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Dénomination Denise Ginollin

Nicolas Bonnet Oulaldj intervient pour rendre hommage à Denise Ginollin, militante communiste du 12 ème arrondissement, résistante et déportée en 1943. Au sortir de la seconde guerre mondiale, elle est élue députée à Paris entre 1945 et 1951.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire,
Mes cher-es collègues,

Nous allons aujourd’hui réparer un oubli de l’histoire. Nous allons demander à ce qu’une rue porte le nom de Denise Ginollin dans le nouveau quartier Paul Valery.

Oui un lieu qui marque notre souvenir et la reconnaissance que nous devons avoir pour cette femme militante communiste et élue députée par 3 fois dans l’arrondissement qui l’a vu naître.

Denise Ginollin née Églantine Reydet est née en 1906 dans le 12 ème. Elle arrête tôt ses études. En 1935 elle entre à « Paris France » comme sténodactylo.

Elle prend, en parallèle, des responsabilités au sein de la jeunesse communiste et à la section femme du Parti Communiste Français.

Elle vit avec enthousiasme les belles heures du Front Populaire. Ces qualités d’organisatrice sont repérées comme on dit à l’époque.

A la défaite et à l’occupation de Paris elle reste membre d’un Parti désormais clandestin et persécuté dès la déclaration de guerre en septembre 1939.

Son nom est associé à une page sombre de l’histoire de notre parti qui a commis l’erreur de demander aux autorités allemandes la parution du journal l’Humanité.

Elle obéira par fidélité et cette opération échouera car les instances communistes internationales condamneront la démarche et la direction clandestine du parti fera porter à certains camarades cette erreur.

Denise portera en elle toujours cette blessure. En 1947 elle est l’objet d’une violente altercation à la Chambre des Députés. Elle est traitée de traitre. Bon nombre de ceux qui l’accusent n’ont pourtant pas le quart des états de service de Denise Ginollin qui réorganise le Parti puis participe activement à la résistance.
Elle est arrêtée à Nantes en 1943 et déportée à Ravensbrück et Mauthausen.

Comme sa camarade Marie Claude Vaillant Couturier elle est l’une des femmes déportées qui sont élues à l’assemblée en 1945.

Elles n’étaient que 33 à cette époque et majoritairement sur les bancs communistes.

Pendant 3 mandats jusqu’en 1951 elle représentera Paris et son 12 ème arrondissement à la Chambre des Députés.

Ces interventions à l’époque sont principalement tournées vers les besoins immédiats de l’après-guerre.

« Des familles ont faim et froid » s’écrira-t-elle au cours d’un débat en 1947. Alors que deux ans après la guerre le rationnement tant en nourriture qu’en charbon exaspère les populations modestes.

Oui le souci du quotidien était essentiel pour Denise Ginollin. Ancrée dans ce quartier, dans le Paris populaire elle militera toute sa vie pour la justice, la paix et le progrès social.

Je suis heureux et fier que notre arrondissement reconnaisse les valeurs de cette femme si normale et pourtant au destin exceptionnel.

Ce sont les circonstances qui font les femmes et les hommes d’exception. Denise Ginollin restera dans nos mémoires et dans nos cœurs l’une des 33 députées de 1945.

33 pionnières qui depuis heureusement se sont multipliées sur tous les bancs. Tant grâce à la volonté de certains partis comme le nôtre le PCF mais aussi grâce à la loi sur la parité.

Je pense que nous aurions plus vite atteint cet objectif en faisant une loi qui se baserait sur des listes à parité dans un scrutin proportionnel.

Je vous remercie.

Publié le

31 janvier 2017

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