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Discours lors des voeux 2016 du groupe

Nicolas Bonnet Oulaldj
président du groupe

Cher-es ami-es et camarades,

Je vous souhaite, à tous ainsi qu’à vos proches une bonne année 2016 qui nous fasse un peu oublier l’année 2015 et son cortège d’horreur.

On croit pouvoir formuler des vœux une fois par an en début d’année. Et bien non ! Au Conseil de Paris nous formulons des vœux tous les mois et cette année ce sont 160 vœux que nous avons déposés et défendus. La grande majorité de ces vœux ont été essentiellement un soutien à celles et ceux qui luttent et que nous souhaitons honorer ce soir.

Malgré la chape de plomb qui est tombée sur notre pays, nous voulons mettre en avant celles et ceux qui n’ont de cesse de dénoncer le profit, la rentabilité immédiate, la précarisation généralisée, la casse de l’emploi et des services publics.
Cette année nous avons soutenu les salariés des grandes enseignes qui vont devoir travailler le dimanche, les enseignants et les parents mobilisés pour une école de qualité, les salariés de Grésillon et leurs amis qui rêvent d’une ville où l’on continue de travailler dans l’industrie.

Nous n’oublions pas la lutte des agents du service public de la poste, de la RATP mais aussi les agents de la ville des services de la propreté, des crèches, de la protection de l’enfance et de la prévention spécialisée.

Tout comme nous sommes fiers d’avoir été aux côtés des réfugiés venus des pays en guerre et des mineurs isolés.

Aujourd’hui nous dénonçons l’inacceptable mis au ban des criminels de celles et ceux qui, par leur combat, mettent en cause les décisions patronales comme ces salariés d’Air France ou de Goodyear injustement condamnés pour leurs actions syndicales. Les criminels, ce ne sont pas les syndicalistes, si violence il y a, elle est avant tout sociale et économique. Mais il est toujours plus facile de s’en prendre aux syndicats qu’à l’exploitation capitaliste.

Etre élu-es communistes c’est quotidiennement réaffirmer sa solidarité au monde du travail et c’est chercher des solutions pour l’amélioration des conditions des salariés. C’est se battre pour une société plus juste et plus humaine libérée de l’argent roi.
Je vais donner la parole aux salariés d’OMS qui se battent depuis des mois pour que l’on reconnaisse leur dignité et leurs acquis. Ils posent la question de la sous-traitance et de la responsabilité du donneur d’ordre en particulier lorsqu’il s’agit d’une entreprise publique.

Je propose à Graziella Rosso de me rejoindre au micro. Nous avons aussi voulu que la lutte des salariés de l’APHP ait sa place dans notre cérémonie. Car elle met en avant la résistance à ceux qui veulent mettre à bas les 35 heures et par le biais de la restructuration de l’APHP réduire l’offre de soins dans notre ville.

Et pour conclure cette première partie, je donne la parole à Pascal Gabay salarié de la Monnaie de Paris.


Cher-es amis et camarades,

Nous vous avons invité ce soir, autour d’une phrase : « Ensemble nous gagnerons la paix ».

S’il y a bien un combat à gagner cette année, c’est celui de la Paix, alors que se sont amoncelés les nuages porteurs de grêles sur nos têtes depuis un an.

Ces menaces de 2015 ont pour nom : guerres, terrorisme, état d’urgence, politiques sécuritaires, déchéance de nationalité et montée du Front national.

Nous avions dit que la sécurité des français était nécessaire mais nous avons aussi dit combien il était important de comprendre comment nous en sommes arrivés là, que l’on s’attaque aux racines du mal, à cette société qui divise, qui exclue que certains veulent nous imposer.

Notre devise n’est pas un slogan, elle s’incarne dans ce que la France et Paris ont su crée de plus beau et de plus généreux. À l’image de la réaction du peuple de Paris qui a su spontanément se rassembler place de la République le soir même des premiers attentats et qui a abouti à la manifestation historique du 11 janvier de l’année dernière. A l’image de la solidarité dont les parisiens ont fait œuvre au soir du 13 novembre, en ouvrant leurs portes aux victimes, aux inconnus comme leurs frères et sœurs, ou en se pressant dès le lendemain pour donner leur sang.

