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Du budget participatif à la démocratie réelle

Tribune de Nicolas Bonnet Oulaldj

Dans la période du 24 septembre au 1er octobre 2014, les parisiennes et les parisiens vont être consultés pour décider, parmi un choix de 15 projets différents, lesquels doivent être mis en place en en priorité. A l’issue de ce vote, les 5 projets ayant recueilli le plus de suffrages seront intégrés au budget 2015 de la ville de Paris.
A partir de l’année prochaine et de l’élaboration du budget 2016, les parisiennes et les parisiens pourront présenter eux-mêmes des projets d’investissements, et le budget participatif représentera 5 % du budget d’investissement de la ville, soit 426 millions d’euros sur le mandat 2014 – 2020.

Une plateforme internet dédiée a été créée pour recueillir les suffrages des parisiennes et des parisiens, en plus d’urnes installées dans les mairies d’arrondissement et d’autres lieux publics.

L’instauration de ce budget participatif est une très bonne nouvelle pour la démocratie parisienne. Les parisiens vont pouvoir prioriser les actions exécutées par la municipalité, et un va-et-vient permanent entre les habitants, les élus et l’administration parisienne va se créer tout au long du mandat.

Le groupe communiste salue la mise en œuvre rapide par la Maire de Paris de cet engagement fort du programme de la majorité municipale. C’est un appel aux parisiennes et aux parisiens à prendre l’aspect et les projets de notre ville en main, à regagner de l’intérêt pour la cause publique en dehors des périodes de campagne électorale.

C’est un projet particulièrement salutaire en cette période de crise de la représentativité politique.

La pratique des budgets participatifs a tout d’abord été expérimentée à Paris par un élu membre de notre groupe, Jacques Baudrier, alors qu’il était adjoint chargé de la voirie à la mairie du vingtième arrondissement. L’intégralité du budget de la voirie était alors soumise au vote des participants des assemblées citoyennes. Cette initiative a été prolongée lors de la mandature suivante et étendue au domaine des espaces verts.

Les communistes ont été à la pointe des démarches de démocratie participative. Rappelons Morsang-sur-Orge, une des premières villes à instaurer un budget participatif en France, ou les initiatives des villes comme Bobigny et ses « parlons franchement » et à l’action du conseil général du Val-de-Marne.

Les élus communistes ont compris très tôt que le champ des décideurs politiques devait être élargi, au niveau local comme au niveau national, et que la représentation politique devait se faire dans un dialogue permanent avec les habitants. La tendance au « merci d’avoir voté pour nous, on se revoit dans six ans » est incompatible avec la conception du PCF de l’engagement de l’élu local.

La participation des citoyens est un élément essentiel pour renforcer notre démocratie. Elle va permettre aux résident-e-s étrangers, parisiennes et parisiens qui font également vivre la ville, d’avoir une prise sur l’orientation politique de leur collectivité, en l’absence d’une loi qui faisait pourtant partie des engagements de François Hollande.

Le groupe communiste salue donc la mise en place de cet engagement de campagne, et souhaite d’ores et déjà que la démarche s’amplifie dans les années à venir.

Nous souhaitons que dès l’an prochain, les propositions formulées par les habitants soient toutes estimées de façon approfondie, au même titre que celles formulées par un adjoint. Cela est prévu pour les années à venir, mais nous serons vigilants son application concrète.

Ensuite, nous pensons que toutes les questions budgétaires doivent être soumises à la participation des citoyens. Cela passe par un montant plus important alloué à ce budget participatif, mais aussi par la consultation des parisiennes et des parisiens sur des questions politiques de fond, comme par exemple les orientations du budget, les moyens à la disposition de notre collectivité pour mener à bien les projets qu’elle engage, où son intégration à la métropole du grand Paris. Ces sujets ne doivent pas être réservés à un petit groupe d’initiés, et le champ des décisionnaires doit être également élargi sur ces sujets. C’est pour nous un défi majeur à relever pour Paris.

Enfin, si nous voulons qu’une part du budget, que nous souhaitons voir se développer au fil du temps, soit allouée à la décision et à la force de proposition des parisiennes et des parisiens, nous devons nous battre pour que le budget global de notre ville soit préservé. La pression du gouvernement exercée sur les collectivités, qui rend nos budgets incertains et son bouclage de plus en plus compliqué, nuit à la part donnée à la démocratie participative.

La politique austéritaire du gouvernement tend à toucher tous les aspects de l’action publique locale, et nous devons protéger notre budget également au nom de ces nouvelles avancées démocratiques.

Nous nous félicitons de la mise en œuvre d’un conseil économique, social et environnemental parisien, regroupant entre autres habitants, élus, syndicalistes et chercheurs pour trouver des solutions politiques issues de la participation pour le bien public parisien, et nous réjouissons que notre camarade Didier le Reste soit en charge du pilotage de sa mission de préfiguration.

Je serai bien évidemment présent aux côtés d’Anne Hidalgo à la réunion publique de présentation du budget participatif le mardi 16 septembre, à 18h30 à la maison des associations du douzième arrondissement, et vous donne rendez-vous à la fête de l’Humanité le Dimanche 14 septembre à 14h pour le Débat « Du budget participatif à la démocratie réelle » Avec Catherine Baratti-Elbaz, Maire du XIIe arrondissement de Paris, Pauline Véron, Adjointe à la Maire de Paris, Danièle Prémel et Jacques Baudrier, conseillers de Paris membres du groupe communiste Front- de gauche.

Retrouvez les projets du budget participatif et participez au vote du 24 septembre au 1er octobre 2014 !

Nicolas Bonnet Oulaldj
Président du groupe Communiste - Front de Gauche

Publié le

16 septembre 2014

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