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JO 2024 : Une candidature sobre

Dès le début du projet olympique, nous nous sommes engagés dans une candidature sobre financièrement. Avec 145 millions d’euros d’investissement prévus sur 7 ans en cas de victoire de notre ville, nous respectons cet engagement.
Nicolas Bonnet a rappelé une exigence, qu’une charte sur les conditions de travail - déjà mise en place en 2012 - soit prise en compte dans le projet actuel. Paris doit être exemplaire.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet.

Madame la maire,

Le 1er et 2 octobre prochains, le président du C.I.O., Thomas BACH, sera en visite officielle à Paris. L’accueil et le message que nous lui adresserons aura une grande importance pour la suite. Notre unité autour du projet et la capacité à donner un souffle nouveau à l’olympisme est très attendue. Paris peut être le lieu de résurgence d’un idéal collectif universel, soucieux de laisser un héritage au monde entier.
D’ailleurs, ce que nous venons de porter collectivement, en termes d’humanisme et de solidarité autour de l’accueil des réfugiés, est un atout tout comme notre engagement à respecter les accords de Paris en matière environnementale après la COP 21. La reconquête des berges de la Seine et la possibilité de se baigner dans notre fleuve sont aussi un atout.

Nous pouvons également incarner la voix de celles et ceux qui veulent bâtir la paix dans le monde. D’ailleurs, l’Association des Maires pour la Paix dont nous sommes adhérents, avec un réseau de 7.000 villes et 160 pays, organisera en 2017 une conférence internationale à Tarragone en Espagne, sur le thème "l’olympisme et la paix".

En avril 2015, je le disais ici même, l’avenir des Jeux Olympiques dépendra de la manière dont les forces du progrès dans le monde seront capables de l’inscrire plus étroitement dans la logique de la Déclaration universelle des droits de l’homme, vers plus de démocratie, de paix et de justice sociale.

Le 7 octobre prochain, nous déposerons le deuxième volet de candidature de Paris aux Jeux olympiques, qui concerne la gouvernance, les aspects juridiques et le financement de notre projet.

Dès le début du projet, nous nous sommes engagés dans une candidature sobre et nous l’avons respectée. C’est un des aspects les plus sensibles. Nous entendons, ici et là, les inquiétudes d’une candidature dispendieuse. Nous répondons factuelle ment par la démonstration d’une dépense maîtrisée.

Le budget hors comité d’organisation s’élève à 3 milliards, dont 1,5 milliard d’investissements publics auxquels contribuent l’ensemble des acteurs publics impliqués dans le projet de candidature. Nous sommes très éloignés des Jeux de Londres, qui ont coûté 11 milliards de dollars, ou des Jeux de Rio, qui approchent 12 milliards de dollars.

La part pour Paris s’élève simplement à 145 millions d’euros, une somme exclusivement consacrée à la construction d’équipements sportifs comme la piscine olympique, la modernisation de la piscine de Marville, aux sites d’entraînement, à l’extension de Bercy ou au stade Pierre de Coubertin et au village olympique. Si Paris est désignée Ville hôte, il restera 7 ans pour réaliser cet investissement de 145 millions, soit un peu plus de 20 millions par an.

Je vous rappelle que le budget de notre ville avoisine les 8 milliards d’euros par an. On parle donc ici de 0,25 % de notre budget, alors que l’on parlait de 145 millions d’euros, pardon, de 240 millions d’euros pour la Canopée et de 380 millions d’euros pour la Philharmonie.

Je vous rappelle aussi que les recettes des Jeux seront entièrement reversées au développement du sport. Contrairement à certains, je pense d’ailleurs que nous n’investissons pas assez dans les équipements sportifs.
Aujourd’hui, le budget national consacré au sport est ridicule : 0,14 %. C’est l’occasion de relancer la mobilisation sur le financement du sport à hauteur de 1%, avec une loi olympique qui pourrait parfaire la description de notre mobilisation sur la place du sport en France et les conditions de son financement.
Par ailleurs, investir dans le sport, c’est participer à la relance de l’économie, à la création d’emplois.

Lors de son audition au Sénat, Mme la Maire a évoqué la création de 250.000 emplois. Très bien. Quel type d’emplois ?

C’est pour cela que j’ai une demande ici, une demande et une exigence : qu’une charte sur les conditions de travail, qui avait été mise en place sous l’impulsion de Bernard THIBAULT lors de la candidature de 2012, soit prise en compte dans le projet actuel, comme d’ailleurs c’est le cas du partenariat avec W.W.F. sur l’environnement.
Paris doit être exemplaire sur le travail décent, à partir des conventions fondamentales de l’O.I.T. Cela signifierait que tous les acteurs économiques partenaires de notre candidature respectent les principes de l’O.I.T., notamment la responsabilité sociale des entreprises, et que les travailleur migrants et détachés jouissent des mêmes droits et avantages que ceux exposés dans notre pays.
Enfin, les enseignements de Rio démontrent que les transports en commun seront déterminants.

Je pense à l’importance des projets de liaison entre les sites et l’aéroport, desservis par les futures lignes de métro 14, 15 et 17, et par le R.E.R. B et D. Il est regrettable, je finirai par-là, que certains, comme le Secrétaire d’Etat en charge des transports, Alain VIDALIES, essaie de crédibiliser le projet de Charles de Gaulle Express, contesté par la population et les parlementaires de tous bords, en utilisant et instrumentalisant la candidature de Paris aux Jeux Olympiques. Le seul et unique trajet qui permettra de desservir les sites olympiques, c’est bien le R.E.R. B et l’ensemble des lignes de métro dont j’ai parlé.

Je terminerai sur l’implication citoyenne, qui est la condition sine qua non de la qualité de notre projet. A l’initiative de mon camarade Sergio TINTI, nous avons lancé les Comités citoyens de suivi de la candidature, dont le premier est né dans le 19e arrondissement. Cette idée est importante, elle doit suivre la concertation populaire, nous l’accueillons favorablement, notamment la volonté de verser 15 millions d’euros au sein du budget participatif.

Je vous remercie.

Publié le

28 septembre 2016

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