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Crue de la Seine : Prévenir c’est guérir

Depuis une semaine l’opération « crue centennale » mobilise l’ensemble des pouvoirs publics, les entreprises de transports, les collectivités locales, les médias. Je tiens à les féliciter pour leur professionnalisme.

C’est une bonne chose car les parisiens et les franciliens doivent connaitre les conséquences dans tous les domaines d’une crue exceptionnelle : Transports bloqués, économie au ralenti, hôpitaux engorgés, distribution d’eau potable et possibilité d’épidémies… Ce scénario catastrophe est un des scénarios probables, puisque le risque de crue de la Seine augmente d’année en année.
La préparation sérieuse à des conséquences aussi dramatiques va toujours dans le bon sens. Mais je regrette que l’on ait si peu parlé de la prévention du risque d’inondation.

Il n’a pas été suffisamment rappelé le rôle de l’Établissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs, dans le travail en amont pour éviter cette crue. Cet établissement public, associant les départements de Paris, de la Seine Saint Denis, des Hauts de Seine et du Val de Marne, a été créé spécifiquement pour empêcher les inondations aux abords de la Seine.Déjà des dispositifs existent, ils ont permis d’éviter que Paris et sa banlieue ne soient submergés dans le cadre de grandescruesDes projets pertinents et utiles doivent voir le jour. Ils réclament des investissements lourds et coûteux.

Au dernier budget, nous n’avons pas été suffisamment entendus. et les collectivités départementales adhérentes ont toutes diminué leurs contributions au budget de l’EPTB, et par extension la politique de prévention des débordements de la SeineC’est un paradoxe.

Au lieu de faire la promotion de grands groupes assurantiels tel AXA, il serait de bonne politique de prévoir un grand plan d’investissement public encore plus ambitieux. Par extension, la saignée financière des départements par l’Etat augmente les risques d’inondation.

On verra si la Métropole qui a désormais la charge de ce dossier prendra la mesure de l’ampleur des investissements à faire ?
Prévenir cela veut dire renoncer à l’asphyxie financière des collectivités locales et faire que les politiques publiques françaises traitent aussi bien les causes que les conséquences.

C’est un choix : « Gérer les risques » ou prévenir. Le vieil adage ne dit-il pas prévenir c’est guérir ?

Nicolas Bonnet-Oulaldj
Président du groupe Communiste Front de gauche au conseil de Paris

Publié le

11 mars 2016

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