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Hommage à Andrée Delbos

Hommage rendu en séance du Conseil de Paris du 10 décembre 2012, par Emmanuelle Becker au nom du Groupe Communiste et élus du Parti de gauche.

Monsieur le Maire, chers collègues,

Quand j’ai commencé à militer dans le 13e arrondissement, un nom parmi quelques-uns revenait sans cesse, celui d’Andrée Delbos. Le nom d’une femme qui avait incarné pendant plusieurs décennies les luttes et les revendications de ces quartiers populaires parisiens – et qui continuait à les incarner. Une femme que j’ai appris à connaître, une véritable élue de Paris, qui s’est spontanément investie quand notre parti m’a désigné candidate dans son arrondissement, sur son ancienne circonscription. Déjà âgée, elle n’a pas ménagé sa peine, ni son enthousiasme pour me faciliter la tâche.

Car Andrée Delbos était comme cela. Généreuse, déterminée. Elle était restée une militante, communiste. Après cinquante ans de vie publique, elle était toujours proche des habitants, proche de leurs préoccupations, combattant avec la même abnégation pour plus d’égalité et plus de justice.

Née dans le Doubs, à Morteau, le 14 décembre 1928, Andrée Delbos était secrétaire dactylographe. Membre du Parti Communiste Français, elle est pour la première fois élue Conseillère municipale dans le 13e arrondissement en 1965. Réélue en 1971 et 1977, elle voit la transformation des quartiers populaires parisiens, les grands bouleversements de la ville des années 70 et 80. Fidèle à ses convictions, Andrée Delbos travailla notamment dans les commissions dédiées au travail, à la question alors nouvelle du chômage, mais aussi dans les commissions dédiées à la Famille ou à l’Assistance Publique.

Elue de terrain, elle connaissait le mélange complexe et vivant qui fait l’identité d’une rue ou d’un quartier. Elle savait les revendications que l’on ose et celles que l’on n’ose pas, les doutes, les aspirations.

Deux fois suppléante aux législatives de 1967 et 1968, elle fut également candidate en 1981. Sans jamais s’éloigner des luttes, elle laissa alors progressivement la place à une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques. Vice-Présidente déléguée de l’Amicale des Anciens Conseillers, elle continua à militer pour le peuple de Paris, pour le 13e arrondissement, pour le Parti Communiste Français. Femme politique à une époque qui n’en comptait pas tant, élue de terrain convaincue, Andrée Delbos vient de nous quitter.

Femme de cœur et de conviction, elle manque déjà à ses camarades du Front de Gauche dans le 13e arrondissement. Elle manque aux habitants du quartier, elle nous manque à tous. Je veux lui témoigner encore une fois mes pensées les plus fraternelles, je veux lui redire nos engagements communs d’hier et de demain.

Une dernière fois, merci, Andrée.

Je vous remercie.

Publié le

10 décembre 2012

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