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INTERVENTION SUR LA TARIFICATION DE LA RESTAURATION SCOLAIRE

INTERVENTION D’EMMANUELLE BECKER

Ces délibérations relatives à l’adoption d’une grille unique de tarifs pour la restauration scolaire répondent à une demande plus grande de justice sociale.

On sait qu’à Paris, selon son arrondissement, les prix demandés par les cantines scolaires diffèrent. Or, dans un contexte de crise qui pèse toujours sur les Parisiens, et dans un contexte d’attaques répétées contre l’éducation nationale d’une part et contre le principe d’égalité d’autre part, il apparaît indispensable de protéger autant que faire se peut les petits Parisiens, et de les traiter tous de la même manière.

Cette logique est bien sûr contestée par la droite municipale, aujourd’hui, et je suis certaine que les interventions de ses orateurs qui vont suivre ne me décevront pas. On nous accusera probablement de remettre en cause la décentralisation, ce qui fait toujours sourire de la part de ceux qui militent pour le grand Paris du Président de la République.

Les élus du groupe Communiste et du Parti de Gauche ont souvent demandé la fin du système actuel de tarification, inégalitaire et inéquitable. La réforme engagée aujourd’hui est un bon début, c’est un premier pas indispensable. Nous devons mettre en place un même tarif pour tous, mais aussi redéfinir plus justement la participation des familles.

Le système auquel l’UMP s’accroche aujourd’hui est profondément inégalitaire. Pour résumer, ce sont les familles modestes, ou à revenus intermédiaires qui payent le plus. A contrario, les plus riches ne payent pas plus que les plus fragiles à proportion de leurs revenus – c’est-à-dire trois fois moins que les classes moyennes.

En baissant la part des tranches correspondant aux familles les plus défavorisées et moyennes, la ville ne fait qu’aller dans le sens d’une logique qui donne à tous les enfants, les mêmes droits, les mêmes contraintes, les mêmes chances. Pour nous, tous les petits Parisiens sont égaux.

Bien sûr, la droite va protester. On dira que nous attaquons l’autonomie des Caisses des Ecoles. Mais très franchement, et sans langue de bois : je ne connais pas un Parisien qui se soucie de l’autonomie des Caisses des Ecoles. En revanche, j’en connais un certain nombre que le coût des cantines préoccupe.

En réalité, si la droite s’apprête à faire feu de tout bois, c’est parce que nous faisons exactement l’inverse de ce que fait le gouvernement. La droite, en effet, allège systématiquement la part des plus riches et qui prive les plus fragiles des droits et des compensations qui leur sont essentiels. Nous faisons le contraire. Je veux bien le reconnaître. Mais pour tout dire, j’en suis même assez fière.

Néanmoins, ce n’est qu’une première étape, comme je le disais au début de cette intervention. Cette réforme aujourd’hui est limitée à un certain nombre d’établissement sur lesquels la ville a la main. En ce qui concerne les cités scolaires, une inévitable harmonisation doit se faire à terme, en coordination avec la région île de France.

Plus préoccupant, la réforme risque d’avoir un effet pervers en ce qui concerne les Caisses des Ecoles. C’est pourquoi mon groupe dépose un vœu. En effet, en réclamant aux plus riches une plus grande participation, la réforme introduit un risque d’inégalité géographique puisque les arrondissements les plus aisés, ceux de l’Ouest Parisien, verront les ressources de leurs caisses des écoles augmenter d’autant. Nous demandons donc à la ville d’intervenir et de moduler sa subvention à ces caisses des écoles selon les arrondissements.

Cette série d’ajustements nous impose à la fois une grande détermination et une certaine dose de prudence. A court ou à moyen terme, il me semble inévitable que la Ville examine leurs résultats et commande une évaluation du dispositif. Aujourd’hui, par exemple, avec deux parents au SMIC, une famille relève de la tranche 4, c’est-à-dire qu’elle paye 2,24 euros par repas – environs une cinquantaine d’euros mensuels. Aujourd’hui, malheureusement, de nombreuses familles sont à 50 euros, près. Si la dépense n’est pas excessive, elle réclame néanmoins une grande attention, et probablement d’être réduite encore.

La grande satisfaction de voir cependant ce premier pas franchit par la ville fait dire au groupe Communiste et élus du Parti de Gauche qu’il votera bien sûr ces délibérations, conscient du travail qu’il reste encore à accomplir.

Je vous remercie.

Publié le

12 mai 2010