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INTERVENTION SUR LE « LABORATOIRE PARIS REGION INNOVATION »

INTERVENTION D’EMMANUELLE BECKER

Monsieur le Maire, chers Collègues,

Les deux délibérations qui nous sont proposées concernant le Laboratoire Paris Région Innovation manifestent la volonté de notre majorité de gauche d’impulser une dynamique forte, qui conjugue développement économique, soutien à la créativité industrielle et offre de nouveaux services ou produits à la population parisienne et francilienne. Le Groupe communiste soutient bien volontiers cette initiative de la Ville et du Département, en partenariat avec la Région, et l’attribution d’une subvention de 350 000 euros.

Nous nous félicitons que cette nouvelle structure soit ouverte aux collectivités territoriales métropolitaines et à des partenaires publics. Ceci contribue positivement au développement d’une synergie équilibrée entre Paris et banlieues et va dans le sens du projet Paris Métropole que nous appelons de nos vœux.

Il nous semble particulièrement utile d’encourager les projets innovants car la création d’une nouvelle offre se traduit pas la création de nouveaux emplois. En temps de crise, il est bon que la Ville et le Département décident d’orienter leur action en ce sens.

Ce projet de notre collectivité favorisera la création d’activités et d’emplois, en assurant notamment la promotion des solutions innovantes auprès de collectivités territoriales membres du Laboratoire. Le levier de la commande publique offrira aux entreprises des conditions très favorables en termes de viabilité et de pérennité de leurs activités. Il nous semble que, dès lors, des contreparties doivent être exigées de la part des collectivités sans le concours desquelles les projets n’auraient pas pu aboutir.

Il nous semble tout d’abord que ces entreprises bénéficiant de soutien du Laboratoire Paris Région Innovation pour le développement de leur projet doivent présenter des garanties en termes de traitement social de leurs salariés. L’intérêt que présente un projet innovant ne peut pas être évalué sans prendre en compte le contexte d’entreprise dans lequel ce projet est appelé à se développer. Aussi une attention particulière doit être portée au point de vue des représentants du personnel de l’entreprise qui sollicite le concours du Laboratoire de l’innovation, et sur les engagements de l’entreprise à pérenniser les emplois et leur implantation sur les territoires parisiens et franciliens qui ont participé à l’éclosion de leurs projets.

Par ailleurs, les partenaires du Laboratoire de l’innovation, dont la Ville de Paris, sont en droit de demander un autre type de contrepartie, concernant l’exploitation commerciale des brevets déposés par les entreprises innovantes. Une des missions principales du Laboratoire, présentées dans la délibération, est de « contribuer à la notoriété des innovations qu’elle soutient, leur permettant de se faire connaître des investisseurs ou des commanditaires en France comme à l’étranger ». Nous souhaitons bien entendu que ces innovations rencontrent un succès commercial le meilleur possible au niveau national et international. Néanmoins, en tant que contributeur de ce succès, le Laboratoire de l’innovation et ses membres doivent pouvoir bénéficier de ces retombées positives en termes d’exploitation commerciale. Nous souhaiterions connaître les dispositions qui seront prises en ce sens. Il pourrait s’agir, par exemple, d’un reversement financier au budget du Laboratoire, qui pourrait ainsi soutenir de nouveaux projets innovants.

Enfin, nous appelons à la vigilance sur le rôle et la composition du Comité stratégique du Laboratoire de l’Innovation. En particulier, la présence d’experts en business et entrepreneurs français et étrangers ne nous paraît pas rassurante. En effet, elle ne nous semble pas entrer en parfaite cohérence avec l’objectif du Laboratoire d’améliorer le cadre de vie de nos concitoyens dans les domaines du transport, du logement et plus généralement du cadre de vie. Aussi nous formulons quelques inquiétudes concernant le risque de privilégier à outrance l’innovation dans le secteur de haute technologie à visée commerciale. Pour nous, il ne peut s’agir d’un critère qui détermine le soutien à l’émergence de projets innovants. Il s’agit au contraire de prendre en compte l’intérêt collectif que porte le projet, et non de soutenir des projets gadgets et rentables à court terme. Aussi, nous souhaiterions vivement étendre la composition du Comité stratégique à des associations de consommateurs et d’usagers.

En conclusion, et à ces réserves près, nous renouvelons notre soutien au Laboratoire Paris Région Innovation et nous vous faisons dores et déjà part de notre volonté d’intégrer son Conseil d’administration.

Je vous remercie.

Publié le

12 mars 2009