide de l’ONU. Nous proposons que Paris renforce ses actions pour une culture de Paix dans le monde à travers sa politique de relations internationales.

Il nous faut profiter de chaque évènement international qui se tient dans notre capitale pour porter le message essentiel de la paix. Comme pour la COP21 qui se déroule en ce moment comme des grands rendez-vous sportifs en préparation comme l’EURO 2016 l’année prochaine et la candidature aux JO en 2024. L’ensemble de nos actions doit s’imprégner de la culture de Paix.

Enfin nous devons redoubler de vigilance à l’égard de nos partenaires bancaires, il nous faut élever notre niveau d’exigence face aux établissements financiers qui ont des liens avec des pays qui arment en sous mains ceux qui nous agressent Conseil. Cela vaut aussi pour la politique patrimoniale de la ville.

Nicolas Bonnet Oulaldj-Président du groupe communiste front de gauche

Publié le

2 décembre 2015

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