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Hommage aux soldats de 14-18

Cette délibération portée par notre adjointe Catherine Vieu-Charier,chargée de la Mémoire et du Monde Combattant - Correspondant Défense, permettra la réalisation d’un monument aux morts virtuel. Nicolas Bonnet Oulaldj est intervenu pour saluer cet hommage aux soldats morts durant la guerre 14-18. Il a rappelé que nous avons le devoir de contribuer à la transmission de l’histoire et que ce monument est un hommage aux hommes mort à la guerre et non à la guerre elle-même.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire,
Mes cher-es collègues,

« Ce ne sont pas des soldats, ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine - bouchers ou bétail. Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu’on reconnaît dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés. Ils sont prêts. Ils attendent le signal de la mort et du meurtre ; mais on voit, en contemplant leurs figures entre les rayons verticaux des baïonnettes, que ce sont simplement des hommes. »

Ainsi Henri Barbusse décrivait ses compagnons dans le roman le Feu, un des livres qui relate le mieux le sort des soldats pendant la guerre 14 18.

Oui nous haïssons la guerre, celle-là comme toutes les autres, mais est-ce pour autant nous ne devons pas nous incliner devant ceux qui sont mort pour une guerre qu’ils n’avaient pas voulu.

Cette boucherie qui coûta la vie à des millions de français, d’allemands, de russes, d’américains, d’anglais, de soldats venus des colonies continue de faire partie de notre présent.

Beaucoup d’entre nous dans cet hémicycle ont perdu un arrière-grand-père un grand père même. Aucune famille n’a été épargnée.

Que la ville de Paris, le Ministère de la Défense et l’Université se soient mis ensemble pour travailler à ce monument virtuel est une belle et grande chose.
Il permettra de retrouver trace de celui dont la photo jaunie orne encore parfois le salon des appartements des plus anciens.

Il utilise les moyens les plus modernes afin de faciliter les recherches de celles et ceux qui veulent retrouver trace de l’un de leurs allieuls.

Nous avons le devoir de contribuer à la transmission de l’histoire dans ces contradictions.

C’est aux historiens qu’il appartient d’expliquer et de mettre en perspective cette guerre de 14 dans un monde d’alors où les nationalismes étaient exacerbés, où l’antisémitisme suintait dans les pages de journaux ayant pignon sur rue, où la haine des pacifistes n’avait d’égal que la haine de classe.

C’était un autre monde mais sachons nous inspirer de ces leçons alors que s’amoncèle tant de nuages dans le monde d’aujourd’hui, porteurs de grêle et de guerre.

Nous soutenons avec enthousiasme cette initiative et bien entendu nous soutenons l’initiative de jean Bernard Bros notre collègue afin que le Monument virtuel n’oublie personne, y compris ceux qui ont été fusillé pour l’exemple en 1917.

La nation leur a rendu en 1997 un hommage, enfin, alors que sur de nombreux monuments aux morts ils n’avaient pas eu leur nom.

Ce monument est un hommage aux hommes mort à la guerre pas à la guerre elle-même.

Car comme le disait encore Barbusse :
“Ce serait un crime de montrer les beaux côtés de la guerre, même s’il y en avait !”

Je vous remercie.

Publié le

19 février 2016

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