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Orientations budgétaires : résistons aux politiques d’austérité

Nous dénonçons le désengagement financier de l’Etat qui porte atteinte au service public et qui nous mets en difficulté pour répondre convenablement aux besoins de la population. Notre préoccupation c’est la vie quotidienne des parisiens mais surtout des plus fragiles en renforçant les solidarités malgré une baisse des dotations de l’État. A travers les orientations budgétaires, nous sommes appelés à faire un choix de société.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj

Madame la Maire, mes chers collègues,

Vous connaissez la position des élu-es communiste-Front de Gauche sur le budget de la Ville, elle n’a pas changé depuis le début de la mandature : nous dénonçons le désengagement financier de l’Etat qui porte atteinte au service public et qui nous mets en difficulté pour répondre convenablement aux besoins de la population.
Le pacte d’austérité du gouvernement a eu un effet quasi immédiat sur le niveau de l’investissement public des collectivités locales. L’examen des budgets locaux de l’année 2015 le montrent : l’investissement des collectivités s’est réduit sur les deux années précédentes, - 8,6 % en 2014, puis -7,3 % en 2015. Or, l’investissement des collectivités constitue la majeure partie, + de 70%, de l’investissement public global qui s’était déjà réduit avant l’application du pacte de responsabilité, entre 2013 et 2014, en passant de 84,9 à 78,6 milliards d’euros.

Les réductions drastiques de dotations aux collectivités contenues dans le projet de loi de finances 2016 risquent d’avoir un effet désastreux sur ce niveau d’investissement, et un effet récessif majeur dans notre pays et dans notre région.
A Paris, notre majorité applique une politique de gauche, nous soutenons la demande pour encourager la relance économique. Nous nous sommes engagés de façon volontariste pour l’investissement et nous n’avons pas réduit la voilure. Mais cette problématique est à considérer à l’échelle métropolitaine et régionale et force est de constater que tous nos voisins, moins favorisés, n’ont pas pu et pourront encore beaucoup moins en 2016 faire les mêmes choix que les nôtres en matière budgétaire.

Les répercussions sont importantes sur l’activité économique, notamment dans le secteur du BTP, je rappelle que notre région devrait risque de perdre 15 000 emplois dans le secteur de la construction 2015. Ces suppressions d’emplois sont directement imputables aux baisses de dotations imposées par l’Etat. Et nous ne faisons que commencer à ressentir les effets de cette politique austéritaire.

Le contexte actuel est particulièrement maussade pour l’économie francilienne, et donc forcément pour la Ville de Paris. Voilà pourquoi nous pensons qu’il est de notre devoir de réclamer au gouvernement un arrêt immédiat de la baisse des dotations aux collectivités. Le risque est grand que l’Ile-de-France compte des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires en 2016 si nous n’arrêtons pas cette spirale infernale.
Je ne vous cache pas que nous sommes également inquiet des répercutions économiques à la suite des récents évènements. Cet été, le Comité régional du tourisme de Paris Ile-de-France nous rassurait quant à l’attractivité touristique de notre ville, source de milliers d’emplois pour les parisiennes et les parisiens. La fréquentation touristique de Paris et sa région s’était accrue de 1,6% au premier semestre 2015. Mais nous craignons que la répétition des drames ait un effet plus important. Il en est de même pour le niveau de croissance. Déjà morose ces dernières années, la consommation risque de stagner dans les mois à venir, la prolongation de l’état d’urgence pourrait ne pas aider la reprise la hausse de la consommation.

C’est dans ces moments difficiles que la population a le plus besoin des services publics, c’est dans ces moments que nous avons le plus besoin des fonctionnaires. Nous devons nous engager toujours plus pour la prévention spécialisée, pour le vivre ensemble dans les quartiers populaires, pour le soutien au secteur associatif, à la culture.

Voilà pourquoi nous devons réaffirmer nos exigences à l’égard du gouvernement. Nous devons exiger l’arrêt des baisses de dotations et de nouvelles recettes pour financer les services publics. Nous devons obtenir le vote du parlement des mesures de fiscalité intelligente que constituent l’augmentation des taxes sur les résidences secondaires ou celle sur les logements vacants.

Le Président de la République a admis cette semaine qu’il fallait sortir du carcan budgétaire européen en sortant les dépenses de sécurité et de défense du calcul du déficit de l’Etat. Nous le rejoignons sur la nécessité de nous libérer du dogme libéral de Bruxelles. Il est urgent d’aller plus loin et d’exiger un véritable pacte de solidarité qui lui aussi doit l’emporter sur le pacte de stabilité.

Publié le

23 novembre 2015

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