Ces valeurs, elles s’incarnent dans l’état de droit et la justice plutôt que dans les politiques d’exception.

Elles s’incarnent dans le message que la France doit délivrer au monde en étant aux côtes des palestiniens et des israéliens pacifistes.

Elles s’incarnent dans la solidarité avec les Kurdes et les démocrates en Turquie qui affrontent un état obscurantiste et va-t’en guerre.

Elles s’incarnent auprès des réfugiés qui fuient la guerre et son cortège de malheur.
Oui, la culture de Paix doit être au centre des projets en direction des plus jeunes et ce, dès l’école.

Certains nous reprochent de nous servir du Conseil de Paris comme d’une tribune à l’ONU. Mais comme l’a si bien dit Victor Hugo : « quand on s’attaque à Paris on s’attaque au monde ». Nous considérons, nous communistes que la parole de Paris a un écho dans le monde entier.

N’oublions jamais que c’est dans les moments les plus difficiles de l’histoire que ce sont révélés les femmes et les hommes qui pensaient déjà au monde d’après.
Je pense par exemple à Henri Barbusse, prix Goncourt en 1916 pour « le Feu », à Albert Einstein Prix Nobel de physique, et des socialistes, de l’époque, qui défendent la Paix alors que le canon tonne sur Verdun. Cette année du centenaire de la bataille de Verdun, dont mon arrière-grand-père est revenu, sera commémorée avec ampleur.
Un lieu recensant les noms des 91 000 soldats parisiens morts pendant la grande guerre verra le jour dans notre ville et il faut remercier Catherine Vieu Charier pour son rôle actif dans cette belle initiative et tout le travail de mémoire qu’elle fait pour les parisiens.

Nous l’avons dit et redit, les réponses que le gouvernement apporte à la lutte contre le terrorisme sont en grande partie inefficaces. Elles ne s’appuient pas sur le nécessaire rassemblement du peuple mais au contraire, elles sèment la suspicion et la division entre nous, filles et fils de France.

Que l’on soit né ici ou ailleurs on est français, nous devons avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Dès ces prémices, nous avons porté un vœu qui condamne la déchéance de nationalité et nous nous félicitons qu’il ait été soutenu par la Maire elle-même et la majorité de gauche du conseil.

Nous serons de toutes les mobilisations et actions avec toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas de la constitutionnalisation de l’état d’urgence et qui refusent que l’on crée un statut de français de seconde zone.

La République est grande quand elle est généreuse, quand elle protège tous ses enfants pas quand elle les divise. La République ne peut pas se réduire à un « patriot act », à un appel au drapeau bleu-blanc-rouge et à chanter la Marseillaise. La République doit se vivre en acte et jamais nous ne nous laisserons voler notre identité ou nous imposer une autre que celle que le peuple a construit par ses luttes.

La Marseillaise dont nous allons fêter le 220ème anniversaire est le chant de ceux qui ont conquis le palais d’hiver en 1917, il a été celui susurré par les fusillés du Mont Valérien où les femmes résistantes qui l’ont entonné en franchissant le portail d’Auschwitz.

Nos emblèmes nationaux comme notre devise ou notre hymne doivent rappeler ces pages-là de notre histoire, pas celles d’une France frileuse et angoissée, xénophobe que certains nous dessinent et qui n’a pour but que d’installer notre pays dans la peur et la régression démocratique.

2016 doit nous permettre d’écrire une nouvelle page de notre histoire qui aura pour nom progrès, égalité, justice.

Cette année nous fêterons aussi le 80 ème anniversaire du Front Populaire moment essentiel de notre histoire collective dont le slogan simple et efficace était « le pain, la paix, la liberté ». Nous devons profiter de cet anniversaire pour mettre en lumière les grandes conquêtes sociales et démocratiques du front populaire. Non pas pour avoir l’œil dans le rétroviseur mais pour dire que lorsque l’on est uni sur l’essentiel, on peut faire bouger des montagnes.

