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"La petite enfance ne doit pas devenir un secteur marchand"

A l’occasion du lancement du comité de suivi du programme de création des 5000 places en crèches de la mandature 2014/2020 Emmanuelle Becker est intervenue pour rappeler les exigences des élu-es communiste-Front de Gauche : les crèches doivent d’abord être géré par la municipalité et ne doivent pas être géré par des sociétés lucratives tandis que la Ville de Paris doit stopper son soutien aux crèches confessionnelles.

Retrouvez l’intervention d’Emmanuelle Becker

Madame la Maire, mes chers collègues,

Nous nous réjouissons de la relance de ce comité de suivi qui avait été créée sous la précédente mandature.

Vous le savez, le groupe communiste-Front porte une grande attention à la réponse que la Ville apporte aux besoins de parents et des petites parisiennes et des petits parisiens. Nous sommes en complet accord avec l’exposé des motifs de cette délibération qui souligne l’importance de développer les modes de gardes collectifs, moins couteux pour les familles et donc accessible à tous. Ce mode de garde est tout autant important dans le développement des enfants, l’accueil collectif est une première approche de la vie en collectivité, le premier lieu de sociabilité pour nos enfants. Ces établissements sont également un moyen de sensibilisation des « tout petit » aux différentes approches de la culture, aux spectacles, à la danse et bien d‘autres choses encore.

Vous le savez également, mon groupe porte une grande attention aux modes de gestion de ces établissements, qu’ils soient publics, privés à but lucratifs ou non. Cette question est importante car elle influe sur le fonctionnement des établissements, sur les projets d’établissement.

C’est la raison pour laquelle nous insistons régulièrement pour que la Ville cesse de soutenir les crèches confessionnelles qui ne respectent pas la laïcité et qui ont un fonctionnement communautaire et place l’apprentissage de la religion au cœur de leur projet éducatif.

C’est également la raison pour laquelle nous souhaitons que la Ville ne fasse pas appel à des sociétés privé à but lucratif pour assurer la gestion des crèches créées par l’argent public. Nous sommes bien conscients des contraintes qui pèsent sur le secteur de la petite enfance tout autant que de la part relativement faible des crèches parisiennes gérées par des sociétés lucratives. Mais nous continuons malgré tout à penser que la recherche de profit ne doit pas être la finalité d’un gestionnaire de crèches. Je ne vous cache pas notre inquiétude quand nous apprenons que tel ou tel établissement a été confié en gestion à une société privé parce que cela coûterait moins cher à la Ville. Nous partons du principe que les prestations de société privées, moins chère que celle du public, permettent quand même au gestionnaire de réaliser des profits. Dès lors quels sont les coûts sur lesquels les gestionnaires économisent ? Nous le savons, ce sont les taux d’encadrement, moins satisfaisants que ceux pratiqués par la Ville, mais aussi les rémunérations et les conditions de travail des salariés sont souvent peu enviables.

C’est la raison pour laquelle nous pensons que l’accueil de la petite enfance doit rester prioritairement dans le giron public.

Je dis bien prioritairement par ce que nous ne sommes pas opposés à la mise en place de partenariats avec des associations dès lors que ces associations portent des projets éducatifs de qualité, co-construits avec les mairies d’arrondissement et les parents eux-mêmes.

Je ne développerai pas plus mon propos que nous aurons de toute manière l’occasion de discuter lors du prochain comité de suivi.

Il serait souhaitable d’intégrer au sein de ce comité des délégués des comités des parents et des délégués des personnels. Enfin pour conclure, un plan de 5000 places en crèches est salutaire mais l’augmentation du nombre de personnels et du volet de remplacement est nécessaire.

Je vous remercie.

Publié le

15 avril 2015

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