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Lutter contre la violence dans le sport

Si le développement des actions de prévention nous semble incontournable pour lutter contre la violence dans le sport, elles n’auront de réel impact que si elles s’accompagnent d’un développement important des effectifs pour les assurer, du développement d’instances de concertation autour des équipements et d’un plan de prévention et de dialogue avec les supporters dans une fiche action que nous avons proposé dans un vœu adopté au Conseil de Paris. Retrouvez l’intervention de Sergio Tinti.

Mon intervention, dans le cadre de cette Communication, porte sur la violence dans le sport, principalement dans et autour des équipements sportifs municipaux.

Nous partageons le constat qui nous est présenté, faisant état des phénomènes de violence et d’incivilité auxquels sont confrontés aussi bien les parisiennes et les parisiens que les agents de la Ville. Bien souvent, les agents de la ville, tout comme les pratiquants parisiens, expriment le même sentiment d’insécurité face aux incidents survenant lors de rencontres sportives locales, mais aussi pendant l’exploitation des créneaux sportifs associatifs, moins médiatisés.

Néanmoins, permettez-moi d’alerter sur le manque de cohérence des objectifs exprimés et de leur mise en œuvre, proposée dans la fiche d’action.

En effet, si le développement des actions de prévention nous semble incontournable pour lutter contre la violence dans le sport, nous pensons toutefois que les opérations "Ville Vie Vacance", ainsi que les interventions en milieu scolaire, n’auront de réel impact que si elles s’accompagnent d’un développement important des effectifs — et par là-même des actions — des structures parisiennes de prévention (Contrat de Ville).

À cet égard, l’implication de la Filière sportive de la Ville nous semble très pertinente, et à plus d’un titre. Ses animateurs, de par leur formation sportive et leur expérience de terrain, contribuent dans beaucoup d’arrondissements parisiens au travail de prévention à travers le sport. Nous encourageons donc la Ville à s’engager dans le développement de tels effectifs.

Si les réaménagements des accès aux centres sportifs ont fait leurs preuves en termes d’efficacité, le manque de personnel — manifeste, notamment, lorsque les agents se retrouvent seuls en soirée sur une installation — doit nous faire prendre en considération le rôle primordial de l’humain dans la lutte contre l’insécurité des lieux sportifs parisiens, comme dans bien d’autres, d’ailleurs.

Comment concilier, d’une part, ce manque de personnel et, d’autre part, les objectifs de lutte contre l’insécurité, dans le but de conserver la maitrise des lieux sportifs ? Par ailleurs, comment concilier, d’une part, la sécurité des personnes et des biens, et, d’autre part, l’ouverture aussi large que possible des centres sportifs, et cela dans un cadre de mission de service public ? Enfin, comment décliner ces mesures alors que nous nous dirigeons vers un système de développement des créneaux sportifs en soirée, géré directement par les clubs ?

Permettez-moi, Madame la Maire, de me référer à un vœu que mon groupe avait déjà présenté au Conseil de Paris des 21 et 22 octobre 2014. Il concernait les partenaires du plan de lutte contre la violence dans le sport et les indicateurs à retenir.

Il proposait la création de Comités d’usagers d’équipements sportifs, dans le cadre des projets d’établissement, où usagers, clubs, associations et agents de la ville seraient tous associés avec la Ville et la Préfecture, en tant que partenaires. Le nombre de comités d’usagers créés constituerait donc un indicateur important de prévention contre l’insécurité dans et autour des équipements sportifs municipaux.

Choisir des indicateurs comme celui, proposé dans la fiche d’action, qui prendrait en considération le nombre d’interdictions administratives de stade, principalement au Parc des Princes, reviendrait à prendre le risque d’une politique du chiffre, incapable de réduire concrètement les actes de violence qui surviennent dans les alentours et à l’intérieur les stades. Les récentes déclarations de M. Ibrahimovic nous font prendre la mesure de toute la complexité d’un problème lié aux attitudes et aux comportements des uns et des autres.

Voilà pourquoi nous demandons, par le vœu rattaché à la présente Communication, que la fiche d’action proposée intègre un plan de prévention et de dialogue avec les supporters, dans une déclinaison Supporters-Ville-Club.

Publié le

20 mars 2015

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