Rechercher sur le site

Budget supplémentaire de la préfecture de police de Paris.

Madame la Maire,

Le vote de ce budget supplémentaire de la préfecture de Police de Paris nous donne l’occasion de tirer bref un bilan de cette séquence particulièrement difficile.

Avant d’entrer dans ce débat, je préfère poser les choses clairement, pour ne pas donner dans le faussement polémique : notre groupe votera ce budget supplémentaire, qui doit permettre au service public national de la sécurité à Paris d’exercer ses fonctions dans de bonnes conditions. Ce qui nous préoccupe, en revanche, c’est le glissement de l’image de la police dans une partie de la population Française, sans le surdimensionner mais c’est quand même une réalité.

Nous avons voté le budget principal de la préfecture après les attentats de novembre dernier, le moment où l’horreur du terrorisme a frappé Paris dans sa chair. Le rôle et l’action de la police ont été unanimement reconnus, dans cette assemblée comme dans la population.

Toutes et tous s’entendaient sur la nécessité de maintenir et de renforcer un service public national de la sécurité dans notre pays, et particulièrement dans notre ville. De même, la reconnaissance comme une erreur grave de la baisse successive de ses budgets a été admise très majoritairement.

Nous avions d’ailleurs pointé la responsabilité de ceux qui louent à juste titre la présence de la police dans les situations les plus extrêmes, mais qui ont défendu avec le même aplomb la réduction drastique de leurs effectifs lors de la Révision Générale des Politiques Publiques.

Or, depuis quelques mois, je le disais, nous connaissons un basculement de l’image des agents en charge de l’ordre public dans une partie de la population. Vous l’aurez compris, je pense au traitement des manifestations sociales contre la loi travail dont nous avons déjà eu l’occasion de parler en ces lieux.

Pour tenter de comprendre, on peut invoquer justement le climat de tension dans un pays qui se relève difficilement de la brutalité extrême des attentats de novembre. On peut aussi et on doit condamner très justement les violences exercées par certains casseurs en marge des manifestations sociales, causant des dommages importants pour nos concitoyens, pour les manifestants pacifiques et pour les forces de l’ordre.
Mais nous pensons que le cœur du problème n’est pas là. Les violences n’ont pas réussi à décrédibiliser les millions de manifestants pacifiques qui ont et continuent à défiler dans nos rues.

Le cœur du problème, ce que les interventions des forces de police dans les conditions que l’on a pu voir dans le cadre de certaines manifestations semblent fournir au gouvernement, affaibli, désavoué le moyen d’intimider, de museler les contestations qui s’expriment contre ses politiques socio-économiques.

Ce gouvernement dans l’impasse, s’entête à faire fi à la fois des manifestations larges et de l’opinion publique qui demeure majoritairement contre son projet. Il décide de bafouer la souveraineté des parlementaires, représentants élus des Français, en faisant passer en force son projet de loi par le 49-3 comme il l’a fait encore cet après-midi et en refusant systématiquement tout dialogue sérieux avec les organisations syndicales.

Au-delà de cette situation détestable, nous disons que nous avons besoin, de ce service public de la sécurité. Plus que les fausses promesses de la vidéosurveillance, qui ne fait que déplacer un temps le problème sans le régler, et que la police municipale, qui correspondrait à un désengagement de l’état vis-à-vis de ses responsabilités. Nous examinerons avec la plus grande vigilance la création de cette nouvelle brigade parisienne de lutte contre les incivilités, et l’évolution des pouvoirs de police de la Maire dans le cadre de la réforme du statut de Paris.

Nous avons besoin d’agents nationaux de terrain pour garantir la tranquillité des parisiennes et des parisiens, et le respect des règles de l’espace public, de la loi, de la liberté et de l’intégrité des personnes.

De nombreux agents de police l’expriment et nous les comprenons, beaucoup sont exténués par les divers évènements et charges auxquels ils ont à faire face depuis de longs mois. La police est un service public crucial dans notre ville, et nous entendons lui donner les moyens nécessaires à l’exercice de ses missions.

C’est pourquoi nous voterons ce budget supplémentaire à la préfecture de police de Paris. Une police renforcée, qui se concentre sur ses missions de protection de la sécurité des citoyens.
Je vous remercie.

Publié le

8 juillet 2016

Auteur-e-s