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Hommage à Xavier Jugelé

Lors de la séance extraordinaire du Conseil de Paris en mémoire de Xavier Jugelé, gardien de la paix assassiné sur les champs Elysées le 20 avril, Nicolas Bonnet lui rend hommage.

À l’unisson de notre conseil extraordinaire de ce jour, mes premières pensées vont à Xavier Jugelé ce gardien de la Paix de 37 ans qui est tombé sous les balles d’un fanatique sur les Champs Élysées dans la nuit du 21 avril, aux blessés qu’ils soient membres des forces de sécurité ou touriste, à leurs familles, et à l’ensemble des fonctionnaires de police.

En ce moment solennel, je voulais exprimer au nom de mon groupe, notre soutien, toute notre solidarité et notre fraternité à la famille, aux amis et collègues de Xavier Jugelé.

Les fonctionnaires de police, gendarmes, militaires, pompiers et autres agents des forces publiques assurent notre sécurité au quotidien, n’oublions jamais qu’ils sont l’un des piliers de notre République, de notre liberté.

Ils sont les garants de la Paix et de nos droits fondamentaux.

Ils et elles connaissent les « risques du métier » comme on le dit parfois un peu rapidement, mais il est du devoir de tout gouvernement de leur donner les moyens de nous protéger et de se défendre.

Je tiens à saluer la riposte efficace et très professionnelle des fonctionnaires présents sur place qui ont neutralisé très rapidement le terroriste, évitant ainsi d’autres victimes. Comme cela avait déjà été le cas à la pyramide du Louvre et à l’aéroport d’Orly.

La réaction immédiate des parisien-nes et des commerçant-es qui ont mis à l’abri de nombreuses personnes est elle aussi à saluer.

Ce lâche attentat avait un triple objectif : toucher des fonctionnaires de police, peser sur les élections présidentielles et notre démocratie, et frapper un lieu hautement touristique, pour avoir une résonnance internationale.

Nous avons appelé dès le lendemain les parisiennes et les parisiens à ne pas se laisser gagner par la peur. Les parisiennes et les parisiens ont fait la démonstration en se rendant massivement aux urnes, qu’ils n’avaient pas peur et qu’ils choisissaient la Démocratie comme rempart contre le fanatisme religieux et l’obscurantisme.

Une nouvelle fois les parisiennes et les parisiens ont montré au monde entier que nous ne nous sommes pas laissé impressionner par ceux qui veulent abattre notre Démocratie et notre mode de vie.

Une nouvelle fois après les attentats contre Charlie, l’hyper casher et le Bataclan nous avons montré que nous sommes et resterons debout face à ceux qui veulent abattre la République.

Loin du repli sur soi et de la haine, notre République n’a jamais eu autant besoin d’un souffle nouveau pour plus de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité. Nous en avons-nous même la responsabilité.

Le deuil n’a pas effacé les inquiétudes, la colère et les revendications des fonctionnaires de police et de leurs familles.

Il convient après plus de 18 mois d’état d’urgence de réfléchir aux missions et à l’exposition des policières et des policiers à des actes, tels que ceux que nous avons connus ces derniers jours. Il faut que leur soit donné les moyens d’exercer correctement leurs missions.

Comme à chaque fois qu’au nom de mon groupe, j’ai eu à m’exprimer après de tels drames, je rappellerai que nous ne devons jamais céder à la peur.
Nous devons faire confiance en la dignité et en la solidarité des agents, des citoyennes et citoyens de notre ville. C’est ainsi que nous ferons que s’éloigne peu à peu les menaces. Ceux qui nous ont frappés veulent notre division et espèrent une quasi guerre civile dans notre pays.

Ne tombons pas dans ce piège. Le débat politique mérite mieux que ces coups de menton.

Alors si certains font le choix de la haine et de l’amalgame, de la tension et de la peur, nous nous sommes et serons toujours du côté de la démocratie et de la Paix qui restent les meilleurs antidotes à celles ceux qui ne veulent que la guerre et la dictature.

Le mot de gardien de la Paix prend tout son sens quand on évolque la personnalité de Xavier Jugelé. Le livre de condoléances ouvert par la Préfecture nous donne à lire des témoignages émouvants sur ce policier.

« Jamais je n’oublierai la belle personne que tu étais » écrit un de ses amis. « C’était un garçon volontaire, dynamique, enthousiaste, proche des gens » le décrit le président de l’association Flag des policiers lgbt auquel Xavier Jugelé appartenait.

Mais ce sont ses phrases à lui que nous devons garder en mémoire, celles qu’il a prononcé sur la BBC le soir de la réouverture du Bataclan, où il revenait pour la première fois après le 13 Novembre : « Je suis heureux que le Bataclan ait rouvert. Je veux célébrer la vie et dire non au terrorisme ».

« Restons tous dignes et veillons à la Paix et gardons la Paix » tel était ce matin le message d’Etienne Cardilès son compagnon.

Souvenons-nous.

Je vous remercie.

Publié le

26 avril 2017

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