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Dénomination Victoz "Young" Perez

A l’occasion de ce voeu portant sur la dénomination d’un gymnase porte de Vincennes, Nicolas Bonnet Oulaldj rappelle le destin hors-norme de celui qui s’était baptisé Victor "Young" Perez et l’importance des dénominations de bâtiments publics dans le travail de mémoire.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire, mes cher-es collègues,

1911, Tunis ; 1945 Gliwice en Pologne. Ces simples références suffisent à entrevoir un destin à la fois exceptionnel et terriblement ancré dans son époque. Un destin qui commence dans le quartier juif de la Hara à Tunis, qui se poursuit dans le Paris des années 30, celui du jazz, de la boxe et des mondanités, et qui finit tragiquement dans les camps de la mort.

Ce destin, c’est celui d’un jeune boxeur surdoué, champion du monde à 20 ans.

Mais c’est aussi celui d’un jeune homme qui en 1943, alors que les rafles se multiplient, est dénoncé, arrêté et interné à Drancy. Il sera déporté à Auschwitz et y côtoiera Primo Levi et Alfred Nakache.

En 1945, il est l’un des 31 survivants parmi les 1000 personnes avec qui il a été déporté.
Alors qu’il est forcé à prendre part à l’une des marches de la mort qui suivent l’évacuation du camp, il est fusillé.

Déjà en 1997, l’INSEP, rendait hommage à cet homme et à cet immense champion en baptisant sa salle de Boxe la salle « Victor Young Perez » et en apposant une plaque sur laquelle est écrit : « À la mémoire de Young (Victor) Perez, grand sportif français, champion du monde poids mouches de boxe en 1931 à l’âge de vingt ans, victime des lois raciales du gouvernement de Vichy, Juif déporté le 7 octobre 1943 à Auschwitz, assassiné par les nazis le 22 janvier 1945. »

Par cette délibération qui propose de baptisé le futur gymnase de la Porte de Vincennes, nous nous inscrivons dans le souvenir de sa mémoire.

Je vous remercie

Publié le

31 janvier 2017

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