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Intervention d’Aline Arrouze sur le Plan de Déplacements Urbains d’Île-de-France

Intervention en séance du Conseil de Paris du 12 novembre 2012.

Monsieur le Maire, chers collègues,

Ce vote du Plan de Déplacements Urbains d’Île de France vient compléter notre débat sur la pollution, de manière plus que logique. Il existe beaucoup d’autres pollutions que celles engendrées par les déplacements urbains, comme le rappelait Ian Brossat, mais ceux-ci représentent à l’évidence un enjeu écologique majeur. La voiture et toutes les pollutions liées à ce type de déplacements, qu’il s’agisse de celle de l’atmosphère ou du bruit, sont au cœur de la ville. Mais la question des déplacement, c’est aussi et surtout un enjeu social essentiel : le droit à la mobilité. Depuis le début des années 2000 et le premier Plan de Déplacements Urbains, c’est cette double matrice, écologique et sociale, qui prévaut. Je crois qu’elle est la clé d’un développement véritablement durable pour la région francilienne.
C’est avec cette conviction que le Groupe communiste et élus du Parti de Gauche veut intervenir et enrichir ce vote sur le Plan de Déplacement Urbains. Plusieurs vœux viennent ici rappeler notre ambition d’une ville pour tous, accessible à tous, quel que soit sa situation sociale, financière ou géographique.

Tout d’abord, parce que le développement durable ne peut être pensé autrement qu’écologique et social, nous soutenons la constance du choix de modes de déplacements plus doux et plus propres.
Depuis 2001, les élus communistes ont toujours soutenu la réduction de la place de la voiture à Paris. En 10 ans, comme nous l’évoquions toute à l’heure, ce sont 25 % des déplacements intra-muros qui ne se font plus en voiture – et c’est une excellente nouvelle. A Paris, le vélo et les transports collectifs prennent une place toujours plus grande. Cependant du point de vue des transports collectifs, nous rencontrons deux difficultés majeures : la saturation du réseau, d’une part, et la question des tarifs, d’autre part. Et j’insisterai tout particulièrement sur ce dernier point. Mais je vous invite d’ors et déjà à voter avec nous un vœu qui demande à la direction de la RATP de cesser sa politique de réduction des effectifs et s’engage à déployer davantage de personnels pour une meilleure offre de transports collectifs. Comme nous le disions déjà, ce matin, la RATP doit jouer le jeu.

En outre, parce que nous vivons une époque de crise, et que le budget déplacement devient un budget sensible pour nombre de Parisiens, il nous faut agir sur les tarifs. D’une part pour que le coût ne freine pas la transformation de nos modes de déplacements, et d’autre part pour réaffirmer notre conviction d’un droit à la mobilité non négociable. En ce sens, le groupe communiste et élus du parti de gauche veut insister sur la nécessité d’une tarification sociale aujourd’hui, et sur la gratuité, demain. Oui, la ville doit se donner l’ambition de la gratuité. Plus d’une dizaine de villes en France, aujourd’hui l’ont choisi – et cela marche. A Aubagne, par exemple, cela a permis de fluidifier la circulation, de réduire la pollution atmosphérique et le bruit, mais aussi de réduire les temps de transports des usagers. En janvier 2013, Tallinn sera la première capitale européenne à embrasser la gratuité. Nous demandons que la ville y réfléchisse sérieusement, qu’elle commande une étude d’impact. En attendant, nous proposons d’étendre les tarifs sociaux de vélib’, comme nous vous l’avions déjà proposé. Et d’imaginer un dispositif qui permette à ceux qui n’ont pas les moyens des 150 euros de sa caution – ou qui n’ont pas de compte en banque – de pouvoir utiliser ce service.

Pour finir, je voudrais évoquer le périphérique. Depuis 2001, notre ambition, est en effet d’abolir et d’assourdir progressivement cet ancien tracé d’une frontière entre Paris et sa périphérie : ses fortifications réelles et symboliques. Il s’agit d’affirmer la continuité de la ville : c’est le sens de nos démarches de concertation dans le cadre de Paris Métropole ; c’est aussi le sens de nos couvertures du périphérique, dont l’intérêt pour tous les riverains, Parisiens ou non, n’est plus à débattre. Concernant la concertation, nous le disions ce matin, nous voulons réaffirmer la nécessité d’une échange entre la Paris et les collectivités voisines, pour mieux combattre la pollution, notamment concernant des déplacements métropolitains plus propres et plus doux. C’est une ambition qui va exactement dans le sens de celle du PDUIF.

Par ailleurs, et pour parler du périphérique en lui-même, la ville a engagé une démarche courageuse de renouvellement urbain dans des quartiers particulièrement exposés aux nuisances du périphérique. Je pense à celui de la porte de Vincennes, par exemple. Il ne s’agit pas que de la pollution atmosphérique mais aussi du bruit, qui affecte le quotidien de dizaine de milliers de personnes. Pour cette raison, notre groupe propose deux vœux. L’un, dont parlait Ian Brossat ce matin, qui voudrait étendre le plus rapidement possible la pose d’un nouveau revêtement des sols du boulevard périphérique, afin de réduire son niveau sonore. Un autre qui interpelle nos partenaires, l’Etat et la Région, afin de réaffirmer notre constance, s’agissant des projets de couvertures du périphérique. L’Etat doit toujours 1,3 milliards d’euros aux Parisiens : une partie de la somme pourrait être affecté à la couverture partielle du tronçon située entre porte de la Chapelle et celle d’Aubervilliers.

Je vous remercie.

Publié le

21 novembre 2012

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