Rechercher sur le site

Intervention d’Emmanuelle Becker sur la carte scolaire des collèges parisiens et sur le réforme des collèges

Madame la Maire,

Le groupe Communiste Front de Gauche votera favorablement à la nouvelle carte scolaire prévue pour l’année 2016-2017. Les objectifs affichés, notamment en termes de meilleure mixité sociale, sont ambitieux.

Nous serons, bien entendu, vigilants aux différents retours de la communauté éducative à son encontre, et nous renouvelons notre remarque sur les dérogations à la carte scolaire, qui sont encore trop importantes.

Nous n’avons pas de sujet d’opposition à la répartition des effectifs dans les collèges. En revanche, nous contestons toujours la réforme du collège mise en place par le gouvernement. La visée d’une plus grande autonomie des chefs d’établissement, notamment vis-à-vis du choix d’une partie des cours et de certaines matières, est pour nous une rupture dans l’école républicaine, et l’aggravation des inégalités en brisant le socle commun.

Nous sommes contre l’individualisation des parcours et l’importation d’une culture managériale dans les établissements que cette réforme institue. Plus que de bricoler avec les horaires des élèves, et de créer un parcours scolaire à la carte en fonction des territoires, c’est bel et bien de moyens dont nos collèges ont besoin. Au niveau national, les postes supprimés par la droite n’ont toujours pas été recréés, les classes sont surchargées, les professeurs absents ne sont plus remplacés.

Le collège n’est pas exempt des politiques de réductions des dépenses publiques, et des aménagements pour pallier ses manques. Le problème, c’est que ces aménagements, sous couvert d’une vision nouvelle pour l’éducation, accroit les inégalités territoriales. Pire, elle les justifiera en les faisant passer pour des choix d’établissement.

Il faut plus que jamais un cadrage national fort des enseignements, et des moyens correspondants aux besoins pour permettre la réussite de tous. Les savoirs théoriques indispensables à l’éducation de ce qui seront les futurs citoyens et citoyens de notre pays nécessitent un temps long pour assimiler les savoirs.

Nous soutenons, bien entendu, les syndicats qui protestent contre la mise en place de cette réforme. Nous militons toujours pour des moyens permettant de rétablir les heures de cours perdues au fil des différentes réformes des dernières années, et la garantie d’un programme et des répartitions horaires communes à tous les collèges.
Je vous remercie.

Publié le

17 février 2016

Auteur-e-s