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Budget de la préfecture de Police 2016

Nous sommes attentifs à l’amélioration des conditions de vie et de travail des sapeurs-pompiers et nous sommes conscients que la place de la BSPP et des pompiers est particulière dans le cœur des parisiens. Nous fait adopter un amendement budgétaire pour renforcer l’action de l’association des anciens cadres de la brigade qui intervient auprès des plus jeunes parisiens mais aussi banlieusards dans les écoles et les collèges.

Retrouvez l’intervention de Didier Le Reste

Madame la Maire,
Monsieur le Préfet,

Nous examinons, après bien des péripéties et à une heure qui nous rassemble tous, enfin, le budget de la Préfecture de Police.

Je ne débuterai pas mon intervention comme l’a fait Monsieur Goujon, de façon dangereuse me semble-t-il, qui en insistant sur le fait que l’on serait en guerre et en reprenant la menace d’attaques bactériologiques et chimiques brandies par Manuel Valls, en rajoute à l’anxiété ambiante et vise à instrumentaliser les peurs qu’expriment certains de nos concitoyens !

Je tiens d’entrée, au nom de mon groupe à remercier de nouveau les forces de police pour le travail difficile qu’elles ont dû effectuer en cette année 2015 qui a commencé par les attentats ciblés contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher de la porte de Vincennes et il y a un mois durant cette nuit d’horreur dont tous les parisiens et les français garderont la mémoire.

Les forces de police ont été très sollicitées, elles le sont encore et nous savons combien les personnels sont épuisés par cette mobilisation permanente, due à l’état d’urgence et à ses conséquences en matière d’enquête et de perquisitions mais aussi de rondes, de présence auprès des parisiennes et des parisiens.

La police a perdu, cette année, des agents qui ne faisaient que leur devoir et nous nous inclinons devant leurs familles et leurs collègues.

La police nationale a-t-elle su retrouver l’image proche et protectrice auprès de nos concitoyens, qui n’aurait jamais dû la quitter ? Je l’espère et je souhaite aussi que le gouvernement s’interroge sur l’après période d’urgence liée aux attentats. Si les parisiens conçoivent qu’il s’agit d’une période exceptionnelle, ils ne comprendraient pas qu’à terme on réduise à nouveau les moyens affectés à leur sécurité.

Je dis cela à l’encontre de ceux qui aiment le service public et en particulier la police dans les moments de nécessité extrême, mais qui dès l’orage passé, n’ont comme obsession que de réduire la présence policière dans notre capitale. Je pense en particulier à l’opposition municipale de droite qui ne peut cacher qu’elle a soutenu les mesures de réduction massive d’effectifs de police avec la mise en œuvre de la RGPP et qui est aujourd’hui obligée de reconnaître qu’elle a eu tort.

Oui la police est indispensable dans un état de droit, elle doit être mobilisée, mais aussi exemplaire et les prérogatives qui lui sont attribuées au titre de l’état d’urgence, doivent être contrebalancés par une grande vigilance citoyenne. Voilà pourquoi nous vous demandons par un vœu Monsieur le Préfet de nous tenir au courant du nombre d’arrestations, de perquisitions administratives, de contrôles judiciaires ou d’assignation à résidence qui ont eu lieu sur le territoire parisien depuis le début de l’état d’urgence.

Le gouvernement s’y est engagé devant la représentation nationale et nous souhaitons qu’il en soit de même pour les élus parisiens même si dans votre propos liminaire vous nous avez donné de premiers chiffres.

De même, nous souhaitons que dès que possible soient assouplies les règles d’autorisation de manifester et que Paris résonne à nouveau des pas et des slogans de manifestants pacifiques qui souhaitent faire entendre leurs revendications.

Certains syndicalistes que je connais bien, vous ont fait part de leur incompréhension de l’interprétation restrictive du droit de manifester alors que dans le même temps de grands rassemblements à caractère commercial étaient maintenus dans notre capitale.

Vous comprendrez qu’à titre personnel et au nom de mon groupe qui est attaché à la sécurité des parisiens mais aussi à l’exercice plein et entier des libertés publiques cette question vous soit directement adressée, Monsieur le Préfet.

Car voyez-vous, il y a sur nos bancs un réel attachement au service public et à ses agents et pas simplement au moment des crises aigües, où nous avons noté que nos Services Publics ont été salués pour leur réactivité, disponibilité, efficacité faisant taire sur le coup ceux qui n’ont de cesse de les démanteler ou comme le Ministre MACRON qui veut précariser le statut des fonctionnaires. Nous voulons une police nationale en nombre suffisant et formée, nous voulons une présence policière de dissuasion dans nos quartiers qui réinstaure de la confiance entre les citoyens et ceux qui sont chargés de les protéger.

Voilà pourquoi nous ne résoudrons jamais à l’abandon par la droite des expériences menées en matière de police de proximité. La police, ce sont les enquêtes et la scientifique, le renseignement et la crim. Mais ce sont pour les parisiens ces centaines d’agents qu’ils souhaiteraient encore plus proches et plus visibles.
Contrairement à ce que pense la droite locale, nous n’avons pas besoin d’une police municipale armée, nous avons besoin d’une police nationale présente sur le territoire auprès des populations.

