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Intervention d’Emmanuelle Becker Subventions aux missions locales pour l’année 2010

Nous sommes appelés à voter, par cette délibération, les subventions accordées pour 2010 aux Missions locales parisiennes.

L’engagement de notre municipalité en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes prend un relief particulier dans la période actuelle, marquée par une précarisation accrue de la jeunesse par rapport au travail.

Les indicateurs parisiens dans ce domaine sont dans le rouge, avec une hausse de 30% du chômage des jeunes entre décembre 2008 et décembre 2009.

Nous le savons, les jeunes sont parmi les premiers touchés en cas de conjoncture économique défavorable. Ils se heurtent à une difficulté réelle d’accès à un premier emploi. Souvent embauchés en contrats courts (intérim, CDD, contrats aidés), ils servent trop souvent de « variable d’ajustement » des effectifs d’entreprise, victimes notamment du « dernier arrivé, premier parti ».

La politique du gouvernement aggrave les difficultés d’insertion des jeunes, en particulier en favorisant le dispositif d’heures supplémentaires qui fait obstacle à la création de nouveaux emplois. Et les annonces concernant le report des départs à la retraite ne constituent pas seulement une régression sociale majeure, c’est aussi une hérésie économique qui menace l’embauche des jeunes.

Les jeunes des quartiers populaires paient au prix fort la politique inégalitaire du gouvernement, ce qui rend l’action des Missions locales d’autant plus précieuse. Le dernier rapport de l’Observatoire des zones urbaines sensibles pointe la responsabilité patente du gouvernement dans l’abandon de ces jeunes. La proportion de jeunes chômeurs dans ces quartiers est deux fois plus importante qu’ailleurs, et la qualification ne suffit pas à rétablir l’égalité avec les autres territoires. Que l’on ne vienne pas, du côté de l’UMP, nous vanter les vertus du mérite républicain alors que les jeunes diplômés des quartiers populaires ne retirent aucun bénéficie au niveau professionnel des efforts qu’ils ont produits pour décrocher leurs diplômes.

Pour toutes ces raisons, nous avions demandé un soutien accru de notre Ville au travail des Missions locales. La municipalité ne sera pas en mesure de pallier le désengagement financier de l’Etat. Néanmoins, nous remercions Bruno Julliard d’avoir accédé à la demande de notre groupe de revaloriser l’enveloppe des missions locales pour l’année 2010.
Nous voterons bien entendu cette délibération.

Publié le

10 février 2010