Rechercher sur le site

Conférence Paris climat

La nécessaire planification écologique doit se coupler d’un investissement très important permettant une révolution industrielle qui réponde aux besoins humains.
La stratégie à long terme doit porter sur la résilience et l’économie circulaire.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj

Madame la Maire,

Mes chers collègues, je voudrais commencer, comme l’ensemble de mes collègues, par saluer et remercier les citoyens qui se sont impliqués dans cette conférence de citoyens et qui ont contribué à cet avis. Je voudrais aussi remercier, comme vous l’avez dit, Frédéric DABI ainsi que Célia BLAUEL qui se sont impliqués dans ce travail.

Revient souvent dans votre avis l’idée d’une nécessaire somme des petites actions individuelles pour initier un changement global. Bien sûr, nous sommes d’accord en tant qu’élus communistes, mais il faut que ces actions individuelles se couplent avec des actions collectives. La loi et la réglementation sont indispensables en la matière, si on veut répondre en étant à la hauteur des défis du changement climatique et en faire un droit inaliénable.

Vos idées sont détaillées par secteur, éducation, logement, entreprise, ce qui est un bon angle pour entreprendre une réflexion sur les réelles transformations à apporter.
Plus que des efforts et des actes individuels, il s’agit bien de corriger le déficit d’impulsion des pouvoirs publics, comme l’avis le notifie, en mettant sur pied une vraie révolution énergétique de nos modes de production et de consommation. Nous devons faire preuve d’innovation, de progrès, être avant-gardistes et mettre en place une transformation totale de notre société, de notre rapport à l’énergie dans tous les domaines.

La nécessaire planification écologique doit se coupler d’un investissement très important permettant une révolution industrielle qui réponde aux besoins humains. Les problèmes actuels sur le réseau d’électricité sont le symptôme de changements dans le marché de l’énergie comme la privatisation, qui ne permettent pas le développement à long terme.

Nous portons une nécessaire stratégie à long terme portant sur la résilience et l’économie circulaire. Dans le rapport que je vous avais remis, Madame la Maire, sur le "Fabriquer à Paris" ainsi que dans le débat que nous avons eu sur l’économie circulaire, nous avions fait des propositions en ce sens. L’heure est aux solutions nouvelles pour réinventer notre modèle de société.

Le développement de l’économie circulaire annonce un rivage de circuits courts, d’écologie industrielle, d’usages raisonnés des ressources et de respiration humaine. Elle nous amène vers la fin du gaspillage, du jetable, de l’obsolescence programmée, de la surexploitation des hommes et de la nature. Alors privilégier l’économie du partage, comme vous le dites, à celle de la possession, font partie de ces tournants que notre société doit prendre pour être durable.

Cette réflexion met en lumière de nouvelles perspectives. Le recyclage, la valorisation des déchets ménagers ou industriels dans un nouveau cycle de production fait des grandes villes comme Paris et sa Métropole des viviers de matières premières réutilisables.

Si la responsabilité des citoyens est bien entendu indispensable pour construire ce nouveau modèle, nous devons à très court terme poser la question de la manière dont on incite les industriels à faire plus en matière d’économie circulaire. Comment les obliger à valoriser ce qu’ils ne valorisent pas spontanément ? Comment les surplus et les produits périmés dans les magasins ou les déchets industriels ? Comment développer l’écoconception des produits afin qu’ils soient conçus dès le départ comme entièrement recyclables ?

Nous pensons que la démarche de sensibilisation dans les entreprises est indispensable car des initiatives porteuses d’emploi en faveur de l’environnement, notamment en matière d’écoconception, nécessitent un peu de bonne volonté.
La lutte contre la pollution à Paris est un enjeu qui contribue à cet objectif mais nous devons aller plus loin. Il faut non seulement prendre en compte les recommandations de votre avis mais également être plus offensif. C’est le cas lorsque nous portons des alternatives à la voiture dans une perspective de sortie du diesel. Qu’il y ait aussi un bilan social, des mesures de restriction car nous avons l’intuition que ce sont les plus défavorisés qui sont souvent les plus pénalisés.

Qu’il y ait des engagements clairs de la part des administrations publiques mais aussi des transporteurs routiers d’aller vers un transport propre, en particulier sur le dernier kilomètre. Que Paris soit exemplaire dans la création de nouveaux lieux de logistique urbaine connectés aux fleuves et au rail. C’est le cas avec la Chapelle International, mais, je l’espère, ce sera aussi le cas dans la future Z.A.C. "Bercy-Charenton".
Aujourd’hui, 2.500 Parisiennes et Parisiens meurent de la pollution chaque année et plus de 6.000 en région Ile-de-France, 48.000 sur le plan national. Au point que les citoyens et les associations portent plainte aujourd’hui contre l’Etat.

Les scientifiques, notamment les pneumologues, n’ont cessé d’alerter depuis des années. Alors c’est bien une politique volontariste que les citoyens appellent de leurs vœux dans cet avis et que nous soutenons pleinement. C’est l’avenir de nos enfants qui est en jeu. Il est temps de changer d’air.

Je vous remercie.

Publié le

31 janvier 2017

Auteur-e-s