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Donnons la parole aux éducateurs de la prévention spécialisée

Fanny Gaillanne est revenue sur les nouvelles conventions de la prévention spécialisée parisienne pour 2016/2018 et les répercussions qu’elles vont entrainer pour les associations et les publics suivis. Le groupe communiste-Front de Gauche a ainsi demandé qu’à l’avenir, les éducateurs de la prévention spécialisée soient associés aux discussions entre la Ville et leurs employeurs.

Retrouvez l’intervention de Fanny Gaillanne.

Madame la Maire, mes chers collègues,

J’interviens à la suite de Nicolas Bonnet pour revenir sur la mise en application de ces nouvelles conventions et sur ce que cela va entrainer pour la prévention spécialisée à Paris.

Je commencerais déjà par le Centre de Paris. Il est évident que ce quartier a énormément changé depuis 20 ans. La population qui habite aujourd’hui dans le Centre de Paris n’est plus du tous la même qu’il y a 20 ans. Les classes populaires, dans ces quartiers-là, ont très largement été rejetées vers la périphérie. Mais il n’en demeure pas moins que de très nombreux jeunes, qui n’habitent pas forcément le quartier, le fréquentent pourtant quotidiennement, comme c’est le cas autour de la fontaine des innocents à Chatelet. D’où la nécessité d’analyser le territoire au-delà des données qui concernent les habitants domiciliés dans ce quartier. Le profil et les difficultés sociales que ces jeunes rencontrent justifient pleinement le maintien de la prévention spécialisée à cet endroit. Nous regrettons d’ailleurs qu’il n’ait pas été possible de maintenir l’association la Clairière aux abords de la gare Saint Lazare, un espace qui attire lui aussi de nombreux jeunes en difficulté. Le glissement des missions sur ce territoire nous questionne également. A la lecture de la convention nous remarquons que la Ville n’attend plus de l’association qu’elle remplisse une mission de prévention spécialisée, comme elle continue pourtant à le demander à toutes les autres associations parisiennes, mais plutôt qu’elle joue un rôle de « médiation sociale et prévention jeunesse dans l’objectif de prévenir les situations de marginalisation et de contribuer à la tranquillité publique ». Cette formulation nous laisse craindre que dorénavant la protection de l’enfance ne soit plus le cœur de métier de cette équipe, ce que nous regrettons.

Pour poursuivre, je souhaiterais souligner l’ampleur des évolutions que vont entrainer ces nouvelles conventions dans le tissus associatif.

Nous voyons déjà que le Département financera moins de postes rattachés aux fonctions supports et moins de postes d’encadrant. Nous connaissons les contraintes budgétaires auxquelles la Ville fait face mais nous pensons qu’il ne faut négliger l’importance de ces postes qui, même s’ils n’interviennent pas directement auprès des jeunes, sont néanmoins nécessaire pour garantir que le travail des éducateurs soit mené dans des conditions optimales. En réduisant la dépense sur ces postes, nous pensons que cela peut faire peser des risques sur la qualité des accompagnements.
Nous notons également que ces conventions vont obliger, par la force des choses, à des fusions associatives, comme c’est le cas dans le 12e arrondissement, ou vont considérablement modifier les modes de fonctionnement interne, comme c’est le cas pour l’association Jeunesse Feu Vert. Nous touchons là à une question sensible, le respect du fait associatif. Il faudrait selon nous que l’exécutif et les services prennent le temps de mieux se concerter avec les associations quand les décisions modifient à ce point leurs organisations. C’est en partie l’objet du vœu que nous avons déposé sur cette délibération. Il nous semblerait aussi pertinent de veiller à associer les salariés eux-mêmes à ces discussions tant nous avons pu voir que le degré de partage de l’information est différent d’une association à l’autre. Récemment, les éducateurs de la prévention spécialisée parisienne se sont fortement mobilisés au sein d’un collectif pluraliste. Ils étaient notamment présents en nombre lors de la présentation du schéma départemental de la protection de l’enfance pour justement montrer leur attachement à ce secteur d’intervention particulier et souvent incompris. Les associer aux discussions futures entre les services et les dirigeants associatifs, pourrait selon nous qu’enrichir les échanges en ajoutant un point de vue particulier et une connaissance fine des problématiques de terrain.

Je vous remercie

Publié le

18 décembre 2015

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