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Intervention d’Aline Arrouze sur le personnel égoutier de la Ville de Paris

Intervention en séance du 20 juin 2012.

Monsieur le Maire, Chers collègues,

Dans les égouts, le travail, ce n’est pas la santé.
La délibération qui nous est soumise propose d’actualiser les études épidémiologiques portant sur le personnel égoutier de la Ville de Paris et de signer pour ce faire une convention avec l’INRS.

Deux études ont déjà été réalisées ces dernières années sur ce sujet. Elles montrent, d’une part, une forte surmortalité chez les égoutiers toutes causes confondues, et d’autre part un excès statistiquement significatif de symptômes respiratoires, digestifs, cutanés et généraux. Ces études sont donc particulièrement préoccupantes et nous sommes favorables à ce qu’elles soient complétées et mises à jour aujourd’hui.

Mais je souhaiterais, Monsieur le Maire, attirer votre attention sur une formule malheureuse qui figure en préambule de la convention avec l’INRS. Il y est en effet rappelé, je cite qu’il « existe quelques études de mortalité qui semblent montrer un risque accru de cancer ». Si les études précédentes menées par l’INRS ont été lues attentivement, vous savez qu’elles ne « semblent » pas montrer un risque, mais qu’elles le mettent parfaitement en évidence.

La surmortalité chez les égoutiers est un fait avéré, lié directement à leur activité professionnelle, dans des réseaux dont personne ne sait exactement ce qu’ils contiennent. Les rejets industriels sont plus importants aujourd’hui que par le passé, et accroissent les risques des professions liées aux réseaux d’assainissement.

Si l’amélioration technique et la mécanisation des processus a pu jouer sur la pénibilité du travail des égoutiers, elle n’a aucun effet sur l’insalubrité. Cela n’a pas empêché le gouvernement précédent de revenir sur le régime de retraite de ces personnels, pour lequel ils continuent à se battre afin de défendre leurs droits. A ce titre, notre groupe a déposé un vœu, par lequel nous avons voulu rappeler que l’espérance de vie des égoutiers de Paris est de sept ans inférieure aux autres populations ouvrières ayant le plus faible taux d’espérance de vie, et de 17 ans inférieure à l’espérance de vie de la population de référence officielle. C’est pourquoi notre groupe demande que le Maire de Paris s’adresse à la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé afin de lui demander de prendre en considération, dans le dialogue social qui s’ouvre, les revendications des personnels de l’assainissement, et notamment l’ouverture des droits de départ en retraite à taux plein dès 50 ans et la bonification de 50% du temps passé dans les services

Au niveau de la Ville, notre groupe est déjà intervenu pour rappeler que la mobilité des agents ne doit pas aller de paire avec un affaiblissement des droits et des carrières. Cibler en particulier les égoutiers en leur proposant la mobilité comme solution à l’insalubrité de leur travail, ce n’est pas prendre en compte leurs besoins spécifiques. Les égoutiers bénéficient d’un statut particulier qu’il convient de préserver et d’améliorer autant que possible.

Permettez-moi enfin de conclure cette intervention en rappelant l’importance des décisions qui vont être prises à ce sujet à Paris. Nous savons bien qu’en ce domaine, nos décisions politiques comme les résultats de cette étude seront observés partout dans le pays. Il est donc essentiel qu’elle soit menée avec tout le sérieux que les égoutiers parisiens méritent, et que leurs revendications légitimes soient entendues par la nouvelle majorité parlementaire.

Je vous remercie.

Publié le

26 juin 2012

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