Nous nous réjouissons que ce budget marque une pause dans la baisse structurelle qui était annoncée.

Bien entendu, nous avons suivi les avancées du groupe de travail sur l’évolution du statut de Paris et nous savons que nombre des missions que vous exercez en lieu et place de l’administration locale nous vient de l’histoire, du fait que Paris est notre capitale et que donc des missions particulières existent au sein de la Préfecture de Police parisienne.

Nous sommes en accord avec Anne Hidalgo quand elle demande à avoir les prérogatives d’une maire de plein exercice, consciente qu’elle aura toujours à mettre en application des directives qui sont propres à une capitale, siège du gouvernement.
Mais tant au sujet de la voirie, que des règlements de police du maire sur l’insalubrité, les professions règlementées, les horaires d’ouverture des débits de boisson et la gestion des dimanches ouverts pour les commerces et j’en passe, il est archaïque et anormal que nous dépendions des autorités préfectorales alors que nous sommes une Assemblée majeure et souveraine.

Nous souhaitons donc que ce statut évolue et que la préfecture se concentre sur ses missions régaliennes, qui pour nous, ne doivent pas être dévolues aux services municipaux.

Voilà pourquoi nous soutenons aussi la nécessaire clarté qui doit être faite sur l’utilisation des personnels ASP. Je sais que vous avez ouvert ce chantier avec les organisations syndicales Monsieur le Préfet peut être pourriez-vous profiter de ce moment pour nous en dire un peu plus.

Ces personnels sont parfois désarçonnés par leur double tutelle et peut être par des injonctions contradictoires.

Nous avons-nous même en tant qu’élus, à travailler à cette modification et à l’amélioration des profils de poste et des missions de ces agents qui ont un rôle difficile, mais qui contribuent aussi par leur présence dans l’espace public parisien à un meilleur sentiment de sécurité.

Nous voulons que cette discussion soit tripartite et que la ville, la préfecture et les agents s’attèlent à un travail commun autour d’une nécessaire évolution.
En revanche, je sais que vous avez été interpellé Monsieur le Préfet sur la reprise de la verbalisation dès le 14 novembre au matin, les agents auraient souhaité pouvoir être associés à cette décision, ils pensaient à leur sécurité bien sûr mais aussi à la peine des parisiennes et des parisiens. Je pense qu’il s’agissait pour le moins d’une maladresse.

Oserai-je aussi vous demander un point sur les « reçus recalés » du concours des ASP de 2012, j’avoue ne pas avoir eu d’écho d’avancées sur ce dossier depuis l’année dernière. Où sont ces 120 lauréats de ce concours ?

Enfin Monsieur le Préfet, je sais que vous vous félicitez de la décision de la ville d’accélérer le plan caméra pour Paris. Vous connaissez notre position, ces caméras ne sont en rien protectrices ou dissuasives, la preuve en a d’ailleurs été faite la nuit du 13 novembre dernier. Face à des fanatiques qui ne prennent même pas la précaution de se masquer, ces caméras ne sont pas d’une grande utilité vous en conviendrez même si elles peuvent contribuer dans certains cas, à élucider des affaires.

Nous continuerons donc de défendre la présence humaine car elle est porteuse d’une protection beaucoup mieux perçue par la population. Ce n’est pas par ringardise que nous ne soutenons pas « la machine » mais parce que la présence d’agents publics rassure, dans les trains, dans les stations de métro comme dans l’espace public. Mieux, à chaque fois que nous avons remis du personnel qualifié en nombre suffisant, doté de moyens appropriés dans les transports publics, nous avons fait reculer les actes d’incivilités, la fraude et les agressions.

Nous apportons notre pierre à l’édifice en approuvant ce budget de la Préfecture de Police, aussi parce que nous sommes attentifs à l’amélioration des conditions de vie et de travail des sapeurs-pompiers, qui, comme d’habitude, ont été exemplaires au cours des évènements de novembre.

Provision pour gager l’éventuelle augmentation de leurs salaires en cours d’année mais aussi de l’investissement pour que le matériel de la BSPP très sollicité soit remplacé et modernisé, voilà deux chapitres visibles dans ce budget.

C’est aussi parce que nous sommes conscients que la place de la BSPP et des pompiers est particulière dans le cœur des parisiens que nous avons déposé un amendement budgétaire pour renforcer l’action de l’association des anciens cadres de la brigade qui intervient auprès des plus jeunes parisiens mais aussi banlieusards dans les écoles et les collèges.

Nous avons bon espoir que cet amendement modeste, mais si sincère soit adopté à l’unanimité de notre conseil.

Le budget de l’année prochaine dépendra, nous le savons tous, du sort réservé aux propositions que nous ferons au gouvernement pour modifier le statut de Paris.

Plus de clarté, de simplicité c’est mieux pour les parisiens. Est-ce à dire que nous souhaitons « dépecer » la préfecture de police ? Bien sûr que non.

Mais nous voulons qu’elle se concentre sur ses missions qu’elle le fasse encore mieux et qu’elle démine ainsi toute tentative de créer une police municipale armée dans notre capitale qui n’est pas pour nous la réponse adaptée aux enjeux.

Notre groupe votera donc les crédits budgétaires de la préfecture de police.

Publié le

18 décembre 2015

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