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INTERVENTION SUR L’OPERATION « NUIT CAPITALE »

INTERVENTION DE IAN BROSSAT

Monsieur le Maire, chers collègues,
Nous sommes appelés à délibérer sur l’adoption d’une convention avec l’association « Nuit vive » pour l’attribution d’une subvention de 70 000 euros.
Je me félicite de cette initiative destinée à l’organisation de l’événement « Nuits capitales » du 17 au 21 novembre prochain, avec en particulier la tenue d’un festival dédié à la nouvelle scène musicale dans différents établissements parisiens.
Il est également prévu de mettre en valeur les différents métiers de la vie nocturne, de rappeler ainsi l’intérêt économique de ce secteur qui représente 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires et les opportunités de travail qui s’y trouvent, avec 10 000 emplois directs et autant d’emplois induits et indirects.
Cette délibération s’inscrit dans le droit fil de la défense des activités festives et musicales à Paris, pour lesquelles les élus de notre Groupe sont intervenus dans notre assemblée à plusieurs reprises, notamment en proposant un vœu adopté en septembre dernier, visant l’organisation des Etats généraux des nuits parisiennes, et en obtenant en novembre dernier le financement de ces états généraux à hauteur de 30 000 euros.
Depuis quelques mois, voire quelques années, le malaise s’était aggravé entre d’un côté les acteurs de la nuit et de l’autre les autorités publiques. Le succès considérable de la pétition « Quand la nuit meurt en silence », lancée par l’association Technopol en novembre dernier, avec plus de 15 000 signatures recueillies, avait révélé au grand public la gravité de ce malaise,. Il était urgent que notre municipalité prenne ses responsabilités dans ce dossier, en partenariat avec les acteurs concernés dont Eric Labbé, initiateur de cette pétition et président de l’association Nuit Vive.
Les principales données du problème, nous les connaissons : la multiplication des fermetures administratives d’établissement musicaux et de discothèques, les difficultés à obtenir de la Préfecture des ouvertures de nuits, la pression de certains riverains et une sévérité accrue de la répression envers les établissements festifs nocturnes.
Et pour quel résultat : Paris n’a rien à gagner à devenir une ville-musée. Soulignons les conséquences négatives de cet appauvrissement d’offres festives, culturelles et musicales pour les Parisiens, qui sont tout de même, selon l’Insee, 45 % à travailler ou à sortir entre 20h et 6 heures du matin.
Dernier coup en date porté contre les activités festives à Paris : la fin des afters – qui nous a été confirmée tout récemment par la Préfecture – lors desquels les établissements qui le souhaitaient pouvaient accueillir le public jusqu’à 10h du matin, voire midi. A ceux qui croient qu’en supprimant les afters, on réglera les problèmes de bruit et de consommation d’alcool et de drogues, je répondrai que ces problèmes seront simplement déplacés. Les afters auront bel et bien lieu, mais dans les espaces privés, de manière très diffuse et sans encadrement. Les soirées informelles, les apéros facebook ne se développeraient pas à une telle vitesse s’il y avait dans notre Ville suffisamment d’établissements populaires répondant aux besoins de divertissement, de rencontres, d’échanges, d’autant plus importants en temps de crise.
A cet égard, je souhaite vivement que la Préfecture réponde favorablement aux demandes de dérogation aux horaires de fermeture à 7 h du matin des établissements recevant du public, prévus dans le décret.
L’initiative sur laquelle porte cette délibération va au contraire dans le sens d’une réhabilitation de la fête à Paris et d’un regain d’attractivité pour sa scène musicale. Nous voterons donc cette délibération.
Je vous remercie.

Publié le

10 juin 2010