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" Insister sur la pertinence et la nécessité des politiques d’égalité femmes-hommes auprès de la jeunesse"

Il est indispensable de sensibiliser les jeunes aux inégalités entre femmes et hommes et de leur apprendre à remettre en cause les stéréotypes.
Le combat pour l’égalité passe aussi par la reconnaissance dans l’espace public des femmes qui ont fait avancer les combats pour l’émancipation.
Nous avons déposé un vœu qui a été adopté pour qu’une structure d’hébergement dédiée à l’accueil des femmes victimes de violence soit nommée Simone Iff.

Retrouvez l’intervention d’Emmanuelle Becker

Madame la Maire, mesdames et messieurs les Conseillers de Paris, mesdames et messieurs les adjoints,

Dans cette intervention je voudrais insister sur la pertinence et la nécessité des politiques d’égalité femmes-hommes auprès de la jeunesse.

Dans le monde étudiant, d’après les chiffres des ministères de l’éducation nationale publiés en 2012, les filières littéraires sont composées à 79% d’étudiantes et les filières scientifiques ne sont composées que de 40% d’étudiantes. Ces choix très précoces auront des conséquences irréversibles sur les métiers exercés plus tard, et notamment sur leur position hiérarchique et leur niveau de rémunération.

Le rapport de La Barbe sur les pratiques sportives des femmes indique que les installations sportives de proximité sont utilisées quasi exclusivement par les garçons. Ce même rapport rappelle l’éviction par les filles de la sphère publique et leur désengagement dans le domaine sportif.

Ces « différences » dans les choix et les comportements des filles et des garçons impliquent en vérité des inégalités très fortes dans l’accès à l’espace public et aux loisirs, et préfigurent des inégalités professionnelles importantes.
Un objectif politique majeur de la Ville doit donc être de lutter contre les stéréotypes chez les jeunes. Les jeunes sont l’avenir du pays et doivent donc attirer toute notre attention. Les stéréotypes de genre qui circulent chez les jeunes peuvent induire de graves nuisances, conduisant parfois à des violences de genre et à la prostitution juvénile.

Pour lutter contre les stéréotypes chez les jeunes, nous pensons qu’il est indispensable de former les éducateurs et tous les personnels en contact avec la jeunesse à l’égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les stéréotypes. La mixité des équipes pédagogiques et encadrantes est également nécessaire.

D’autre part, il est indispensable de sensibiliser les jeunes aux inégalités entre femmes et hommes et de leur apprendre à remettre en cause les stéréotypes. A cet égard, l’opération collégien, qui fait intervenir des associations auprès des jeunes collégiens, est exemplaire : elle permet de sensibiliser à plusieurs types de discrimination et d’inégalités en même temps. Nous pensons qu’il faut encourager cette opération afin de toucher l’ensemble des jeunes et l’ensemble des établissements, des quartiers et des milieux sociaux.

La prévention et l’éducation à l’égalité autour de la santé sexuelle auprès des jeunes doit être développée, de même que la formation des encadrants de l’éducation nationale sur ce sujet. Nous devons développer tout au long du mandant l’ouverture de centres de planification (avec gestion associative ou servie public) qui je le rappelle vise à proposer gratuitement des informations sur la sexualité, sur les méthodes de contraception et d’avortement, les IST… mais aussi propose sur le territoire où ils sont installées des animations collectives sur les rapports femmes/hommes, la lutte contre les violences genrées…

La lutte contre les stéréotypes passe aussi par la lutte contre les publicités sexistes dans l’espace public parisien. Nous pensons qu’il est urgent d’agir sur ce point, et que la Ville ne doit pas renoncer à cet engagement qu’elle a pris auprès des parisien-nes. De telles publicités renforcent les stéréotypes de l’ensemble de la population, et en premier lieu du jeune public, et concourent souvent à objectiver le corps des femmes. Elles renforcent un système patriarcal qui est le moteur des difficultés rencontrées par les femmes dans l’espace public et du harcèlement de rue.

Enfin la fréquentation de l’espace publique par les jeunes filles, ainsi que leurs pratiques sportives, doivent être encouragées grâce à des investissements dans des structures qui leurs sont réservées. La découverte des sports doit se faire à l’école dès le plus jeune âge, ainsi que dans l’espace public, grâce à des structures dédiées comme des murs d’escalade ou des agrès mixtes.

Le combat pour l’égalité passe aussi par la reconnaissance dans l’espace public des femmes qui ont fait avancer les combats pour l’émancipation des femmes, nous déposons un vœu pour qu’une structure d’hébergement dédiée à l’accueil des femmes victimes de violence soit nommée Simone Iff. Elle fait partie de ces féministes grâce à qui, les françaises d’aujourd’hui peuvent vivre ce qui n’était pas qu’un slogan à l’époque "un enfant si je veux quand je veux".

Publié le

20 mars 2015

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