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Budget 2018 : Les œuvres sociales à destination des agent-es ne sont pas des variables d’ajustement budgétaires

Raphaëlle Primet rappelle l’importance de l’Association pour la Gestion des Œuvres Sociales des Personnels des Administration Parisiennes et insiste sur le fait que les œuvres sociales à destination des agent-es ne sont pas des variables d’ajustement budgétaires.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire, mes chers collègues,

La plus grande part de mon intervention concernera le volet personnel du budget primitif.
Je commencerai par évoquer un point de désaccord primordial pour nous, celui de l’AGOSPAP. Nous avions présenté un vœu au précédent Conseil visant à transformer l’AGOSPAP sur le modèle des comités d’entreprise avec une gestion paritaire. Ce vœu a été repoussé, nous le déplorons.
Cependant, nous continuons à nous opposer à la baisse des subventions de fonctionnement accordées à cet organisme. A l’origine, il était prévu une économie de 2 millions. Sous la pression des organisations syndicales et suite aux remarques de notre groupe, le montant de cette économie a été revu à 1,3 million. C’est un effort, mais qui est loin d’être suffisant.

Le groupe Communiste - Front de Gauche n’a pas cessé d’affirmer que la contrainte du Gouvernement sur nos finances n’était pas acceptable. Nous continuons de le marteler. Il faut lutter contre ces décisions qui remettent en cause l’autonomie des collectivités territoriales, il ne faut pas baisser la garde, des solutions existent, des arbitrages différents auraient pu être opérés.

Nous avons remarqué que toutes les subventions ne baissaient pas. Ainsi, la subvention globale à "Paris & Compagnie" augmente. Nous n’aurions pas fait ce choix budgétaire, nous aurions privilégié le maintien de la subvention à l’AGOSPAP plutôt que la subvention au secteur privé des "start"-up".

N’oublions pas que le travail des agents du service municipal fournit aux Parisiennes et Parisiens des services de qualité. Il est une part considérable de la richesse et de l’attractivité de notre territoire. Nous vous demandons donc de revenir sur cette baisse, mais j’aurai l’occasion de développer lors du passage des délibérations à ce sujet.
Bien sûr, un des enjeux forts de ce budget est de répondre à la fin des contrats aidés orchestrée malheureusement par le Gouvernement de M. MACRON. Ma camarade Danièle PREMEL l’évoquera aussi dans son intervention.

Il est absolument nécessaire de renforcer l’accompagnement des salariés, estimés à environ 600 qui n’obtiendront pas de renouvellement de contrat. C’est le sens de notre amendement budgétaire, avec les questions centrales de la formation et de la déprécarisation.

La suppression des contrats aidés va engendrer une charge de travail supplémentaire pour les agents qui resteront en poste. Toutes les possibilités doivent être étudiées pour que ces personnels puissent retrouver un emploi pérenne et entrer dans un processus de titularisation. C’est le sens des différents vœux que nous avons déposés et adoptés depuis septembre. Au sein de notre collectivité, nous pensons que la réduction de la vacance des postes est une piste privilégiée pour y parvenir.
Je souhaite évoquer la question du personnel des bibliothèques. Nous savons que le réseau est en tension et manque d’agents. Certaines bibliothèques peinent à fonctionner correctement. Je pense par exemple à Hélène Berr dans le 12e, Edmond Rostand ou encore Benjamin Rabier dans le 19e. Nous demandons par un amendement que six postes supplémentaires soient créés dans le réseau.

Par ailleurs, vous avez souhaité ouvrir les bibliothèques le dimanche. Nous nous sommes toujours opposés à cette réforme, mais puisqu’elle se fait, alors, elle doit se faire dans de bonnes conditions, à la fois pour les usagers et pour les agents. Et nous demandons donc le renforcement de l’équipe des huit volants prévus et que l’effectif de cette brigade soit doublé pour arriver à 16 agents. C’est nécessaire à la qualité de l’accueil le dimanche, c’est nécessaire pour que les agents ne fassent pas face à une charge de travail trop importante. Il s’en va du maintien de la qualité de notre offre de lecture publique.

Pour finir, je souhaite évoquer la question de la subvention au Fonds régional d’art contemporain, que vous avez choisi de supprimer intégralement, pour des raisons qui nous échappent. En effet, depuis 15 ans, le F.R.A.C. est un lieu de création contemporaine qui connaît un grand succès et qui jouit d’une belle réputation. Il émane d’une volonté culturelle et s’est construit autour d’un projet citoyen d’une association d’habitants du 19e arrondissement. Le retrait de la subvention met en danger la localisation et l’existence même du F.R.A.C.

Le F.R.A.C. est partenaire du Conseil local du handicap du 19e arrondissement. Il est à ce titre engagé dans la programmation des "Mois Extra Ordinaires du handicap" de juin 2018. Il serait regrettable de mettre en péril cet événement. De plus, le F.R.A.C. a une vocation d’éducation et de diffusion de la culture dans toutes les classes sociales. Il a construit des liens avec l’Education nationale. La gratuité des expositions permet à toutes et à tous d’accéder à l’art contemporain.

Pour toutes ces raisons, nous souhaitons que vous rétablissiez à l’identique cette subvention, comme le demande notre amendement, ainsi que celui du groupe Ecologiste de Paris.

Je vous remercie.

Publié le

11 décembre 2017

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