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Caisse des écoles : garantir les meilleurs repas pour les petits parisiens

Une réforme de la caisse des écoles est actuellement en cours d’élaboration. Pour ce service public si important, les communistes ont souhaité porter des objectifs politiques forts. Sur la qualité des produits (bio et labellisation durable), sur les conditions de travail des agents, bien souvent dans des conditions très précaires, et sur la démocratie locale, nous avons proposé et obtenu de réelles avancées. Les petits parisiens méritent le meilleur.

Retrouvez l’intervention d’Emmanuelle Becker

Madame la Maire

Le vote des subventions aux caisses des écoles dans chaque arrondissement, est une délibération « classique » du Conseil de Paris revenant régulièrement à l’approbation des élus. Nous voterons favorablement à cette subvention, comme celle concernant tous les autres arrondissements.

Si nous intervenons, c’est parce que dans ce domaine, les choses changent. Une réforme des caisses est en cours, sous l’œil attentif d’un grand nombre de parisiennes et de parisiens. Mon intervention présentera donc notre vœu relatif à cette réforme. Nous pensons qu’un point d’étape en conseil est utile, pour en clarifier les objectifs politiques, afin qu’elle soit connue et comprise par toutes et tous.

Il est toujours utile de préciser l’utilité publique du service municipal de la restauration scolaire. Il touche à la santé des enfants, leur éducation alimentaire, et directement à leur qualité de vie. Nos cantines prodiguent quelquefois le seul repas équilibré de la journée d’un enfant. L’enjeu de cette réforme est donc tout sauf minime.

Une étape politique majeure est en passe d’être franchie pour ce service public à Paris. La réforme en cours changerait le mode de gestion des caisses des écoles, pour passer de l’autonomie administrative de chaque caisse d’arrondissement à la gestion au niveau parisien.

Tout n’est pas à jeter dans l’ancien modèle, loin de là. L’autonomie de gestion locale étendue a permis de réelles innovations publiques dans ce domaine. Le revers de ce choix, c’est que ces autonomies ont généré des disparités entre les différents arrondissements, notamment dans les prestations délivrées aux petits parisiens.

Le passage à une échelle parisienne d’une partie de la gestion de cette restauration peut amener beaucoup de positif, et il est clair que le mode de gestion actuel nécessite des changements. A la disparité de service, on peut également ajouter des choix de gestion locaux parfois malheureux, Mais on pense surtout aux agents de ces différentes caisses, dont les statuts diffèrent d’un établissement à l’autre, et qui sont confrontés dans de nombreux cas à des conditions très précaires.

Le défi majeur de cette réforme sera de résoudre les problèmes propres au modèle existant, tout en conservant les côtés positifs, qui sont bel et bien réels. La majorité des établissements ont été globalement exemplaires, et ont gagné de réelles avancées pour les enfants parisiens. Que des effets négatifs nous poussent à changer de modèle, c’est un fait. Mais nous aurions tort de tout jeter et de revoir intégralement notre copie.
Certaines initiatives et pratiques, par exemple, sont unanimement reconnues comme positives. Elles doivent être conservées, et même étendues à l’ensemble du territoire parisien, pour qu’elles profitent à tous les enfants.

Faire de cette réforme un réel plus pour le service public, voilà le but de notre vœu. Nous proposons de tracer quatre grands axes politiques pour cette réforme, qui doit être ambitieuse.

Le premier, c’est la qualité des repas servis aux enfants parisiens. L’harmonisation de la gestion des finances peut apporter un renfort de stabilité, et les commandes groupées au niveau de tout paris pour certaines denrées, couverts et fournitures, peuvent permettre à a ville de réaliser de vraies économies d’échelle.
Ce nouvel établissement peut nous permettre de réaliser un de nos engagements pris devant les parisiennes et les parisiens, celui de porter au minimum le chiffre de 50% minimum de produits issus de l’agriculture biologique pour les repas de tous les enfants. Nous insistons sur le 50% minimum, car les avancées gagnées sur la part de bio dans certains arrondissements, quelquefois supérieurs aux objectifs parisiens, doivent bien entendu perdurer.

D’ailleurs, il y a « bio » et « bio ». Certains produits présentés comme issus de l’agriculture biologique viennent de pays aux normes de labellisation différentes. Cette réforme devra s’accompagner d’un renforcement de nos exigences sur la qualité des produits proposés, y compris les produits dits « bio et durables ». Cette réforme doit être pleinement « durable ». Elle doit intégrer le développement de l’agriculture de proximité, en circuit court, pour ne pas faire faire des milliers de kilomètres à des produits qui ne le nécessitent pas.

Une politique d’allotissement suffisamment fine et détaillée des commandes de produits permettrait cela. Elle rendrait possible la diversification des fournisseurs, et donnant aux petits producteurs et aux entreprises de petite et moyenne dimension la possibilité de répondre aux appels d’offres.

Notre deuxième objectif, c’est bien entendu celui des personnels. Il nous faut sécuriser au maximum les conditions de travail de ceux qui produisent ce service public au quotidien pour nos enfants. Nous attendons beaucoup de cette réforme sur ce point.
L’amélioration des conditions de travail des milliers de personnes qui œuvrent quotidiennement à donner une alimentation de qualité aux petits parisiens est une priorité. Une campagne de déprécarisation des salariés doit intégrer une harmonisation par le haut d’un statut des agents, jointe à la possibilité pour ceux qui le souhaitent d’accéder au travail à temps plein.

Le troisième axe est celui de l’initiative locale. Pour incarner ce service public au plus près des parisiennes et des parisiens, il est impératif de garder des structures démocratiques locales, et de leur garantir une réelle autonomie. Une structure de concertation associant élus, parents d’élèves, directeurs d’école et responsables de cuisine doit être mise en place pour garder ce lien entre le service public et les parents.
Elle aurait pour mission de suivre les évolutions en cours, de faire des propositions d’orientation et d’animation et d’expliquer sur le terrain les orientations prises, et devra être appuyée d’équipes de gestions locales, en lien permanent avec les équipes de production.

Le dernier point est celui de la construction de cette réforme. Aucun acteur ne doit être laissé de côté. Il faut concerter, concerter et encore concerter, avec tous les acteurs de service public. Le dialogue doit être riche et approfondi, et ne doit laisser personne de côté. C’est pourquoi nous souhaitons que des contributions des différentes caisses puissent être intégrées à ce débat, et qu’un comité de suivi pilote cette réforme, en amont comme après sa création.

Nous portons de nombreuses dans ce vœu, mais à la mesure de l’enjeu qui de cette réforme. La qualité de vie des petits parisiens mérite un débat riche, et c’est en ce sens que nous vous soumettons cette proposition.

Je vous remercie.

Publié le

7 juillet 2016

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