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Compensation des dégâts crue de la Seine

Intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj

Madame la Maire
Mes cher-es collègues,

Nous le savons, nous avons échappé au pire, au cours de ces derniers jours de mai et des premiers de juin dernier.

Ce n’était pas 1910, mais on était proche de 1982. L’économie francilienne est à la merci d’une crue centennale. Je redirai ici pour mémoire que les prévisions seraient un coût de 30 milliards d’euros et 0,1 à 0,3% du PIB pour notre pays, si cela nous arrivait.

Oui nous sommes prêts à faire face, puisque l’opération SEQUANA a fait ses preuves et à un capteur défaillant près nous n’avons eu à déplorer que peu de conséquences.

Mais comme le rappelle la délibération ce sont tout de même 3 millions d’euros d’investissement qui devront être consacrés à la réparation des berges, des espaces verts et des installations municipales qui se sont trouvées endommagées.

3 millions c’est une somme absorbable par notre collectivité, mais que dire pour des villes qui n’ont pas la même capacité financière et qui ont dû faire face à des dégâts autrement plus importants.

Vous comprendrez que j’ai une pensée pour toutes les communes en amont de Paris, de Seine et Marne, du Val de Marne et en particulier pour Villeneuve Saint Georges qui a été une des villes les plus touchées de notre agglomération.
Le décret de reconnaissance de catastrophe naturelle a été pris début juin 782 communes sont concernées.
Par cette délibération nous faisons appel à la dotation de solidarité en faveur d’équipements des collectivités locales touchées par un évènement climatique et géologique. C’est normal.

Mais que pouvons-nous faire pour aider les communes dans la difficulté et le besoin et qui font appel à notre solidarité.

Il y a encore des gens, après un mois, qui n’ont pas pu retourner dans leur domicile, des gens qui ont tout perdu et les CCAS de ces communes sont débordés par les demandes.

C’est tout le sens de notre vœu. Qui demande un geste de Paris envers ces consœurs de l’ile de France.

Notre demande est peut être maladroite dans sa forme, mais elle est pétrie de la générosité dont Paris a toujours su faire preuve à l’égard des autres communes qui lui sont proches.

Mais vous vous étonneriez que je conclue mon propos sur les conséquences de la crue, sans avoir rappelé l’engagement nécessaire que nous devons avoir en matière de prévention.

Il faut d’abord tordre le cou à une affabulation Paris n’a pas été épargné parce que l’on aurait sacrifié la banlieue.

Le meilleur moyen qu’aurait Paris de répondre serait que notre ville prenne la tête de ceux qui souhaitent plus et mieux travailler sur la prévention des crues.

Ces instruments existent, ils sont performants tant en matière d’ingénierie que de réalisations de barrages ou de canalisations. Seine Grands Lacs en est le meilleur exemple.

Nous ne pouvons plus nous cacher derrière notre petit doigt ou dire « nous ne savions pas » ; « ceci ne peut jamais arriver ».

Mettons les bouchées doubles, sinon après la répétition générale de juin, nous pourrions connaître une crue centennale dans les prochaines années, phénomène accéléré par le réchauffement climatique.

Nous vous demandons donc d’agir sur deux fronts, Madame la Maire, la solidarité immédiate et le combat pour plus d’investissements pour prévenir ces catastrophes naturelles.

Quant à l’État, il se doit aussi d’être à la hauteur et pas seulement en confiant à la Métropole une compétence pour laquelle il n’a prévu aucun moyen supplémentaire.

Je vous remercie

Publié le

4 juillet 2016

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