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Soutien au commerce et l’artisanat

Le contrat de revitalisation du commerce et de l’artisanat est un bouclier pour préserver notre spécificité face aux grandes enseignes dont l’implantation a orienté la création des zones touristiques internationales et qui fait du mal au commerce de proximité. Notre vœu rattaché a été adopté, il inclut une part de projets de fabrication industriels et artisanaux et la mise en place du label « Fabriqué à Paris » d’ici à la fin de l’année 2016.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj

Madame la Maire,

Par la vitalité du commerce et de l’artisanat, notre ville bouge, invente, elle est un vivier de savoir-faire et incarne un mode de vie à part. Tout cela fait partie du patrimoine de Paris, reconnu et apprécié dans le monde entier. Je pense à celles et ceux qui font notre quotidien ; les boulangers, les primeurs, les libraires, les restaurants, les cafés, les maisons de la presse, à toutes celles et ceux qui font vivre Paris et font sa richesse.

Le contrat de revitalisation du commerce et de l’artisanat est un bouclier pour préserver notre spécificité face à la mondialisation et au lissage économique et culturel, face au développement des grandes enseignes franchisées et des magasins sans identité propre, interchangeables d’une ville à l’autre. C’est un bouclier face à l’hégémonie culturelle des grandes enseignes dont l’implantation a largement orienté la création des zones touristiques internationales, qui commence déjà à faire du mal au commerce de proximité.

Beaucoup de commerces dans le 18eme arrondissement subissent déjà le contrecoup de l’ouverture dominicale. Ces petites structures, qui n’ont pas les moyens de tenir les amplitudes horaires et journalières, auront besoin, à terme, de notre aide en faveur du commerce indépendant de proximité.
Ce décret qui transforme en Zone Touristique Internationale le quartier « Cour Saint – Emilion », qui n’a rien d’international ni de touristique, alors que dans le même périmètre, plusieurs centaines de commerçants et artisans, installer dans la gare inférieure et supérieure de la Rapée, s’inquiètent de leur avenir au regard leurs baux précaires et ne demandent qu’à développer leurs activités dans la future ZAC, toute en relevant les défis environnementaux en utilisant le potentiel des voies ferrées en proximité direct.

Vital’ Quartiers, qui a largement démontré sa pertinence depuis sa création en 2004, atteste de la necessité de ne pas laisser la loi du marché comme unique système. L’intervention publique par le droit de préemption urbain pour acquérir des locaux contient les effets de la spéculation, et permet à des petits commerces et entreprises indépendantes de rester à Paris. Il permet de lutter contre la mono-activité et d’installer la mixité.

Le gouvernement s’est largement inspiré du succès de Vital’ Quartiers pour mettre en place au niveau national, dans le cadre de la loi PINEL, les contrats de revitalisation du commerce et de l’artisanat, et nous nous en félicitons.

Nous pensons qu’il faudra, à moyen et long terme, l’élargir à l’ensemble des périmètres de Vital’ Quartier, comme par exemple le quartier Gare du Nord – La Chapelle dans le 10e arrondissement.

Ce contrat doit être également un levier pour relancer la fabrication. Après une longue période de déclin, l’industrie parisienne a muté et ne demande qu’à reprendre de l’ampleur.

En approuvant le rapport et les préconisations de la mission d’information et d’évaluation sur le thème du « fabriquer à Paris » au conseil de septembre, nous avons approuvé le principe de relancer la confection de produits dans notre ville.
Nous vous proposons aujourd’hui de traduire ces propositions en actions concrètes.
D’abord en renforçant la mixité des usages des locaux en incluant dans nos projets d’aménagement de nouveaux projets de fabrication. Les avancées technologiques comme l’imprimante 3D, les découpes lasers, ou encore l’esprit du Fab lab permettent d’implanter de nouvelles formes de fabrication non polluante et non bruyante, une production qui cohabite avec les bureaux et les habitations.

Il est également temps de promouvoir l’artisanat et le commerce avec la création du label « Fabriquer à Paris ». Un label porteur d’éthique, qui protège le savoir-faire, qui met en avant les circuits courts et la traçabilité des produits.

Les retombées de ce label ne seront que positives. Il mettra en valeur le produit, informera mieux le consommateur sur sa qualité, et protégera les fabricants contre la concurrence déloyale et les contrefaçons.

Autre préconisation de la MIE "fabriquer à Paris", ce contrat est l’occasion de mettre en place un système de garanties de loyers pour des entreprises aux projets novateurs qui s’engagent sur l’emploi. Le « louer solidaire » du commerce, de l’artisanat et de l’industrie, aidera à la création d’entreprises, et permettra à ceux qui s’engagent en faveur de l’emploi d’avoir les moyens de se lancer.

Je terminerai par une réflexion issue du rapport de la MIE :

"Que cela peut-il bien signifier sur le plan symbolique pour un touriste chinois de rentrer chez lui avec comme souvenir de Paris une Tour Eiffel ayant été fabriquée dans son propre pays ?" Cette question va bien au-delà du produit lui-même, elle concerne la fabrication à Paris comme un enjeu culturel et sa capacité à projeter de la culture dans le monde entier.

Publié le

23 novembre 2015

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