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Ce n’est pas au personnel de la Ville de payer les pots cassés de l’austérité imposé par le gouvernement

Lors de son intervention Didier le Reste a tenu à rappeler qu’aujourd’hui les victimes de la politique du gouvernement qui bloquent leurs salaires depuis 2010 sont les agents. Ils se mobilisent pour leur pouvoir d’achat et de meilleures conditions de travail . Ils ont raison ! Nous sommes intervenus pour défendre les agents qui font vivre le service public au quotidien, dans les équipements, sur l’espace public mais aussi dans les bureaux et les ateliers.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire, mes chers collègues,

La politique d’austérité menée par le gouvernement nous met en grande difficulté. La baisse continue de la dotation globale de fonctionnement (DGF) fait de Paris l’une des villes françaises les plus touchées par les baisses de dotation. Mais le gouvernement ne s’arrête pas là et les mauvais coups se multiplient, hausse des péréquations, report de la réforme du stationnement, attentisme sur la création de taxes pour lutter contre la spéculation immobilière.

A travers ces baisses ce n’est pas seulement l’institution Ville de Paris qui est touchée, les chiffres ont un visage. Les agents, déjà victimes du gel du point d’indice qui dure depuis 2010 devront-ils encore payer les pots cassés des politiques d’austérité gouvernementales ? Le blocage du point d’indice est une attaque en règle contre le niveau de vie des agents car le prix, entre autre, des bien courants de consommation ou des loyers continue à augmenter et de fait, les agents vivent de moins en moins bien.
Voilà pourquoi nous comprenons que les agents se mobilisent et revendiquent des taux de promotion de 100%. C’est avant tout pour défendre leur pouvoir d’achat et ils ont raison.
Il y a un volet des revendications des agents qui est totalement entre nos mains : il s’agit de la reconnaissance de l’ancienneté dans l’avancement en grade. On ne peut pas expliquer, sereinement, à un agent de catégorie C qu’après 30 ans de carrière il ne mérite pas de promotion. L’ancienneté, d’autant plus pour les métiers pénibles, doit être le critère prépondérant en matière d’avancement.

Madame la Maire, vous avez à plusieurs reprises fait le choix de prendre le contrepied du gouvernement, en défendant l’importance de l’investissement public ou encore sur le travail du dimanche. En misant sur le personnel pour garantir la qualité du service public, nous pourrions une nouvelle fois montrer qu’il est possible de mener une politique véritablement à gauche.

Dans la période actuelle, les agents de la Ville sont plongés dans l’incertitude : entre métropolisation et réforme du statut de la Ville, nombre d’entre eux se posent des questions légitimes quant à leur avenir.
Sur le transfert de compétences à la métropole, nous sommes guidés par la volonté d’assurer un service public d’excellence avec des agents correctement rémunérés : ce qui pourrait commencer par l’alignement du statut des agents de la métropole sur celui de l’administration parisienne.

Concernant la réforme du statut de la Ville : elle doit être envisagé pour apporter de meilleures réponses aux besoins des parisiennes et des parisiens et non pas pour faire des économies à n’importe quel prix. Si certains pensent utiliser la fusion de la Ville et du Département pour justifier des économies de personnel, nous nous y opposerons.

Je souhaiterai maintenant revenir sur les chiffres évoqués dans la communication concernant les dépenses de personnels au budget 2016. Madame la Maire, vous avez à plusieurs reprises déclaré qu’il y aurait des embauches dans les secteurs du nettoiement et de la petite enfance. Nous sommes très attachés au fait que ces créations interviennent sur des postes de titulaires sans recourir à des contrats précaires. La Ville a produit un effort important ces dernières années en matière de déprécarisation, 1000 agents ont été titularisés, nous devons poursuivre cet effort et éviter l’embauche de contractuels et de vacataires, ce qui nous ferait revenir en arrière.

En matière de cadre d’emploi, nous sommes opposés aux titularisations sur des temps partiels imposés. Nous voulons lutter contre la précarité, pas la pérenniser. Je pense notamment à la DASCO, où il pourrait y avoir la tentation de titulariser à mi-temps les agents de ménage qui assurent par ailleurs des mi-temps dans les caisses des écoles. Nous devons réfléchir et adapter le plus possible nos organisations pour proposer des temps complets aux agents que nous titularisons. Je pense que c’est un gage de qualité du service public.

Quelques mots sur les emplois dits de « back office », un terme que nous entendons de plus en plus au sein de la Ville. Pour nous, cette différenciation entre les agents n’a pas lieu d’être. Est-ce que les agents de la DLH qui travaillent à la création des 70 000 logements sont en contact avec le public ? Non. Est-ce qu’ils sont utiles pour autant ? Bien sûr que oui ! Et ce raisonnement s’applique à la quasi-totalité des secteurs d’intervention de la Ville.

Les fonctions supports sont également très importantes et leurs missions sont vitales pour l’ensemble des services. Il y a surement des améliorations à apporter mais elles doivent être le fruit d’une concertation entre les salariés et leur direction. Les agents ne doivent pas être mis devant le fait accompli et leur expertise prise en compte.
Nous serons pas conséquent extrêmement vigilants sur l’évolution des dépenses de personnel.

Je vous remercie.

Publié le

26 octobre 2015

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