Rechercher sur le site

Intervention d’Emmanuelle Becker sur le Contrat Enfance Jeunesse

Intervention en séance du conseil de Paris des 29, 30, 1er et 2 juillet 2015

Madame la Maire, mes chers collègues,

J’interviendrai pour ma part sur la partie enfance de ce contrat en me concentrant sur l’accueil du jeune enfant.

Je retiens trois éléments de ce CEJ. D’abord la volonté de développer l’accueil individuel, puis l’objectif de développer les conseils des parents dans l’ensemble des crèches municipales et enfin la problématique de l’occupation des places qui soulève des débats de nature différente.

Sur le développement de l’accueil individuel, ce CEJ se donne comme ambition de développer un accueil individuel de qualité. Bien entendu, nous sommes d’accord pour que les assistantes maternelles soient accompagnées dans l’exercice de leurs missions. Il est important d’encadrer les pratiques des professionnels et de les outiller pour garantir un service sûr et de qualité. Mais en revanche, nous ne partageons pas l’objectif de développement des modes de garde individuel à Paris, principalement pour trois raisons.

La première étant que dans un contexte financier très contraint, je rappelle que le budget des CAF tout autant que le budget des collectivités sont les victimes collatérales du pacte de responsabilité, nous craignons que le développement des modes individuels ne se fassent au détriment de l’offre en collectif. Deuxièmement, nous ne sommes pas persuadés que les parents parisiens soient très en demande de ces modes de garde individuel qui bien plus couteux que l’accueil en crèche. Alors que les dépenses de logement pèsent déjà très lourd sur les budgets des parisiens, très peu peuvent finalement se permettre de recourir à une assistante maternelle.

Enfin, la troisième raison qui explique notre réserve a trait à la contrainte territoriale que font peser les prix de l’immobilier parisien sur les assistantes maternelles. La carte rattaché à la délibération le montre bien, les assistantes maternelles se situent bien souvent dans les quartiers populaires et en périphérie, c’est-à-dire dans les quartiers où l’immobilier est le moins cher, tandis que les parents qui peuvent le plus se permettre une assistante maternelle vivent plutôt dans l’ouest parisien. Du coup, nous voyons mal comment les réponses portées dans ce CEJ vont répondre à cette réalité.

Le deuxième élément de ce CEJ qui a retenu notre attention est celui de la généralisation des conseils de parents dans les établissements municipaux. Nous soutenons bien entendu cette démarche qui va dans le sens d’une plus grande participation des parents pour une meilleure prise en compte de leur besoin. Peut-être qu’il faudra adapter cette mesure selon les territoires, pour des raisons pratiques il sera surement plus efficace de regrouper plusieurs crèches en fonction de leur proximité géographique. Mais dans tous les cas, cette mesure acte un progrès par rapport à la pratique actuelle de conseils de parents par arrondissement.
Enfin, le troisième et dernier élément qui a retenu notre attention dans ce CEJ est celui de l’occupation des places. A deux reprises, le CEJ évoque l’objectif « d’améliorer l’occupation des places existantes dans des conditions adaptées aux besoins des populations ». Nous connaissons les directives que doit appliquer la CAF de Paris et notamment celle qui consiste à généraliser la tarification à l’heure de l’accueil des enfants. Nous pensons pour notre part que ce serait une grave erreur de modifier l’organisation de nos crèches sur un fonctionnement à l’heure. D’une part car certaines familles en difficultés risquent d’économiser leurs heures faute de moyens suffisant et nous savons qu’au final, une telle évolution viendrait les pénaliser. D’autre part, nous pensons qu’il est important pour le développement de l’enfant de développer les projets éducatifs et culturels. Or, les établissements auront beaucoup de mal à impulser ce genre de projet collectifs avec des effectifs fluctuants, des temps de présence réduit et des aller et venue incessante des parents et des enfants. La tarification à l’heure risquerait de transformer nos crèches en « consignes à bébé », des déposes minutes où seule la garde de l’enfant aurait le droit de citer. Nous préférons pour notre part parler d’accueil de la petite enfance, avec tout ce que cela comporte de contenu éducatif déterminant pour les jeunes enfants.

Je souhaiterais par conséquent que Madame Versini nous présenter sa position en matière de règle de tarification et nous assure bien que les établissements de la Ville conserveront leur mode de fonctionnement actuel.

Je vous remercie.

Publié le

2 juillet 2015

Auteur-e-s