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Fanny Gaillanne sur les marchés parisiens " nous voulons que l’alimentation saine et durable soit accèssible à tous"

Intervention en séance du conseil de Paris des 15, 16, 17 et 18 décembre 2014

Madame la Maire, mes chers collègues,

Nous avons aujourd’hui à statuer sur l’augmentation des redevances dont les commerçants de nos marchés découverts doivent s’acquitter auprès des gestionnaires.
Je partirai d’un premier constat : les prix pratiqués en matière d’alimentation à Paris sont très élevés, que ce soit dans les commerces couverts ou dans les marchés découverts à quelques rares exceptions près. Le coût de l’alimentation pour les parisiens n’est pas un mince sujet : car en plus de sommes affolantes dépensées chaque mois pour pouvoir se loger, les dépenses d’alimentation dans Paris sont particulièrement élevés. Ce sujet n’est pas abordé frontalement par notre collectivité et pourtant il y a là un sujet majeur de la vie quotidienne des parisiennes et des parisiens. Je ne compte plus autour de moi les personnes, en familles ou isolées, qui m’avouent réduire drastiquement leurs achats alimentaires, qui n’achètent plus de viande depuis bien longtemps et qui comptent chaque euro dépensé. Le résultat est sans appel, lorsque l’on a des revenus modestes nous devons nous contenter de produits peu chers, souvent de mauvaise qualité et qui pour certains d’entre eux recouvrent même une certaine dangerosité pour notre état de santé.

C’est la raison pour laquelle le groupe communiste-Front de Gauche souhaite que nous menions une réflexion de fond sur l’alimentation saine, durable et accessible à tous. La question du prix de vente est sans doute la plus importante à nos yeux, tant les filières bio ou équitable se sont longtemps structurées en faisant totalement l’impasse sur le prix de vente. Je note d’ailleurs que cette situation est en train de changer. Un nombre croissant d’acteurs de ces filières, je pense à la Louve dans le 18e ou à l’association Kelbongoo dans le 20e arrondissement, prennent conscience de l’enjeu du prix de vente au consommateur, et lancent des projets ambitieux en direction des quartiers populaires et de leurs habitants.

Ce constat étant posé, nous devons logiquement nous poser la question de l’origine de ce surcout de l’alimentation dans Paris. Il me parait donc légitime de se demander quel sera l’impact de l’augmentation des droits de places sur le prix de vente pratiqué sur ces marchés découverts. En la matière je ne suis pas convaincu que les droits de place aient une forte incidence sur la détermination du prix de vente sur ces marchés et je m’en explique.

En faisant un calcul très rapide : un primeur présent 7 jours sur 7 sur un marché et disposant d’un stand de 5 mètre linéaires, s’acquitte chaque année d’une redevance de 7300€ environ toute taxe compris. Avec l’augmentation prévue par cette délibération, le coût passera à 7 500€ environ. En comparaison, un primeur qui dispose de locaux commerciaux à l’intérieur de Paris va devoir s’acquitter d’un loyer qui va s’approche de 90 000€ par an. Les charges liées à la surface de vente de ce dernier seront 12 fois plus élevés que pour le primeur des marchés. Et pourtant, nous ne constatons pas qu’il y ait un écart de 1 à 12 sur les prix de vente.

Bien entendu, cette démonstration est bien trop simpliste pour rendre réellement compte des contraintes de chacun de ces commerçants mais elle a au moins le mérite de nous éclairer sur le fait que la détermination du coût de vente des produits alimentaires n’est pas forcément corrélé au montant des droits de place.

C’est la raison pour laquelle nous voterons cette délibération. En revanche, vous l’aurez bien compris, nous pensons qu’il est urgent de mener une réflexion de fond sur le coût et la qualité de l’alimentation, dans l’intérêt des parisiennes et des parisiennes. Je sais les groupes de la majorité aussi sensible que nous à cette problématique. Le groupe communiste-front de Gauche proposera donc dans les jours à venir la création d’une Mission d’Information et d’Evaluation sur le thème de l’alimentation saine et durable pour tous qui permettra de mener une réflexion de fonds et d’aboutir à des préconisations.

Je vous remercie.

Publié le

16 décembre 2014

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