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Intervention Nicolas Bonnet sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche

Madame la Maire,

Votre communication sur l’enseignement supérieur à Paris est de la plus haute importante puisqu’elle concerne 1 Parisien sur 10.

Nous pouvons nous féliciter que Paris soit toujours considérée comme la « meilleure ville étudiante » au monde et bénéficie d’une telle reconnaissance. Celle-ci est méritée au vue des efforts fournis par l’équipe municipale pour assurer aux étudiantes et étudiants des conditions d’études optimales et un égal accès aux droits fondamentaux tels que le logement ou la santé. Je salue à ce titre le travail réalisé par Marie-Christine Lemardeley.
Nous avons d’ailleurs récemment inauguré ensemble dans le 12ème arrondissement un appartement de colocation étudiante dans le cadre du dispositif CoopColoc et je souhaite que ce genre d’initiatives se multiplie.

On le sait les conditions d’études sont des conditions de réussite scolaire. Les besoins des étudiantes et étudiants sont une priorité pour chacun d’entre nous afin de faire de Paris non seulement la « meilleure ville » étudiante mais aussi une ville de réussite, une ville qui assure la démocratisation de l’enseignement supérieur. Les étudiantes et étudiants parisiens ne sont pas une élite de la jeunesse parisienne, elles et ils sont à l’image de Paris, à savoir diverse et mixte.

La précarité étudiante est forte et nous savons que la vie à Paris est chère. Nous devons continuer à œuvrer pour le développement de l’égalité d’accès aux droits fondamentaux. Si nous maintenons notre statut de meilleure ville étudiante, c’est que nous adoptons une politique volontariste et progressiste.

Je voudrais ainsi féliciter Ian Brossat pour son travail qui tient les promesses que nous nous étions fixés en début de mandature. Le logement est une priorité incontestable. Avoir un toit décent sur la tête est une nécessité pour étudier. Les chiffres avancés dans votre communication sont encourageants et démontrent que l’orientation politique de la Ville est clairement en faveur de la démocratisation de l’enseignement supérieur et de la rupture avec la logique de reproduction sociale.

L’accès au logement, aux soins, aux équipements publics et sportifs, à l’art et la culture, l’accueil des étudiants étrangers sont autant de points révélateurs et de preuves matérielles de notre ambition municipale.

Cependant, tout ne dépend pas de nous. L’État a un rôle majeur à assumer pour assurer des conditions de vie décentes aux étudiantes et étudiants. Mon collègue Jean-Noel Aqua a ainsi déposé plusieurs vœux visant à interpeller l’État sur les moyens financiers et humains donnés à l’enseignement supérieur notamment concernant le versement des bourses CROUS.

Ces bourses ne sont pas versées avec régularité. Les versements ont souvent plusieurs semaines de retard. Pour autant, vous le savez toutes et tous, on ne peut attendre plusieurs semaines avant de se nourrir, se soigner, payer son loyer ou acheter son matériel scolaire. Comment ces étudiantes et étudiants font- ils ? L’Observatoire de la vie étudiante nous rappelle que 46% des étudiants est obligé d’exercer une activité salariée et que la moitié de ces étudiants salariés sont en échec scolaire.

Les bourses sont un outil pour contrer la reproduction sociale. La réussite des jeunes ne peut dépendre du seul héritage matériel familial. Les étudiantes et étudiants ont besoin d’autonomie financière. Les bourses doivent donc impérativement être versées à date fixe afin de garantir l’accès aux droits fondamentaux. Nous demandons donc à l’État de fournir les moyens nécessaires au CROUS pour qu’il puisse remplir sa fonction. Il en va de la réussite scolaire et professionnelle de plusieurs générations d’étudiantes et étudiants.

Ce que nous voulons pour les étudiantes et étudiants et nous savons partager avec vous cette valeur Madame la Maire, c’est l’égalité d’accès aux droits pour toutes et tous. Paris fait au mieux pour remplir son rôle et fournit des efforts conséquents afin de maintenir son statut de meilleure ville étudiante mais l’État doit assumer ses responsabilités et défendre des valeurs de gauche, sociales, progressistes.

Après avoir lutté des mois contre la loi Travail portée par Myriam El Khomri, les étudiant.e.s veulent que ça change et méritent mieux que cela.
Les étudiant.e.s en ont assez, ils veulent réussir leurs études, et en finir avec la précarité pendant et après les études. Notre génération est pleine de potentiels et veut apporter sa contribution à la société, mais encore faut-il qu’elle en ait vraiment l’occasion !

Je vous remercie.

Publié le

9 novembre 2016

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