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" Deux ans après l’aménagement des rythmes éducatifs à Paris, un état des lieux politique du périscolaire s’impose "

Intervention d’Emmanuelle Becker sur le lancement de la mission d’étude et d’information sur le péri-scolaire en séance du Conseil de Paris du 28, 29, 30 septembre et 1er octobre 2015

Madame la Maire, Madame la présidente du Groupe « les républicains »,

Deux ans après l’aménagement des rythmes éducatifs à Paris, un état des lieux politique du périscolaire s’impose. Et comme vous l’avez mentionné dans votre lettre, madame la Maire, la mission d’information et d’évaluation est l’outil idéal pour réaliser cet état des lieux dans un climat serein, sur un sujet complexe.

Au sein de même de ce conseil, mais également dans la communauté éducative, la réforme des ARE a suscité de nombreux débats. Sa mise en place assez brutale a fait l’objet de vives critiques dans cette assemblée. Des critiques qui venaient de la part des différents groupe de la majorité, y compris du notre.

Notre position était claire. Nous voulons un périscolaire de qualité pour tous les enfants, et nous pensons que le seul moyen d’y arriver est d’en confier sa responsabilité et son organisation à l’Etat, et non pas aux collectivités. C’est pour nous la seule garantie de l’égalité de l’accès aux savoirs et à l’épanouissement pour tous.

Malheureusement, les arguments que nous avons formulés deux ans auparavant tiennent toujours, et sont même plus que jamais d’actualité. Partout en France, le périscolaire entraîne de grandes difficultés pour les communes, qui se voient chargées d’une nouvelle responsabilité, mal compensée financièrement. La qualité des ateliers et leur coût d’accès dépend des marges de manœuvre des villes, qui sont de plus en plus maigres dans ce contexte de baisse des dotations.

La loi de refondation de l’école n’est malheureusement pas à la hauteur des défis qui sont aujourd’hui posés à notre éducation. Je l’ai dit précédemment au nom de mon groupe, lors du débat organisé sur la rentrée scolaire, les moyens ne sont pas à la hauteur des besoins. Un plan d’urgence pour l’école, pour renforcer l’éducation des enfants, sur le temps scolaire comme périscolaire devient indispensable.

A un certain point, Les enfants parisiens sont relativement chanceux, car les marges de manœuvre de la ville ont permis de mettre en place une réforme d’ampleur. Pour répondre aux difficultés des rythmes éducatifs, un service public important du périscolaire existe à Paris, et nous ne pouvons nier les efforts déployés par la ville en la matière.

Nous avons pu constater le recrutement massif d’animateurs, dont le mouvement de déprécarisation se poursuit. Les errements de la mise en place tendent à s’atténuer. Mais ce mouvement doit s’accompagner d’une véritable professionnalisation de cette filière, tant dans la formation que dans les statuts et les contrats.

C’est pourquoi, deux ans après cette mise en place, il est important de faire un bilan d’étape, pour garantir aux petits parisiens le meilleur périscolaire possible. Un état des lieux qualitatif et quantitatif précis, une information sur les acquis gagnés et ceux encore à conquérir, qui portera à la connaissance des élus de ce conseil comme l’ensemble des parisiennes et des parisiens les données de cette question complexe.

Et si nous pensons que cette responsabilité doit incomber à l’Etat, les enfants ne doivent pas être les victimes d’une loi que nous jugeons incohérente et injuste. Ce service public parisien du périscolaire est maintenant bien présent dans notre ville, et il faut désormais veiller à son bon fonctionnement. C’est pourquoi notre groupe participera à cette mission, pour laquelle nous formulerons quelques remarques.

Premièrement, cette mission devra entendre l’ensemble des acteurs concernés par cette réforme. Les animateurs, bien entendu, mais également les enseignants, les parents d’élèves, les atsem. Tous ceux qui participent au bon fonctionnement de cette réforme doivent être entendus, leurs remarques et revendications doivent être écoutées.

Deuxièmement, Il est de voir si la qualité des ateliers est la même pour l’ensemble du territoire parisien. Cette réforme se doit de réduire les inégalités, et donner à tous les enfants les moyens de s’épanouir et de découvrir de nouveaux horizons. Une politique cohérente à l’ensemble du territoire, et des objectifs clairs, partagés avec l’ensemble des acteurs est indispensable pour arriver à ce but.

Chers collègues, j’en conclus en formulant l’espoir sincère que cette mission se déroulera en ayant en permanence à l’esprit l’intérêt public et la réussite des enfants parisiens. Beaucoup de personnes sont concernés par la façon dont sont organisés les rythmes éducatifs à Paris, et les préconisations qui émergeront de cette MIE sont fortement attendues.

Elle doit donc être menée avec le plus grand sérieux et la plus grande responsabilité, et ne pas être une tribune pour des expressions politiques qui n’ont rien à voir avec l’accueil des enfants. Les relents nauséabonds qui se font sentir aux détours de formulations de votre lettre, madame la présidente du groupe UMP, ont tendance à nous inquiéter à ce sujet. Mais nous espérons qu’au fil des nombreuses auditions qui nous attendent, l’intérêt public saura venir à bout des effets de communications plus ou moins élégants.

Je vous remercie.

Publié le

28 septembre 2015

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