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Dénomination Maya Surduts

Près d’un an après sa mort, Raphaëlle Primet rend hommage à Maya Surduts. Elle avait fait de la lutte pour les droits des femmes son combat essentiel. Mais elle n’oubliait jamais de relier le combat féministe et le combat social et politique. Elle avait le racisme et l’antisémitisme en horreur.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire,
Mes chers collègues,

Près d’une année que l’on n’entend plus la voix inimitable de Maya, cette voix rauque et belle.

Cette voix qui depuis tant d’année à harangué les foules. Peu importait à Maya le nombre de manifestant-es quand la cause était juste, Maya était là.

Oratrice bien sûr, organisatrice aussi. Elle portait la voix des femmes partout où cela était nécessaire, dans les cortèges mais aussi dans les réunions ministérielles. Elle ne changeait pas de ton et ne laissait rien passer.

Toutes ses amies, ses compagnes de lutte, ses camarades gardent d’elles cette image d’intégrité et de justesse. Elle avait le sens de la formule et ne se laissait jamais désarçonner.

Maya avait fait de la lutte pour les droits des femmes son combat essentiel. Mais elle n’oubliait jamais de relier le combat féministe et le combat social et politique. Elle avait le racisme et l’antisémitisme en horreur.

Ses prises de positions étaient attendues, ses réactions étaient craintes et les différentes Ministres en charge des droits des femmes doivent toutes se souvenir de son ton et de sa justesse. « Elle ne lâchait rien » comme on dit.

Elle était impatiente et ne comprenait pas les tergiversations de tel ou tel. Les petits pas n’étaient pas une stratégie, pour elle, c’était tout, tout de suite. « Les femmes ont trop attendu » disait-elle souvent.

Alors oui, le droit à la contraception, à l’IVG, la lutte contre le viol, les violences faites aux femmes, le machisme ambiant, le sexisme lattant, voilà quels étaient ces combats.

Une féministe qui a su faire une passerelle entre celles issues de mai 68 et les jeunes recrues qui ont trouvé d’autres voies, d’autres modes d’expression que le MLAC ou le MLF des années 70.

Malgré ses colères légendaires, elle n’avait de cesse que les femmes se réunissent et mènent des combats communs : la CADAC et le CNDF sont à mettre à son actif.

Maya c’est aussi un destin de femme. Cette juive lettone, diplômée de russe qui a vécu en Afrique du Sud, aux États Unis et à Cuba posera finalement ses valises à Paris, mais aucune lutte de femmes dans le monde ne lui était indifférente.

Communiste, profondément anti stalinienne, elle sera longtemps une dirigeante de la ligue communiste révolutionnaire, elle rejoindra le front de gauche mais gardera toujours son indépendance d’esprit et sa parole libre.

Elle était notre vigie. Elle nous manque. Tant de choses restent à faire, tant de droits à conquérir.

Non continuerons de nous battre en pensant à elle et nous nous promènerons sur cette allée nichée dans le Paris populaire qu’elle affectionnait tant.

Je vous remercie

Publié le

31 janvier 2017

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