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L’Etat doit maintenir ses engagements pour l’accueil des réfugiés

Paris créé un centre humanitaire pour les réfugiés

Après deux ans de lutte acharnée, de la Halle Pajol au lycée Jean Quarré en passant par le métro Stalingrad et la caserne de Château Landon, la création de ces deux centres d’accueil est une victoire. L’État doit maintenant tenir ses engagements en s’engagent à héberger et à régulariser les réfugiés qui ont rejoint la France au péril de leur vie.
Aussi, nous appelons les arrondissements de l’ouest parisiens à prendre leurs responsabilités et à assurer leurs parts de solidarité.

Retrouvez l’intervention de Fanny Gaillanne

Madame la Maire, mes chers collègues,

En votant cette délibération, nous rendons honneur à Paris et à la France. Car dans notre histoire, notre ville et notre pays ont su briller par leur solidarité, par leur capacité à accueillir les plus vulnérables et ceux qui étaient en danger dans leur pays.

Avec ce projet, nous nous engageons à accueillir dans des conditions dignes, dès leur arrivée dans notre ville, des hommes, des femmes et des enfants qui ont fui la guerre et la misère. Ces personnes sont arrivées ici au terme de voyages souvent épouvantables. Beaucoup ont perdu des proches durant ces longs mois, ballotés entre des réseaux de passeurs qui font commerce de vies humaines et des conditions climatiques qui ne laissent pas leur chance à ceux qui traversent les mers dans des embarcations de fortune. Voilà pourquoi il est de notre devoir d’accueillir ces personnes de la meilleures des manières. Voilà pourquoi nous ne devons pas laisser ces personnes dormir sur un morceau de trottoir. Nous pouvons être fiers du rôle que nous jouons aujourd’hui et du chemin parcouru depuis l’apparition des premiers campements dans Paris.

Je rappellerais qu’il a fallu plus de deux ans de lutte acharnée pour convaincre l’État de rompre avec la logique inhumaine qu’il applique depuis plus d’une dizaine d’années. Encore aujourd’hui, certains pensent qu’il faudrait rendre impossible la vie des migrants afin de dissuader leurs compatriotes de suivre le même chemin. Toute amélioration des conditions d’accueil, toute nouvelle distribution alimentaire, toute nouvelle prise en charge sanitaire risquerait de créer des « appels d’air ». Que n’a-t-on entendu cette expression dans la bouche de soi-disant responsables politiques et du Ministère de l’Intérieur. Il y a longtemps que nous voulons briser cette logique, ce cercle vicieux qui a entrainé la catastrophe humanitaire des campements.
Notre volontarisme politique a poussé la Ville de Paris à intervenir sur des politiques de solidarité qui répondent normalement de l’entière compétence de l’État. La Ville ce projet sur l’investissement et le fonctionnement. C’est positif du point de vue de la prise en charge des migrants mais extrêmement inquiétant du point de vue institutionnel. Pour avoir une action humaniste, il faut donc forcer la main de l’État, l’obliger à ouvrir des centres d’accueil tout en l’aidant sur le plan financier. Paris peut se permettre d’aller aussi loin, mais beaucoup de villes ne le peuvent pas.

Pourtant, il faudra bien que l’État prenne ses responsabilités. Le gouvernement a annoncé la création de 8 000 places en CAO et CADA d’ici la fin d’année, il est impératif que cet engagement soit tenu et ce malgré les blocages qui seront orchestrés par la Droite et l’extrême droite dans d’autres régions. L’Est parisien, Calais, les villes de Seine St-Denis ou de Val-de-Marne ne pourront pas à elles seules accueillir les personnes à héberger. Nous ne pourrons plus accepter les retards de l’État et l’égoïsme des élu-es locaux comme ceux du 15e ou du 16e.

Nous devons continuer nos efforts pour garantir un accueil décent à tous les migrants. Cela vaut pour le futur centre d’accueil mais y compris, sans attendre, pour les personnes qui dorment actuellement dans le 19e, avenue de Flandres. Il n’est pas normal que nous laissions des centaines de personnes dans ces conditions, sans sanitaires et sans aucun équipement pour garantir le minimum de décence pour les migrants et les riverains. Les habitants de l’Est parisien font preuve d’une grande générosité, ils le prouvent chaque jour. Ne les désespérons pas en refusant de gérer ces campements et en laissant les conditions d’hygiène se dégrader.

Enfin, je souhaitais rappeler que nous défendions la solidarité par tous et pour tous. Nous tiendrons bon sur le centre d’accueil pour SDF du Bois de Boulogne. Les quartiers de l’est de Paris accueillent les habitants les plus modestes, ils accueillent aussi des populations en très grandes difficultés comme les familles roms. Il faut aussi que les quartiers bourgeois de l’ouest de Paris, comme dans le 16e arrondissement, assurent leur part de solidarité. Nous tiendrons tête aux élu-es qui jouent avec le feu en attisant les haines. Nous savons d’ailleurs que nous ne sommes pas seuls et que de nombreuses associations comme le secours catholique se tiennent à nos côtés dans ce combat quotidien.

Publié le

28 septembre 2016

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