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Création d’un Observatoire Parisien des Inégalités : une victoire des communistes

La ségrégation scolaire à l’œuvre à Paris est forte, trop forte. Et les établissements privés portent une lourde part de responsabilité dans la production de cette ségrégation.
Notre groupe a demandé à ce qu’un observatoire des inégalités soit créé, que les règles d’affectation du rectorat incluent les collèges privés, qu’une carte scolaire contraignante s’impose au établissements privés et que les établissements ne respectant pas les règles communes de sectorisation soient placés hors contrat.

Retrouvez l’intervention de Jean-Noël Aqua

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Madame la maire, chers collègues,

Mon intervention dans ce débat se concentrera sur la question de la mixité sociale et du poids de l’enseignement privé dans ce problème.

Cette rentrée aura été marqué epar un débat vif sur le sujet initié par la tribune de Thomas Piketty dans le journal Le Monde. Les travaux de Julien Grenet le démontrent en effet depuis de nombreuses années, la ségrégation scolaire à l’œuvre à Paris est forte, trop forte. Et les établissements privés portent une lourde part de responsabilité dans la production de cette ségrégation.

Évidemment, personne ne nous dira, du moins officiellement, « je ne veux pas que mon enfant se mélange aux pauvres ». Mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille. La famille Groseille et la famille Le Quesnoy ont toujours très peu chance de voir leurs enfants partager les mêmes bancs d’école.
La ségrégation sociale et scolaire est inacceptable à plusieurs titres. Je n’en prendrai que deux.

Premier point, la ségrégation scolaire porte en germe une société fracturée, faite de classes sociales qui se croisent sans se connaître. Soyons honnêtes : cette ségrégation participe de la construction d’une société toujours moins fraternelle. Certains prétendent porter dans leur cœur la devise de notre République : Liberté, Égalité, Fraternité. Mais ne nous payons pas de mots quand les actions visent en fait au Déterminisme, Inégalité et Égoïsme. L’école que nous construisons aujourd’hui est le terreau de la société de demain. Sa mixité est essentielle pour une société tolérante et juste.

Par ailleurs, la mixité sociale à l’école est certainement une mesure de justice sociale. Comme comprendre en effet que les établissements privés sous contrat, bénéficient de l’aide de la collectivité quand il s’agit de payer leurs professeurs, mais échappe aux devoirs de la collectivité quand il s’agit d’accueillir tous les enfants ?
Nous sommes donc très inquiets sur Paris. Tout d’abord, par le fait que les établissements privés sont *tous* classés parmi les mauvais élèves de la mixité sociale. Et ensuite, par le fait que le nombre d’élèves scolarisés dans le privé ne cesse d’augmenter à Paris, pour atteindre plus de 40% cette année. C’est plus qu’alarmant.

Alors que faire ?
Nous devons bien sûr agir pour rendre plus attractifs les établissements publics. Mais ce combat est perdu d’avance si nous laissons prospérer par ailleurs la concurrence faussée avec les établissements de l’entre-soi.

Il nous semble donc important aujourd’hui de lutter pour réduire la part du privé sur Paris. Nous proposons plusieurs mesures.
Tout d’abord, créer un observatoire des inégalités sociales sur Paris. Cet outil nous permettrait d’avoir les données nécessaires et objectives, et d’énoncer des préconisations pour lutter contre ce fléau. Nous nous réjouissons que l’exécutif valide cette demande dans son vœu et nous reviendrons bientôt dans ce conseil avec des propositions concrètes pour sa création.

Par ailleurs, le rectorat va proposer des mesures afin de favoriser la mixité scolaire dans les collèges. Il nous semble important que ces mesures concernent tous les établissements, publics comme privés. Pour ce faire, nous demandons à ce que les établissements qui ne respectent pas les règles de mixité sociales soient placés hors contrat. En effet, si la collectivité finance des établissements, elle doit être légitime à imposer des règles. Nous demandons que la Ville agisse auprès de l’État pour faire respecter cette règle.

Soyons clairs : la société que nous léguons à nos enfants a bien besoin d’une école publique, condition peut-être pas suffisante, mais certainement nécessaire.

Publié le

28 septembre 2016

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