1936, c’est aussi le début de la guerre d’Espagne et l’engagement de milliers de militants dans les brigades internationales. J’en profite pour saluer mes amis de la FSGT, car au moment s’organisent les JO de 36 à Berlin, des militants de la FSGT s’organisaient pour réaliser les Olympiades populaires à Barcelone et beaucoup finiront par s’engager aux côtés des républicains espagnols.

Ce sont les idées de 36 et du Front Populaire qui ont en grande partie irrigué la réflexion des auteurs du programme du Conseil National de la résistance qui verront il y a 70 en 1946 éclore ses premières réalisations : nationalisations, sécurité sociale et acquis sociaux et démocratiques.

A ce titre, le groupe organisera une initiative pour l’anniversaire de la création d’EDF autour des enjeux d’énergie et de garantie du service public.

Alors oui s’il faut parler de la France, c’est celle que Ferrat chante dont il faut nous rappeler… pas celles des va-t’en guerre. C’est celle de la Commune et pas des versaillais, comme vous le savez à notre initiative la station de métro Belleville s’appellera désormais « Belleville - Commune de Paris 1871 ».

Sur le chemin de notre identité de parisien il y a aussi ces manifestations meurtrières d’Octobre 61 et celle de Charonne, qui ont retenti comme un appel à la Paix en Algérie et contre le colonialisme.

Il nous faut connaître notre histoire répète inlassablement Benjamin Stora, non pas pour la ressasser mais pour nous éclairer sur notre avenir et éviter que l’on répète les erreurs d’hier.

Alors quand le Président Hollande parle de guerre il le fait à dessein. Il sait que cette formule va semer la peur et l’angoisse et que la tétanie peut gagner notre peuple. Car la guerre par le passé comme aujourd’hui permet de faire passer un grand nombre de mesures de régressions sociales comme la modification du code du travail.

Il fait le pari que le maintien de l’état d’urgence pèsera sur les capacités de résistance des salariés. Nous ne devons pas tomber dans ce piège et continuer de parler de notre ennemi à tous « la finance » et le capitalisme.

Regardons les choses en face, la principale question à laquelle nous sommes confrontés c’est la défiance vis-à-vis de la politique et des élus. Notre premier objectif est de redonner confiance aux citoyens et redonner confiance en la politique. Pour cela il va falloir se battre aux cotés de celles et ceux qui luttent, pour que leur luttes deviennent des victoires, pour retrouver la voie d’une politique d’émancipation. Ce n’est pas acceptable que 1% détiennent les richesses et 99% n’aient rien. Oui nous devons parler des richesses et des propriétés. Comme nous l’avons fait à chaque débat budgétaire, plutôt que de parler d’économie, parlons de répartition des richesses, nous parlons d’investissement et de développement du service public.

Nous continuerons à dénoncer les licenciements et les profits faramineux, nous continuerons à dire qu’il faut s’attaquer à l’évasion fiscale et à « l’uberisation » de la société. Dénoncer ces entreprises qui ne paient pas ou si peu l’impôt en France. On peut citer ici, Airbnb par exemple, les locataires d’une nuit des catacombes !

Il faut saluer ici l’action de Ian Brossat qui au-delà de ses actions pour plus de logements sociaux dans notre ville, 7 400 cette année, c’est un record, il s’attaque à celles et ceux qui détournent la loi sur les meublés touristiques pour en faire une véritable source de profit largement sous imposée.

Si certains veulent prendre la Grande Bretagne comme exemple qu’ils disent la vérité sur une société où la précarité est la règle. Où la flexibilité c’est de pouvoir faire venir un salarié travailler une heure. C’est dire que tout le monde doit être auto entrepreneur et louer son travail sans contrat en payant soit même ses cotisations.

