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Intervention « Adoption du schéma d’orientations pour le développement du vélo à Paris »

Intervention d’Aline ARROUZE

Nous sommes appelés à délibérer sur l’adoption du schéma d’orientations pour le développement du vélo à Paris.

Depuis le début de la mandature, les élus de notre Groupe se sont engagés pour que les Parisiens puissent bénéficier d’une offre de transports moderne et diversifiée. Les Parisiennes et les Parisiens expriment d’ailleurs volontiers leur satisfaction quant à la politique menée par notre municipalité dans ce domaine.

Je me permettrai de citer brièvement quelques chiffres qui illustrent le volontarisme dont à fait preuve notre municipalité pour développer la place du vélo à Paris. La mise en œuvre des projets d’aménagement cyclables a permis de passer de 256 km de voies pour les vélos en 2001 à un total de 444 km fin 2009. A l’été 2007, le lancement de Vélib’ a permis au vélo de trouver pleinement sa place comme mode de transport courant à Paris, ce qui était inimaginable il y a quelques années tant l’accent avait été mis par la droite sur le tout-voiture. Depuis son lancement, Vélib’ comptabilise un total impressionnant de 71 millions de déplacements.

L’offre de stationnement pour vélos s’est également considérablement étendue sous l’action de notre majorité : de seulement 3 300 places en 1996, nous sommes passés à une offre de près de 30 000 places en 2008.

Bref, l’engagement de notre collectivité pour la promotion de la pratique du vélo a été un franc succès, dont témoigne l’augmentation du nombre de cyclistes de 120 % entre 2002 et 2009. Nous ne pouvons tous que nous en réjouir, dans la mesure où le vélo est un mode de déplacement respectueux de l’environnement, silencieux, et bon pour la santé.

Quelques points restent néanmoins à améliorer et justifient d’apporter quelques nuances au tableau.

Le déplacement à vélo est en effet un mode de transport complémentaire aux autres et nous ne devons pas perdre de vue l’exigence d’un engagement continu pour l’amélioration générale de l’offre de transports, y compris les transports en commun. On aimerait voir l’Etat se soucier davantage de ce sujet qui préoccupe quotidiennement les Parisiens et les Franciliens. Rappelons à cet égard l’absence de financement du tramway T3 par l’Etat : les Parisiens apprécient, j’en suis sûre, l’engagement du gouvernement pour qu’ils bénéficient de ce mode de transports. De même, le projet ferré dit « Grand 8 », a été imposé sans concertation par Christian Blanc, Secrétaire d’Etat au Grand Paris, et n’améliorera en rien les conditions de transports de Paris et de la banlieue.

Si notre collectivité a su donner au vélo toute sa place à Paris, soulignons néanmoins que ce mode de transport ne convient pas à tout le monde. Les données concernant les abonnements Vélib’ le montrent : son usage concerne principalement la tranche d’âge entre 26 et 45 ans, et ses utilisateurs sont principalement des hommes. Plus généralement, malgré les efforts considérables et les succès de notre municipalité pour banaliser l’usage du vélo à Paris, il reste un obstacle majeur qui constitue encore maintenant un frein à son développement : la persistance d’un sentiment de danger (certes plus ou moins intense) quand on circule en vélo à Paris.

Pour poursuivre le développement harmonieux de la pratique du vélo à Paris, dans un espace partagé et sécurisé , différents leviers peuvent être activés, comme l’indique d’ailleurs le schéma d’orientations qu’il nous est demandé d’approuver.

1. A ce titre, la sécurisation de la pratique du vélo nous semble être la priorité. Le projet d’extension des aménagements cyclables va bien entendu dans ce sens. Nous approuvons les objectifs définis dans le projet, à savoir 680 km de réseau cyclable en 2014 et 800 km en 2020. L’accent est mis sur la continuité du réseau cyclable, ce qui est pour nous une bonne chose.

Il nous semble également pertinent de développer la circulation des vélos dans les zones de circulation douce limitées à 30km/h. A ce titre, la généralisation de la circulation à double sens dans ces 65 zones que compte Paris semble constituer un atout. Cette possibilité va simplifier la circulation des cyclistes à Paris en leur permettant notamment d’éviter les grands axes encore accidentogènes. Ce système a fait ses preuves dans des villes de province comme Grenoble et Strasbourg, ainsi qu’en Suisse, Belgique et aux Pays-Bas. La sécurité semble être assurée dans la mesure ce sont des voies de circulation douce et le double sens permet aux voitures et aux vélos de se croiser en face à face, et donc d’anticiper leur rencontre.

En outre, sécuriser la pratique du vélo pour développer son usage, c’est aussi, pour nous, favoriser la sécurisation du vélo lui-même en développant l’offre de stationnement. Nous nous félicitions des objectifs définis dans le schéma d’orientations, à savoir l’installation d’au minimum 1000 places par an sur la période 2010-2014. Nous souhaitons vivement, et j’y insiste, que l’offre de stationnement soit rééquilibrée au profit des arrondissements qui en comptent le moins, à savoir les 18e, 19e et 20e arrondissements, dont la moyenne de places de stationnement vélo par habitant est moitié moindre que la moyenne parisienne.

Nous exprimons également notre plus grand intérêt pour la proposition inscrite dans le schéma consistant à inciter les bailleurs sociaux à réaliser des parcs vélos dans les bâtiments, les parkings et les espaces libres et nous serons particulièrement vigilants quant au suivi de leur réalisation. Nous exprimons en outre notre intérêt pour le projet d’OPAH visant à inciter également le parc privé à construire des parcs de stationnements pour les vélos.

Ces enjeux liés à la sécurisation de la pratique du vélo, je le répète, sont pour nous décisifs afin de poursuivre avec succès notre politique de développement du vélo à Paris.

2. Le second levier sur lequel je souhaite insister, et qui doit selon nous améliorer le développement du réseau cyclable concerne la prise en compte de sa dimension métropolitaine. Les projets d’aménagement des Portes parisiennes nous semblent à cet égard pertinent. De nombreux Parisiens travaillent en banlieue et ont pris l’habitude d’utiliser le vélo pour s’y rendre. L’arrivée aux Portes constitue un véritable arrêt forcé car celles-ci sont des zones particulièrement accidentogènes. Il y a là un enjeu sur lequel notre Groupe souhaite allez plus loin, c’est pourquoi nous avons déposé un vœu rattaché à cette délibération, visant à la mise en place d’une concertation avec les communes voisines de Paris afin d’étudier concrètement avec elles les modalités de stationnement et de franchissement des Portes les plus adaptées, et ainsi favoriser la continuité du réseau entre Paris et sa banlieue.

Enfin, il nous semble important d’ouvrir des pistes de réflexion pour favoriser l’accès à la pratique du vélo en direction des catégories de la population qui y renoncent pour des questions financières. Je pense ici en particulier aux bénéficiaires de minima sociaux, aux chômeurs, aux étudiants. Il est selon nous souhaitable d’envisager pour eux un tarif social leur permettant d’accéder aux services Vélib’.

Aussi j’exprime le soutien de mon Groupe à la poursuite du développement du vélo à Paris, présenté dans ce schéma d’orientations pour lequel nous voterons.

Je vous remercie.

Publié le

10 juin 2010