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Intervention d’Emmanuelle Becker sur le soutien apporté aux collèges fragiles

Intervention en séance du Conseil de Paris des 20, 21 et 22 octobre 2014

Madame la Maire,

Nous abonderons, bien sûr, dans le sens de la délibération qui nous est proposée sur le soutien aux collèges les plus fragiles.

Plus de neuf cent mille euros vont être utilisés pour financer 221 projets éducatifs qui bénéficieront à un peu plus de 21 000 collégiens. Des projets regroupant l’ensemble de la communauté scolaire, autour de projets interdisciplinaires et des acteurs culturels et associatifs de proximité.

Des projets pour intégrer ces établissements scolaires dans une action éducative locale ambitieuse, dirigés vers les établissements des quartiers populaires, ceux qui sont les plus durement touchés par la crise. Une action tournée vers l’atténuation des inégalités sociales, vers une amélioration d’apprentissage et d’enseignement que nous saluons.

Des mesures qui favorisent, comme il est indiqué dans l’exposé des motifs, à améliorer l’attractivité de ces établissements que l’on a tendance à éviter par le biais de dérogations. C’est un problème récurrent dans les collèges de nos quartiers populaires auquel nous devons nous attaquer de front.

Si cette question se pose effectivement dans les faits, nous sommes par principe opposés à la notion d’attractivité pour un établissement scolaire. Le principe d’école républicaine est pour nous incompatible avec la notion de concurrence entre établissements.

C’est pourquoi nous pensons que l’amélioration de la « qualité de vie » au sens large de ces établissements scolaires doit s’accompagner de restrictions plus fermes aux dérogations accordées par le rectorat.

Car le cercle vicieux généré par ce système est implacable. Les collèges en difficultés sont fuis par les classes moyennes et supérieures de ces quartiers préférant des collèges plus éloignés mais jugés plus aptes à donner une meilleure éducation à leurs enfants.

Les collèges des quartiers populaires concentrent donc les difficultés et des collèges plus renommés concentrent une réputation qui leur permet de sélectionner les meilleurs éléments parmi les piles de dérogations qui leurs sont soumises.

Ce système générateur d’inégalités ne correspond en rien aux objectifs de mixité que nous défendons. La carte scolaire est un outil républicain de cohésion sociale auquel nous sommes profondément attachés et que nous défendrons systématiquement.
Nous défendons ce collège pour tous qui ne perpétue pas l’injustice sociale, et nous saluons cette initiative du département de Paris pour aller dans ce sens. L’école doit être l’affaire de tous, et ne peut s’améliorer qu’avec une mobilisation conjointe des enseignants, des parents, des élèves, du rectorat et des collectivités.

C’est pourquoi nous saluons l’action du département de Paris pour essayer de gommer ces inégalités, et que nous voterons favorablement à cette délibération avec un plaisir sincère. Mais nous soulignons le fait que cette initiative doit être suivie d’une action volontaire de l’Etat pour changer les choses.

Je vous remercie.

Publié le

20 octobre 2014

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