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INTERVENTION SUR LA REORGANISATION DU SERVICE PUBLIC DE L’EAU

INTERVENTION DE IAN BROSSAT

Monsieur le Maire, chers collègues,

J’ai déjà eu l’occasion de dire ici la fierté que nous avons d’être d’une majorité qui fait le choix du service public de l’eau. J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’il s’agit d’un combat de longue date mené par les élus communistes parisiens. Je voudrais aussi, à l’occasion de cette délibération, saluer la détermination de mon amie Anne Le Strat dans ce dossier, Anne le Strat dont nous savons tous ici qu’elle mène ce combat, elle aussi, depuis de nombreuses années.

Au cours du débat, particulièrement vif, que nous avions eu ici même, le 24 novembre dernier, j’ai déjà pu vous dire que ce service public de l’eau marque pour nous une avancée démocratique forte.

La création du service public de l’eau est une avancée dans la gestion de nos villes, car elle marque enfin la reconnaissance de l’eau comme bien commun, nécessaire à toutes et à tous, un bien collectif qui sort ainsi de la sphère marchande.

Alors que le gouvernement vend l’intérêt général à la découpe en cassant les services publics les uns après les autres, je suis fier que notre majorité ait le courage de mettre en œuvre une gestion publique de l’eau.

Le 1er mai prochain, avec cette délibération, l’activité de production de l’eau sera confiée de manière opérationnelle au nouvel établissement public.

Je voudrais insister, à l’occasion de cette intervention, sur le volet social de la réforme –tout d’abord- puis sur la question de l’externalisation de certaines prestations.

Sur le volet social de la réforme je pense, bien sûr, tout d’abord au CRECEP. L’activité de ce laboratoire public de recherches sur l’eau (créé en 1868) a été fragilisée avant 2001 par un manque de moyens évident, puis à nouveau cette fois par l’obligation de mise en concurrence due à la réglementation européenne. Les grandes entreprises ont préempté ce marché en abaissant artificiellement leurs prix. Il y avait, bien sûr, un enjeu collectif à maintenir un laboratoire d’analyse et de recherche sur l’eau. Demeure un problème.

La majeure partie des salariés de cet établissement va intégrer le nouveau service d’Eau de Paris. Nous soutenons cette démarche. 32 agents en détachement vont réintégrer les services de la ville : nous participons à la volonté de réussir cette réintégration. Mais 20 personnes relevant du droit privé se retrouvent à ce jour sans emploi. Pour ces personnes un cabinet de placement a été mandaté par la Ville afin de les accompagner. Mais la situation économique que nous traversons rend cette situation plus inacceptable encore. C’est pourquoi je tiens, au nom du groupe Communiste et élus du Parti de gauche, à m’associer au vœu voté à l’unanimité du dernier Conseil d’administration du CRECEP qui s’est tenu le 23 mars dernier, afin que la Ville garantisse à chacun d’eux une solution, y compris au sein des services de la Ville pour les cas de retour à l’emploi difficiles.

Je pense également aux salariés d’horizons très divers qui vont progressivement rejoindre l’établissement Eau de Paris. Nous avons craint que l’ensemble de ces salariés ne puisse pas participer aux négociations lancées avec les personnels. Une avancée est maintenant réalisée avec l’accord intervenu le 12 mars dernier qui rend possible la présence des représentants des personnels de distribution aux négociations collectives, au sein de l’établissement public auquel ils ne sont pas encore rattachés. Là encore, il s’agit bien d’une avancée que je salue.

Enfin, je souhaite vous dire notre défiance quant à l’externalisation partielle de l’accueil téléphonique des usagers et de l’édition des factures. J’ai bien noté les garde-fous qui doivent en principe encadrer cette possibilité de recours au privé et son argument principal : le coût.

Mais nous devons reconnaître de formidables contre-performances du privé dans ce domaine ces dernières années. Ces services commerciaux d’accueil téléphonique et d’éditions de facture vendent régulièrement un service particulièrement insuffisant. Attentes, discussions labyrinthiques, incompréhensibles, avec des interlocuteurs à jamais anonymes, sans relais administratif, etc.

Nous avons intérêt à porter une exigence ferme dans ce domaine : sur la qualité du service qui pourra être rendu, sur les garanties sociales qui seront accordées aux personnels. Car nous savons déjà trop que les centrales téléphoniques usent et abusent des contrats à temps partiels payés au SMIC horaire, sans perspective d’emploi réelle et digne de ce nom.

Je vous remercie.

Publié le

12 avril 2009