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Hommage à Olga Bancic

En présence de Serge Mouradian et Michel Kachkachian, des présidents et représentants des associations des anciens combattants et des déportés, de l’ARAC, de l’ANACRA, de l’UNDUG et l’UNC 13e, un hommage a été rendu à Olga Bancic le 10 mai 2014 au 114 rue du Château dans le 14eme arrondissement.

Membre du Parti Communiste Français, Figure de la résistance, engagée dans le groupe de résistance armée « FTP- MOI » (Franc-Tireurs et Partisans de la Main d’œuvre Immigrée) dirigé par Missak Manouchian, elle fut la seule femme des 23 interpellés et jugés du "groupe Manouchian" executée le 10 mai 1944, il ya 70 ans.

Le discours de Nicolas Bonnet lors de la cérémonie :

Hommage à Olga Bancic
Le 10 Mai 2014

Madame la Maire,

Messieurs les Présidents et représentants des associations des anciens combattants et des déportés, de l’ARAC, de l’ANACRA, de l’UNDUG et l’UNC 13e,

Cher-es Camarades, cher-es ami-es,
Mesdames, Messieurs,

Il y a exactement 70 ans, les nazis mettaient fin à la vie d’une noble héroïne. Trainée devant un billot dressé sur une place de Stuttgart, le bourreau abat sa hache sur le coup de Olga Bancic le jour de ses 32 ans.

Juive, roumaine, immigrée en France pour fuir le fascisme, elle prendra toute sa place dans les rangs du parti communiste Français et engagera toutes ses forces dans la résistance.

Jamais elle n’inclina son visage devant les bandits tueurs des peuples. Jamais elle ne cessa de lutter. Elle est morte fièrement pour que l’abominable régime fasciste ne puisse triompher ni en France ni en Europe.

Olga Bancic est devenue le symbole des femmes et jeunes filles étrangères engagées dans la Résistance en France. En 1995, la Ville de Paris lui a rendu hommage en apposant une plaque à sa mémoire sur un des murs du carré des fusillés du cimetière d’Ivry, juste derrière les tombes de ses camarades de combat, Missak Manouchian et Marcel Rayman. Le 26 octobre 1999, sa mémoire fut à nouveau honorée par le Conseil supérieur de la mémoire, avec celle de quatre autres personnalités célèbres : Jean Moulin, Félix Éboué, Pierre Brossolette et Jacques Trolley de Prévaux.

Le 4 juillet 2013, Le Maire de Paris avec son adjointe à la mémoire, notre camarade Catherine Vieu Charier, a décide d’apposer cette plaque là où elle vivait et concrétise un projet porté par Serge Mouradian et Michel Kachkachian, tous deux membres de l’ANACRA.

Cet hommage sera suivi et renforcé par une seconde initiative, la même année avec l’inauguration d’un square le 4 octobre 2013, au 34 rue Godefroy Cavaignac dans le 11e arrondissement.

Olga, nous a quittés il y a 70 ans, elle aurait eu aujourd’hui 102 ans, dans un monde et une Europe où la guerre est toujours présente, ou la bête immonde peut ressurgir à chaque instant. Cette initiative en mémoire d’Olga, nous invite à être vigilent car le fascisme est toujours là caché derrière ses masques. Le combat d’Olga est toujours d’actualité.

L’essentiel du message de son combat est celui de la paix et de la fraternité, celui d’une Europe des peuples. Des piliers essentielles de notre démocratie que nous défendrons bec et ongles.

Olga été d’origine roumaine, nait à Chisinau, aujourd’hui capital de la république de Moldavie.

Lorsque vous croisez aujourd’hui dans les rues de Paris ces femmes, ces hommes, ces jeunes qui sont stigmatisés parce que venu des pays de l’est, vivant dans la plus grande misère qui soit, pourchassé hier encore par la police au coeur du 10e arrondissement ou sujet d’une directive d’éviction dans le 6e arrondissement.

Regardez les droits dans les yeux, et rappelez vous que ceux qui ont libéré notre pays sont autant roumains, polonais, hongrois, italiens, espagnols, arméniens, juifs, communistes, issus de la main d’oeuvre immigrées, ceux sont nos frères amoureux de vivre et morts pour la France.

Des étrangers combattants, pour la libération de la France, traqués, arrêtés et torturés par des policiers au service de l’occupant étranger.

N’oublions pas que ces combattants étrangers étaient pour beaucoup très jeunes, voir des gamins sans aucune expérience, et sans les structures et l’encadrement mis en place par les communistes comme les FTP-MOI, ils n’auraient peut –être jamais vu venir les jours heureux.

N’oubliez pas qu’ils se sont battus pour des droits mis en oeuvre à la libération comme la sécurité sociale, la retraite, pour le développement des services publics de l’énergie, des transports, de la santé... toutes ces avancées sociales portées par le programme du CNR.

Ils ont mené un combat, bien sur militaire, mais l’essentiel de ce combat fut d’abord et avant tout politique. A nous de le prolonger aujourd’hui.
La résistance n’est pas une histoire d’homme, elles furent nombreuses à s’engager dans la résistance, elles furent nombreuses à être arrêtés, torturées, déportées, assassinées.

Olga Bancic était chargée de l’assemblage de bombes et divers engins explosifs, de leur transport à destination et également du convoiement d’armes destinées aux opérations, armes qu’elle récupère après chaque opération pour les mettre en lieu sûr.

Olga Bancic, malgré des tortures ignobles ne lâchera rien.

Olga n’a pas été fusillé avec ses camarades du groupe Manouchian, elle n’apparait pas sur l’affiche rouge car dans l’idéologie hitlérienne, une femme ne mérite pas une balle !

Nous devons tous nous incliner devant tant de courage, d’audace et de souffrance.
Mesure-t-on encore aujourd’hui ce que représentait les sacrifices pour celles et ceux, qui comme Olga ont confié leurs enfants à des proches ? L’amour de leurs enfants était une raison supplémentaire de leur engagement. Elles avaient un espoir inconditionnel en l’avenir de la France libre fraternelle, et socialement juste.
Avant d’être exécutée, Olga fit parvenir à la Croix-Rouge le 9 mai 1944 la lettre à sa fille Dolorès Jacob, qui avait à peine 5 ans.

Dans laquelle elle lui écrit ces quelques mots qui restent gravés dans l’éternel :
«  Mon amour, ne pleure pas, ta mère ne pleure pas non plus. Je meurs avec la conscience tranquille et avec toute la conviction que demain tu auras une vie et un avenir plus heureux que ta mère. Tu n’auras plus à souffrir. Sois fière de ta mère, mon petit amour... ».

Publié le

23 mai 2014

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