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Intervention d’Emmanuelle Becker contre la privatisation de deux crèches municipales

Conseil de Paris
2 juillet 2015

Madame la Maire, mes chers collègues,

Les délibérations DFPE 389 et 390 nous proposent d’approuver les principes du passage en DSP pour assurer la gestion de ces deux nouvelles crèches. Comme nous avons pu l’exprimer à de très nombreuses reprises, le groupe communiste-Front de Gauche est opposé à la gestion d’établissement d’accueil de la petite enfance par des sociétés privées lucratives. Le secteur de la petite enfance est bien trop important pour le confier à des sociétés dont le but premier est de réaliser des profits.

Voilà pourquoi nous voterons contre ces deux délibérations qui laissent la voie ouverte aux sociétés privées à but lucratif. Cette position je ne la détaillerai pas plus, nous la défendons quasiment à tous les conseils de Paris.

Je souhaite toutefois compléter mon propos avec des éléments qui concernent spécifiquement ces deux crèches de la rue des Mariniers dans le 14e et du boulevard Charonne dans le 11e.

Il se trouve que ces deux nouvelles crèches, de même que trois autres établissements qui ont été construit sur la même période, ne bénéficieront pas, a priori, du soutien de la Caisse d’Allocation Familiale de Paris sur l’investissement. Pour bien prendre la mesure de l’enjeu, je parle là d’une perte de plus de 3 millions d’€ sur le budget investissement de la Ville de Paris. Cette décision a été prise par les représentants du MEDEF, de la CGPME, de la CGC et même de la CFDT et de la CFTC qui siègent au sein de la commission de l’action sociale. Seul la représentante de la CGT s’est opposée à cette décision. Le motif avancé est aberrant : les dossiers de demande de financement auraient été déposés après le début des travaux. Et pourtant, la CAF de Paris est bien entendu associée à tout projet de création de crèches municipales, dès sa genèse, c’est-à-dire bien avant que le dépôt de la demande n’intervienne. En résumé, les services de la CAF était tout à fait au courant de la création de ces équipements et c’est une erreur administrative minime qui, au final, vient pénaliser le contribuable parisien.

Les représentants du patronat qui ont approuvé cette décision se conduisent en gestionnaire à la petite semaine, c’est une décision qui ne les grandit pas. Une décision qui fait porter 3 millions d’euros sur le contribuable parisien pour un simple motif administratif.

Par conséquent, les élu-es communistes-Front de Gauche souhaite que toutes les voies de recours soient étudiées par les services de la DFPE afin que la Ville puisse récupérer l’aide à l’investissement qui lui revient.

Je vous remercie.

Publié le

2 juillet 2015

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