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INTERVENTION SUR L’ATTRIBUTION D’UNE AIDE HUMANITAIRE DE 500 000 €, EN DIRECTION DES HABITANTS DE GAZA

INTERVENTION D’ALAIN LHOSTIS

A nouveau, nous revenons devant le Conseil de Paris pour débattre de l’aide aux populations du Moyen-Orient après des destructions importantes causées par des actes de guerre dont la plupart des victimes sont civiles. Cette fois-ci, c’est encore la population palestinienne, celle de Gaza qui paie un lourd tribut à la suite des bombardements de l’aviation et de l’intervention terrestre israéliens.

Aujourd’hui, personne ne peut nier l’ampleur des dégâts humains et matériels. Un débat récurrent est revenu à nouveau sur le thème : qui porte la responsabilité de la reprise des combats ? Cela est sans intérêt. La paix ne pourra s’installer de façon durable que si les résolutions de l’ONU sont enfin respectées, notamment la 1397 de 2002, qui rappelle ce qui était prévu dès 1948 : la création de deux états, un Etat israélien et un Etat palestinien.

« Rien ne justifie le terrorisme qui frappe aveuglément les populations civiles. Rien ne justifie les bombardements aériens au dessus de villes surpeuplées. Parler de légitime défense ne fait que renforcer le camp des va-t’en guerre. »

Ainsi s’exprime Shlomo Sand dans un article paru dans Télérama, cette semaine. Ce professeur à l’Université de Tel-Aviv, diplômé de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris dit aussi « qu’est-ce qui menace notre existence ? Nous avons le meilleur armement et le soutien de la première puissance mondiale ! Le monde arabe propose une paix globale sur les frontières de 1967. La dernière guerre qui a menacé l’existence d’Israël remonte à 35 ans. »

A la question : quel bilan tirez-vous de l’offensive d’Israël sur Gaza ? Il répond : « le timing électoral était parfait ! Avant les élections israéliennes et en prenant bien soin de retirer les chars à la veille de l’investiture d’Obama, Ehud Barak a planifié ce Blitz, un déluge de bombes qui ne mettait pas en danger la vie des soldats israéliens. Nous avons tué 1 300 Palestiniens, nous en avons blessés plus de 5 000, les deux tiers sont des femmes et des enfants, presque tous victimes de notre aviation. Le Hamas est-il éliminé ? Avons-nous renforcé le camp de la paix chez les Palestiniens ? »

Si l’on est partisan de la paix, ce qui est le plus urgent aujourd’hui, c’est d’apporter une aide humanitaire, comme la Ville de Paris l’a toujours fait pour les populations en difficulté, victimes de cataclysmes naturels ou de guerres. Dans l’immédiat, ce qui souvent manque le plus aux ONG sur place, c’est l’aide pour les soins, pour la santé, pour les hôpitaux. Il y déjà trois semaines, j’ai déposé un vœu proposant au Conseil d’arrondissement du 10ème de demander au Maire de Paris de faire voter par le Conseil de Paris une aide à hauteur de 500 000 €. Aujourd’hui, l’exécutif nous propose 200 000 €. Il n’y a pas, évidemment, à faire de surenchère mais la somme de 200 000 €, compte tenu des dégâts observés et du dénuement dans lequel vivaient déjà ces populations palestiniennes n’est pas à la hauteur.

Je propose donc un amendement visant à accorder 200 000 € à Médecins du Monde et 50 000 € au Secours Populaire Français. 300 000 € supplémentaires seraient également votés, permettant d’être rapidement attribués à ces deux associations ou à d’autres associations intervenant, dans les territoires palestiniens pour des actions d’aide sanitaire.

Publié le

6 février 2009