Et à chaque fois que le gouvernement va dans ce sens, le MEDEF en réclame plus, il veut carrément la disparition des CDI comme il rêve à l’abandon des accords collectifs. C’est le retour de l’exploitation sans partage.

Oui en matière de droit du travail c’est la liberté qui opprime et la loi qui protège. Défendons le code du travail et battons-nous pour qu’il y ait plus de moyens à l’inspection du travail.

Mais dans le même temps il nous faut nous battre sur un autre front celui de la société machiste et patriarcale dans laquelle nous vivons. Ce combat Hélène Bidard le mène à la fois dans les écoles, dans les crèches, avec les femmes parisiennes et du monde. Elle mettra tout en œuvre pour que recule la prostitution et l’exploitation des femmes, en particulier au moment de l’Euro 2016. Faut-il le rappeler ce ne sont pas les prostituées, les coupables mais bien ceux qui les exploitent et les méprisent. Vivement que la loi soit votée afin que les politiques d’aide à la sortie de la prostitution puissent de développer. Paris saura être au rendez-vous dans ce juste combat pour une égalité réelle entre femmes et hommes.

Il en est de même dans le domaine de la lutte contre les discriminations en proposant l’expérimentation du récépissé pour faire reculer les contrôles au faciès ou en aidant les associations LGBT à voir se concrétiser leur centre d’archives.
Toutes ces actions ne seraient pas possibles si nous n’avions pas des adjoints des élus du conseil de Paris ou d’arrondissement qui agissent au quotidien dans leurs délégations ou par leurs interventions pour que la politique menée à Paris soit bien marquée à gauche.

Nous pouvons être fiers d’avoir obtenu 2 milliards d’investissement dans les quartier populaires grâce à Jacques Baudrier et la réorientation d’une partie du budget participatif dans ces mêmes quartiers grâce à Danièle Premel, au maintien voire au développement des actions dans les quartiers en politique de la ville grâce à Didier le Reste, à la démultiplication des actions autour des évènements sportifs, à la relance des Offices des Sports grâce à Sergio Tinti, à la prise en compte des aspirations des jeunes eux-mêmes dans la politique municipale grâce à Emmanuelle Becker et la pertinence de nos propositions en matière d’environnement grâce à Jean Noel Aqua, au soutien à toutes les causes justes dans le monde grâce à Raphaelle Primet, aux questions sociales et aux plus démunis grâce à Hervé Bégué.
Enfin cette année sera pour nous le moment de la concrétisation de deux de nos engagements de campagne.

D’abord la réalisation concrète de halles alimentaires à Paris, dossier piloté par Fanny Gaillanne avec les élus du 10e et 14e arrondissement.

Le second engagement qui verra le jour en 2016 est la création du conseil des générations futures dont la préfiguration a été pilotée par Didier Le Reste.
Cette année nous serons comme depuis le début de notre mandat de toutes les luttes et de toutes les mobilisations auprès des salariés parisiens.

Nous agirons dans le cadre de nos délégations pour que le « Paris pour toutes et tous » que nous avons défendu entre dans la réalité. Telle est notre boussole.
Mais pour encore mieux le faire connaître aux habitantes et habitants de notre ville nous avons tous les élus du groupe décidé d’un vaste porte à porte et d’une permanence itinérante, avec notre journal, dans les quartiers de notre ville qui connaissent le plus fort taux d’abstention et le plus haut résultat du front national.
Ici à Paris comme à la Métropole, comme à la Région avec Céline Malaisé notre élue communiste parisienne qui est désormais la présidente du groupe à la Région, nous n’aurons de cesse de mettre en pratique nos engagements et surtout faire en permanence l’aller-retour entre les parisiennes et les parisiens et les institutions qui les représentent.

Il n’y aura d’avenir pour notre démocratie que si nous élargissons le cercle de celles et ceux qui délibèrent et de celles et ceux qui décident.

Oui la politique est l’affaire de toutes et tous et pas seulement des professionnels de la profession.

Merci pour votre attention et bonne année à toutes et tous.

Publié le

14 janvier 2016

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