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INTERVENTION SUR LA HAUSSE DES IMPOTS LOCAUX

INTERVENTION DE IAN BROSSAT

Pour la seconde années consécutive, donc, le Conseil de Paris est amenée à se prononcée sur une hausse des taux de la fiscalité locale. Ces augmentations en 2009 et 2010 ont tout particulièrement alimenté le moulin à parole UMP, depuis deux ans, sur un mode qui serait presque comique si le sujet n’était pas si sérieux. Comme vous le savez, Monsieur le Maire, vous avez été distingué à l’automne au « palmarès de la folie fiscale des régions » organisé et présenté par d’éminents représentants de droite. Une machine de guerre pour la campagne des régionales dont on a vu le formidable succès pour l’UMP. A force de prendre les électeurs pour des imbéciles, on s’expose. Le comique troupier a ses limites.

Les Parisiens savent bien que ce genre de vitupérations à trémolo est un écran de fumée. Encore un, qui témoigne au mieux d’une myopie galopante, au pire d’une tendance au travestissement de la vérité à tout prix – qui n’est pas sans rapport avec la montée de l’abstention à ces dernières élections régionales.

Les faits parlent pour nous, Monsieur le Maire, car il s’agit de s’en tenir là. Notre ville reste très en deçà des montants moyens de cotisation par habitant. Elle n’est pas la seule à augmenter ses taux de cotisation locale, loin de là. Beaucoup de collectivités doivent y recourir aujourd’hui pour compenser le désengagement massif de l’Etat, et financer de nombreuses dépenses, notamment sociales.

Nous restons la grande ville française qui a la fiscalité la plus faible.

Sur 100 euros d’impôts, plus de 75 sont prélevés par l’Etat et les français attendent toujours de savoir à quoi ils servent. Parce qu’à part la valse des cadeaux aux entreprises et aux plus riches, on ne sait pas ce que relance le plan de relance. L’hilarité des économistes, sans aucun doute.

Mais comme il s’agit d’un sujet sérieux, ne nous contentons pas d’affirmations rapides. Regardons d’autres villes, notamment de droite, et ce qui s’y passe. Comparons les contributions moyennes des Parisiennes à celles des Niçois, des Marseillais ou encore des Nîmois, par exemple.

Gardons en tête ce chiffre : la contribution moyenne d’un Parisien au titre de la taxe d’habitation en 2009 est de 395 euros (dont 303 euros de part communale). A Nice, elle est de 960 euros, à Marseille de 979 euros et à Nîmes de 1164 euros !

Même jeu avec la taxe foncière : la contribution moyenne d’un Parisien est de 552 euros (dont 329 euros de part communale). A Nice, elle est de 938 euros, à Marseille de 795 euros et à Nîmes de 1163 euros.

Rétablissons la vérité : Paris n’est pas du tout la ville championne de France en matière de fiscalité locale, bien au contraire. Les impôts locaux sont plus élevés dans la ville de Christian Estrosi ou celle de Jean-Claude Gaudin. Pour être complet, il me faut dire qu’ils sont également plus élevés dans l’ancienne ville du Président de la République, à Neuilly sur Seine.

Ces impôts correspondent à des milliers de fonctionnaires de la ville qui se dédient sans relâche à mieux servir les Parisiens. En ces temps de crise économiques, les 48 000 fonctionnaires de la collectivité font un travail indispensable, et les Parisiens le savent.

Cette hausse de la fiscalité locale, nous la faisons et nous l’assumons. Elle demeure raisonnable, suffisamment inférieure à ce qui se fait ailleurs au regard de la cherté exceptionnelle de Paris. Parce que la contribution des propriétaires reste plus élevée que celle des locataires, ce qui nous semble juste et légitime.

Publié le

31 mars 2010